TERRES RO
fait, et que le roi d'Espagne avait donné les ordres nécessaires pour prendre possession de la province. Il ne resta plus rien à faire pour les députés que de revenir rendre compte de leur mission.
Ces députés avaient eu aussi pour instruction de solliciter du gouvernement français un réglement définitif concernant les billets qu’il avait émis et qui formaient, en papier, la circulation monétaire du pays. Le roi de France eut égard à cette représentation, et ordonna que tous ces billets-seraient rapportés au trésor, à la Louisiane, avant le ler. septembre, et seraient convertis en bons portant un intérêt de cinq pour cent jusqu’au paiement final. On se rappelle qu'Ulloa avait offert, en 1766, d'échanger ces billets pour des piastres, en les prenant au taux où leur dépréciation les avait réduits, c’est-à-dire à soixante-quinze pour cent, et que l’on avait refusé, en alléguant que le roi de France les retirerait au pair.
Le 21 mars, Foucault, qui jouait un double jeu, celui de conspirateur et de dénonciateur, avait écrit au ministre pour s’excuser d’avoir convoqué le conseil qui avait expulsé Ulloa :
“Je n’ai fait que céder à la force, disait-il, vu que je n’avais pas cent cinquante hommes à opposer aux mille hommes révoltés qui menaçaient tous les Espagnols. Le même motif m’a fait souffrir, sans beaucoup d’opposition, l'élection de sept à huit syndics pour représenter la masse de la colonie.
“H est à présumer que si la frégate ne s'en va pas avec tous les Espagnols, il y aura encore des troubles. Il n’y a point à douter que la majeure partie des habitants souhaitait, avec tout le feu qui a paru, le départ de M. Ulloa.
“Mais, si on doit croire quelques bruits sourds, les syndics mésusent de leur pouvoir. Il s’en faut de beaucoup
A ones
LA RUE Î L 1 l ri ATEN [RTE Pi je die noté RUE } MAN ET je LL NS)
@ te [l 2: S
276 CHAP, XXv.]
que le même nombre d'habitants aient signé les requêtes qui ont donné lieu aux deux derniers arrêts. Cela se trouve en quelque sorte confirmé par la crainte que quelques-uns d’entreux m’ont témoigné avoir, d’attendre IBng-temps le paiement des acquits dont ils sont porteurs, si tous les Espagnols étaient renvoyés. il m'était possible de pressentir tous les esprits là dessus, je vérifierais peut-être que ces bruits sont fondés. Cela étant, je prendrais avec M. Aubry un parti capable d'en imposer à quelques particuliers qui se croient des êtres fort importants. Ce sont d’ailleurs d’assez mauvais sujets, fort endettés, qui, à l’envi, semblent avoir en vue de profiter du bouleversement de la colonie pour jouir impunément des avances qui leur ont été faites, et à quelques-uns desquels-tout pays est bon, n’ayant aucun bien fonds qui les attache à celui-ci ; je pense que sans eux je ne serais plus témoin de la conduite la plus indécente et la plus audacieuse. Il n’y aurait plus à craindre l’exécution du détestable projet, qu’on assure être formé, d’incendier la Nouvelle-Orléans au premier avis de l’arrivée des troupes espagnoles, si la Louisiane doit toujours appartenir à Sa Majesté Catholique. M. d'A costa, le capitaine de la frégate, aurait la liberté de se préparer tranquillement à suivre la destination*que M. Ulloa lui a donnée avant son départ, ainsi que les autres Espagnols qui voudraient s’embarquer avec lui. Les officiers d'administration de Sa Majesté Catholique ne seraient plus exposés à la contrainte de partir sans avoir le temps de mettre leur comptabilité en règle, et l’on verrait disparaitre l’anarchie et la confusion, qui ont pris la place du peu de bon ordre qui régnait dans cette colonie. Mais dans l’appréhension de causer un grand mal pour en éviter un autre, je prends le parti du silence, en attendant les ordres des deux cours de France et d’Espagne.
V2 = Om 2, 0 mm mm
D M LT dm
XXv.]
quêtes ela se e que ’atten- Ss sont s Wil dessus, Cela apable ent des z mauavoir ie pour faites, n'ayant se que la plus plus à | assure premier uisiane ue. M.
erté de ion* que que les vec lui.
tholique tir sans règle, et ion, qui ait dans user un le parti ours de
RE NES EEE EE Tee
“Cependant, sans me soucier du mécontentement que mes oppositions à toutes les entreprises contre les Espagnols ont donné à ces esprits remuants, je ferai usage de tous les moyens les plus praticables pour que ces officiers d'administration restent ici jusqu’à l’arrivée de ces ordres. Il convient qu’ils ne partent pas plus tôt, ne serait-ce que parce que la garnison espagnole des Illinois n’a point encore évacué ce poste, ainsi qu'à cause de ma comptabilité et de la leur, depuis l’arrivée de M. de Ulloa, lesquelles ont rapport l’une avec l’autre, et pour tranquilliser d’honnêtes gens sur le sort de leurs acquits. C’est d’ailleurs conforme à l'arrêt du 29 octobre.
“Vous jugerez, Monseigneur, par tous ces détails, que notre position est bien cruelle. Absolument sans argent, ni vivres, munitions, marchandises d’aucune espèce, pour payer la troupe et pour les autres objets indispensables au service, sans moyen de nous en procurer, en butte aux mauvais sujets qui s’y trouvent, craignant toujours des évènements, et sans autorité pour les prévenir ou les contrôler, que deviendrons-nous, si vous ne changez promptement cette: position, en nous envoyant des secours et des ordres ?”
Cette pièce témoigne de la lâche fourberie du commissaire-ordonnateur Foucault. Il avait été, mais le plus secrètement possible, sous le prétexte des devoirs de sa place qui lui imposaient certains ménagements, l’un des chefs les plus actifs de la révolution. Maintenant, il dénonçait ses complices comme de mauvais sujets, fort endettés, qui, à envi les uns des autres, semblaient avoir en vue de profiter du bouleversement de la colonie pour jouir impunément des avances qui leur avaient été faites; gens pour lesquels tout pays était bon, n'ayant aucun bien fonds qui les attachàt à la Louisiane. Puis il ajoutait aussi que, sans eux, 1 ne serait plus témoin de
278 Louar, xxv.
1769. Ja conduite la plus audacieuse et la plus indécente. Foucault espérait sans doute conjurer par cette trahi- | son le coup qui le menaçait. Du reste, il est à re- 4 marquer que, dans cette dénonciation, il confirmait pres- hi que littéralement ce que Ulloa et Aubry avaient dit sur É les chefs des conjurés. :
4 pf ï [RE in [RES L Roue 13 had de 25 :
ke
5 Vo
e XXV.
écente.
trahià re- L t pres-
dit sur CHAPITRE XXVI.
€ D'ENCEINTES Le ie
pre SE
DÉPART DE LA FRÉGATE ESPAGNOLE.—PROJET D'UNE RÉPUBLIQUE FORMÉE PAR LES COLÔNS.—ARRIVÉE D'OREILLY.—LAFRÉNIÈRE, MARQUIS ET MILHET VONT À SA RENCONTRE FAIRE ACTE DE SOU MISSION.—DISCOURS DE LAFRÉNIÈRE-—RÉPONSE D'OREILLY. —PRISE DE POSSESSION. — CORRESPONDANCE ENTRE OREILLY ET AUBRY.—ARRESTATION DES PRINCIPAUX CHEFS DE LA RÉVO- LUTION.—FOUCAULT EST RENVOYÉ EN FRANCE,