‹ Histoire de la Louisiane [microforme]Chapitre 24 sur 95 · SECONDE EXPÉDITION DE LASALLE, —#A MORT · texte numérisé non relu

SECONDE EXPÉDITION DE LASALLE, —#A MORT

Lorsque Lasalle remonta le fleuve, ::our retourner su Canada, il courut plusieurs fois de grands dangers de la part des Indiens, qui lui dressèrent des embâche:, auxquelles il n’échappa que par sa prudencc et son :nurage. Arrivé au fort Prudhomme, Lasalle y fit une longue ma: ladie, qui l’y retint deux mois. Mais destiné à une mort tragique, il recouvra sa santé, et retourna à Q:ibec, où

son arrivée, à la fin de septembre, causa la j'ie la plus vive. On ne se lassait pas de prodiguer des témoignages d’admiration à l’homme courageux qui avait exploré le Mississippi jusqu’à son embouchure. Impatient de revoir la France, et d’y porter la nouvelle de sa grande découverte, il se déroba aux félicitations et à l’enthousiasme des Canadiens, et partit pour aller faire à son souverain l'hommage des contrées immenses qu'il lui avait acquises. Mais à cette époque l’on était loin de se douter de leur importance, ainsi que le rauvent les instructions suivantes, envoyées par le gouvernement français à M. Lefèvre de La Barre, gouverneur du Canada : “Plusieurs particuliers, habitants du Canada, excités par l'espérance des profits qu’ils trouveraient dans le commerce des pelleteries avec les sauvages, ont entrepris en différents lieux des découvertes dans le pays des

Nadouessioux, la rivière Mississippi et autres endroits

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de l'Amérique septentrionale ; mais comme Sa Majesté westime pas que ces découvertes soient avantageuses, et qu’il vaut mieux s’appliquer à la culture de la terre dans les habitations défrichées, Sa Majesté ne vrut pas que M. de La Barre continue à donner de ces permissions de découvertes, mais seulement qu’il laisse achever celle commencée par M. de Lasalle, jusques à l'embouchure de la rivière Mississippi, en cas que, par l’examen qu’il en fera avec l’intendant, il estime que cette découverte puisse être de quelque utilité”

Arrivé en France, Lasalle fat présenté au roi, qui lui fit l’accueil le plus flatteur; il fut caressé et fêté à Lenvi par la grandeur et la beauté. Il y eut réaction dans l'opinion publique, et, au lieu de mettre aucun obstacle aux découvertes, c'était à qui aurait voulu y donner des encouragements, ou même se charger d’en faire. Les récits éloquents de Lasalle furent écoutés avidement, et il ne fut plus question à la cour que des cataractes, des forêts mystérieuses et des mines d’or et d'argent du nouveau monde, enfin de toutes les chimères brillantes que se créent des imaginations ardentes dans des moments d’exaltation. Louis XIV, dont on a dit qu’il avait l’ambition d’un grand roi, s’il n’en avait pas le génie, donna au ministre de la marine, le marquis de Seigneley, fils de l’illustre Colbert, l’ordre de faire préparer une expédition à La Rochelle, destinée à porter une colonie française à la Louisiane, sous le commandement de Lasalle. Il était ioin de se douter alors, le plus fastueux et le plus absolu de.tous les despotes, que dans ces déserts de l’Amérique, où il envoyait quelques colons, le genre humain retrouverait ses titres perdus depuis si long-temps, et que la voix de la liberté les proclamerait à la face du monde ; qu’au son de cette voix, tous les trônes de l’'Europe seraient ébranlés, et que le sien surtout écraserait sous ses ruines la tête couronnée de l’un de ses descendants !

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Les volontés du roi furent promptement exécutées, et 1684. le vaisseau le Joli, la frégate l’Aimable, le brick la Belle et le quaiche le St. François mirent à la voile pour cette expédition, sous le commandement de Beaujeu. Douze jeunes gens de bonnes familles accompagnèrent Lasalle comme volontaires, + Le gouvernement lui accorda une compagnie de cinquante soldats, et avança libéralement de l'argent, des provisions de toute espèce, et une grande quantité d'outils aräcoires à douze familles qui consentirent à émigrer. Des ouvriers, et cinq ministres de la religion, parmi lesquels se trouvait un frère de Lasalle, firent aussi partie de l'expédition. A part les officiers et les équipages, cette troupe se composait de deux cent cinquante personnes. (C’est avec ces faibles moyens que l'on allait chercher à coloniser un pays dont l'étendue, comparée à celle de la France, l’eût fait paraître comme un point dans l’espace.

. Ilétait facile de prévoir, d’après la mésintelligence qui régnait entre les chefs de cette expédition, qu’elle ne réussirait pas. On en peut juger par ces deux lettres adressées au ministre par Beaujeu, qui commandait la flotte :

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