PS POE E S
ACE, V'REFAUF, | , de | une mêche de cheveux ni une ligne veineuse ; c’est ce et qu'on peut appeler de la peinture anatomique, est Or, lorsque je fus entouré de tous les documents reute latifs à la Louisiane, il me semble que je la voyais se un dresser devant moi, telle qu'elle était sous Louis XIV, dix sous le Régent, sous Louis XV et sous Charles III d’'Esont pagne.* Je saisis mes pinceaux et je me mis à l'œuvre. age Il fallait opter entre les deux manières de peindre. Mon me. choix ne fut pas douteux. Mon cœur me dit que c'é- | nei- tait notre mère, à nous Franco et Hispanio-Américains, la qui était là devant moi. Mon cœur me dit que dans le vnts portrait de l’objet aimé, on regrettait toujours l’omission ÿ' itre de la moindre minutie, d’un signe, d’une marque presque que imperceptible pour un œil indifférent, même d’un pli à | Je de vêtement. Ainsi, j'entrai dans des détails qui nui- Ë | de ront peut-être à l'effet de l’ensemble. Je sentis que je : en \ travaillais, non pas seulement pour satisfaire le goût ou ;
1 l'esprit, mais le cœur. J'avoue donc que je me suis plu | an- | à contempler la Louisiane avec un microscope, et à la : | or - reproduire comme je l'avais vue. C'est-à-dire que, pour À |
sa ! le moment, c’est un portrait de famille que j'ai voulu | et 4 faire, et, je le répète, je suis entré dans des détails qui ne |
seront nullement intéressants pour l'étranger. Mais j'ai | jugé mes compatriotes d’après moi-même, et j'ai pensé que, dans l'inventaire que j'ai fait des souvenirs laissés
en (a) RS Er mu
es À par leurs ancêtres, ils me sauraient gré de n’en avoir pas | ue 4 omis même les plus insignifiants et d’en avoir par là
us 4 complété la série. De là, des redites et des longueurs.
la i J'ai donné mon excuse.
La Louisiane est une étrangère pour les Anglo-Amé-
vi [PREFACE.
ricains jusqu’en 1803. Ce n’est qu'à cette époque, qu’elle est entrée par adoption dans cette grande et glorieuse famille à laquelle elle appartient maintenant. Je dis donc que de 1540 à 1803, la Louisiane, au lieu d’étre une mère ou une sœur, était, pour les Anglo-Américains, une étrangère, et même souvent une ennemie. Pour eux, par conséquent, ce n’est pas un portrait qu'il faut faire, mais un tableau. un tableau d'histoire. Pour eux, il faut négliger les détails, ne faire que largement grouper les principaux traits, masser largement les couleurs, tout en les harmoniant, et ne s’attacher qu'aux grands effets de lumière.
Je compte continuer cet ouvrage jusqu’à l’époque actuelle, si Dieu me prête vie. Lorsque je l’aurai complété en français, je le referai en anglais pour mes compatriotes Anglo-Américains. Je dis refaire, pour les raisons que j'ai déjà données, et parce que j'ai une aversion toute particulière pour les traductions. L’ouvrage que je composerai en anglais sera beaucoup plus concis et-jeté dans un moule différent. Tout peuple à son style particulier comme sa physionomie. Il faut donc en prendre le style, quand on écrit pour lui, comme on doit chercher à se revêtir de sa physionomie, qnand on veut s’en faire adopter.
Je ne sais trop si je dois avouer que j'ai eu une autre raison pour écrire en français. Je crains, en la faisant connaître, d’être accusé de m'être flatté d'obtenir une bonne fortune que je ne mérite pas. Mais enfin aveu m’en échappe malgré moi. Je dirai donc que, sachant que la plupart de nos Louisianaises ne lisent guère
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