RATE NU
On ne peut s'empêcher d'admirer le courage et la persévérance de ceux qui s'étaient mis à la tête du miouvement du 28 octobre. Car, malgré de nombreuses défections, et quoique Aubry eût maintenant 400 hommes à sa disposition et fût décidé à employer la force contre ceux qu’il appelait des rebelles, ils ne sentaient pas mollir leur audace et voulaient que la révolution suivit son cours. Ainsi, il y eut une autre tentative de faite par eux, pour forcer la frégate à s'éloigner. Aubry écrivait Pin à ce sujet le 23 mai.
“Il ya eu une nouvelle alerte pour faire partir la frégate. Les Allemands‘ :vaient venir en ville. J’aienvoyé Messieurs les officiers réformés pour les contenir. Tout est apaisé. M. de Lafrénière y a beaucoup con- [| tribué. On doit lui rendre cette justice, quels que torts | qu’il ait eus précédemment. {|
“Le capitaine de la frégate, craignant enfin que sa présence n’occasionnât des troubles, a mis à la voile le 20 d'avril, après avoir salué la ville de toute son artillerie.
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1769, “La frégate est restée ici six mois après le départ de M. Ulloa. Sans moi elle aurait été forcée de partir, il y a long-temps. Les officiers sont venus me remercier.” Tout n'était pas apaisé, comme le disait Aubry. Car 4 les conjurés avaient formé le projet de constituer la co- t lonie en république et de la placer sous l'égide de l’An- | gleterre. Ilsavaient même envoyé des émissaires au gou- ' verneur anglais à Pensacola pour le sonder sur ce pro- x.
cinq mille âmes. Il est permis de présumer que c'était Lafrénière. Du reste, il est à remarquer que tous les gouverneurs de la Louisiane, depuis les premiers temps de la colonie, se sont toujours plaints de l'esprit républicain qui y régnait. On eut dit que ceux qui y débarquaient y respiraient un air qui leur faisait supporter impatiemment le joug imposé par une puissance éloignée. Quoiqu'il faille admettre que le projet, conçu par une population qui pouvait à peine mettre quinze cents hommes sous les armes, de jeter un défi à la France et à l'Espagne, et de proclamer son indépendance à la face de ces deux puissantes nations, était une conception non h exempte de Don Quichotisme, cependant la Louisiane
n’en a pas moins acquis le droit glorieux de cons-
tater ce fait: c’est qu’elle fut la première colonie amé-
ricaine qui songeût à secouer le joug européen. Ce
plan d’une république qui, vu les forces du pays, était le
projet le plus audacieux qu'aucune agglomération d'hommes ait jamais imaginé, prit une telle consistance,