‹ Histoire de la Louisiane [microforme]Chapitre 49 sur 95 · LOIS · texte numérisé non relu

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l'intérieur du pays, n'ayant été que sur le sable de l'ile Dauphine, de la Mobile, de Biloxi, ou tout au plus à la Nouvelle-Orléans, se sont dégoûtés. Le peu de vivres qu’ils y ont trouvés, avec beaucoup d’autres incommodités qu’on rencontre dans les pays déserts et dans les nouveaux établissements, ainsi que les désagréments qu’on leur a fait sentir, dans des vues pernicieuses, les ont déterminés à se déchainer contre ce pays qui n’y a nullement contribué. Chacun en a porté son jugement suivant sa connaissance, sa portée, son intérêt, ou sa haine pour le souvenir de ce qu’il a souffert, ou encore dans la vue de plaire ou de faire sa cour, Tous, remplis de mauvaise volonté ou de ténèbres, en ont parlé et décidé en maîtres, comme juges compétents. Mais la vérité est que le pays n’est que trop riche, Car, c’est cette trop grande richesse qui a nui aux premières récoltes. Seulement il faudrait savoir le travailler.

“Les changements d'établissement ont été nuisibles ; par exemple, d’abord au bas du fleuve, puis au vieux Biloxi, puis au nouveau, puis sur la rivière de la Mobile, puis à dix lieues plus bas, là où il est aujourd’hui, puis à l’ile Dauphine, puis à la Nouvelle-Orléans. De là, dérangements, dépenses inutiles et énormes pour le gouvernement et ruine pour les colons.”

A côté du mémoire précédent, il s’en trouve un autre qui démontre que, depuis 1699 jusqu’en 1714, les quelques Français qui se mouraient de faim à la Louisiane avaient coûté au roi plus de cent cinquante mille livres par an.

Malgré la pénurie dans laquelle ils se trouvaient à la Louisiane, les colons ne s’en livraient pas moins à la passion du jeu avec une telle fureur, que le gouvernement fut obligé d'intervenir et de prohiber par une ordonnance tous les jeux de hasard.

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relles et se faisant une espèce de petite guerre, le conseil supérieur crut pouvoir y mettre fin, en publiant cette ordonnance, en date du 21 juin :

“Sur ce qu'il a été représenté que plusieurs habitants faisaient un commerce illicite aux Natchez, ce qui causait un préjudice notable et ruineux à ce poste, et que plusieurs habitants et soldats faisaient des avances de marchandises aux sauvages, et leur faisaient des crédits, ce qui occasionnait dans la suite des querelles et des disputes qui peuvent avoir des conséquences dangereuses, sur ce, ayant délibéré, le conseil fait défense d'aller traiter au village des Natchez, sans la permission du commandant du lieu, ni de faire aucun crédit, ou des avances aux sauvages, sous peine, en cas de désobéissance, de quinze jours de prison.”

Le seul fruit de cette ordonnance fut de jeter entre les mains du commandant de ce poste le monopole du commerce des Natchez et de l'aider à faire ses affaires.

Le 11 septembre, il y eut un ouragan qui causa les plus affreux ravages dans la colonie. L'église, l'hôpital et trente maisons de la Nouvelle-Orléans furent abattus. Trois navires qui se trouvaient dans le port furent brisés sur le rivage. Non seulement les récoltes furent détruites, mais la plupart des maisons des planteurs et la plupart des édifices nécessaires à leurs exploitations furent jetés bas. Une si grande disette suivit ce fléau, que beaucoup de colons songèrent sérieusement à abandonner le pays, et qu’une compagnie d'infanterie, que l’on avait embarquée à Biloxi, pour la transporter à la Nouvelle-Orléans, se mutina et força le capitaine du navire d'aller la débarquer avec armes et bagages à Charleston.

Cette disette n’empêcha pas Bienville d'entreprendre au mois d'octobre une expédition cortre les Natchez, pour les punir d'avoir tué plusieurs colons et d’avoir

Rene

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