CHAPITRE VII
M. DE L'ÉPINAY, QUATRIEME GOUVERNEUR. —HUBERT, COMMISSAIRE ORDONNATEUR.-—CROZAT REMET AU ROI LA CHARTE QUI LUI CONCÉDAIT LA LOUISIANE.
Le 9 de mars 1717, trois navires de Crozat arrivèrent de France, avec trois compagnies d'infanterie, cinquante colons, Messieurs de l’Epinay, gouverneur, et Hubert, commissairé-ordonnateur, nommés par une ordonnance
du 8 octobre 1716.
Dans l’espoir d'empêcher la lutte de pouvoir qui ne.
manquait jamais de se déclarer entre tous les gouverneuïrs et les commissaires-ordonnateurs envoyés à la Louisiane, et pour prévenir les tiraillements et les dissentions qui en étaient les suites, le gouvernement avait tâché, autant que possible, de définir leurs pouvoirs respectifs, et leur avait énergiquement recommandé la concorde et l'esprit de conciliation. Dans ce but, les instructions suivantes leur avaient été remises :
Le Miniétis, A Messieurs de Epinay et Hubert.
“Tout ce qui regarde la dignité du commandement et le militaire, est pour le gouverneur seul. C’est à lui à déterminer les fortifications et les ouvrages sur les projets et les sd à l'ingénieur, après toutefois en avoir
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conféré avec le commissaire-ordonnateur, que les marchés, la dépense, et les moyens de trouver les fonds, regardent uniquement, et ils doivent envoyer conjointement les plans et les devis estimatifs, pour recevoir les ordres de Sa Majesté à ce sujet.
“L'administration des fonds, des vivres, munitions, marchandises, et généralement tout ce qui a rapport aux magasins, appartient au commissaire-ordonnate: v, et il ne doit être fait aucune communication, vente, ou autre chose, que sur ses ordres, mais du consentement et avèc la connaissance du gouverneur. Si -cependant le sieur de *’ Epinay juge convenable de faire quelque dépens: extraordinaire pour le service, Sa Majesté souhaite que le sieur Hubert l’ordonne conformément à sa demande, et qu’ils en rendent compte l’un et l’autre. Elle recommande au sieur de l’Epinay de ne s’y point déterminer sans une nécessité absolue.
“Ils doivent avoir l’un et l’autre une grande attention pour que les fonds, que Sa Majesté fait tous les ans pour les dépenses de la colonie, soient bien et utilement employés, et Sa Majesté ne veut point qu’il soit fait aucun excédant de dépense.
“Le détail et l’administration des hôpitaux regardent aussi le commissaire-ordonnateur ; mais sa Majésté recommande au sieur de l’Epinay d’avoir attention qüe les choses se passent dans les règles.
“L'administration de la justice regarde pareillement le
commissaire-ordonnateur, en sa qualité de premier conseiller et de premier juge. :
“A l'égard de la police, elle est commune entre le gouverneur et le commissaire-ordonnateur, et ils doivent la faire conjoïtitement, et y tenir la main avec exactitude. “Ils doivent aussi donner conjointement les concessions de terres, et favoriser l'un et l’autre tout ce qui pourra avoir rapport au commerce, dans lequel ils ne doivent pourtant entrer que pour donner protection aux commis
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