‹ Histoire de la Louisiane [microforme]Chapitre 39 sur 95 · GER À · texte numérisé non relu

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Caouds eët éloigné de Mexico d'environ sept cent cin- ‘nie milles. St. Denis eut à parcourir toute cette route sous la surveillance d’un officier à la tête de vingt hommes de cavalerie. A son arrivée à Mexico, il fut jeté dans une prison par le vice-roi. Après y avoir lan gui trais mois, il fut relâché, à la sollicitation de quelques officiers français au service ŸEs spague, et fut présenté au vice-roi, qui, appréciant son mérite r* so1 carutière, chercha à lui faire oublier le traitement rigoureux qu'il avait subi, et qui, non seulement le trèita avec beaucoup de bienveillance, mais l’engagea à entrer au service de Sa Majesté Catholique. Ne poñvant vaitere les refus de St. Denis, le vice-roi lui fit présent} d'un des plus beaux chevaux de ses écuries, lui fourni: de large ent, et le renvoya à Caouis. De jà, ilse rendit au Presi to del

Norte, où il retrouva son ami don Pedro de Villescas. Ce brave hidalgo était dans ce moment très affecté du départ d’une tribu indienne qui occupait cinq villages dans le voisinage du Presidio, et qui, fatiguée des vexations qu’elle avait éprouvées de la part des officiers et du reste de la garnison, s'était décidée à chercher un asile éloigné de ses incommodes voisins. St. Denis offrit à don Pedro de courir après ces Indiens, et de les lui ramener. Il ne lui fut pas difficile de les atteindre, car ils étaient retardés dans leur marche par leurs femmes, leurs enfants et leurs bagages. St. Denis, aussitôt qu’il les aperçut, mit au bout de son fusil un mouchoir blanc, qu’il agita, pour leur donner à entendre qu’il était un messager, de paix. Comprenant ses intentions, les Indiens s’arrétèrent et l’attendirent. Lorsqu'il fut parmi eux, il les harangua, et fit ressortir, sous de vives covleurs, le danger qu’ils couraient, en allant s'établir dans des pays lointains et sur le territoire d’Indiens qui leur étaient étrangers, et qui probablement finiraient par leur étre hostiles... Il termina en leur donnant l’assu- , rance, au nom de on Pedro, que s'ils voulaient occuper

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de nouveau leurs villages, ni les officiers ni les soldats du 1716. Presidio n’auraient la permission d’aller chez eux sans leur consentement. Emus par les paroles de St. Denis, les fugitifs, qui regrettaient sans doute leur demeure héréditaire, consentirent à retourner avec lui. St. Denis se mit à leur tête, et les ramena en triomphe à don Pedro, qui craignait que la fuite de ces Indiens ne lui fût reprochée, et ne fût attribuée à quelque acte de tyran-

nie ou d’inconduite de sa part. Aussi, fut-il très reconnaissant du service que St. Denis lui avait rendu.

St. Denis, pendant lc séjour qu’il avait fait sous le toit hospitalier de don Pedro, s'était laissé captiver par les charmes de la fille du vieil hidalgo, et elle-même n’avait pas paru insensible au mérite du jeune officier français.

Fort de l’amitié que lui témoignait don Pedro, et enhardi par le service qu’il venait de lui rendre, St. Denis lui demanda la main de sa fille, et l’obtint. Il passa six mois

‘avec sa jeune femme ; mais enfin, sentant qu’il ne pouvait plus prolonger son séjour au Presidio, et qu’il était de son devoir d’aller rendre compte de l’expédition dont il avait été chargé, il se décida à partir, et à s'éloigner de sa femme, quoiqu’elle fût enceinte. Il se mit en route, et arriva en août 1716 à la Mobile, accompagné de don Juan de Villescas, l'oncle de sa femme.

Crozat ayant recommandé que, malgré la non réus- | site de l’expédition de St. Denis, on fit une seconde tentative de commerce avec les provinces espagnoles par l’intérieur des terres, ses agents à la Louisirne fournirent des marchandises à trois Canadiens, nommés Delery, ! , Lafrenière et Beaukiem-qui partire partirent au mois d'octobre, et qui, remontant la rivière Rouge, se mirent en route pour la province de Nuevo Leon. Pour empêcher les Espagnols d'occuper les Natchitoches, où St. Denis avait laissé queues hommes, il fut ordonné à un détachement sous ies urdres de Dutisné d’aller s’y établir, d'y bâtir un fort et d'y tenir garnison.

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