CHAPITRE
M. PÉRIER EST NOMMÉ GOUVERNEUR.—ARRIVÉE DES URSULINES ET DES JÉSUITES À LA LOUISIANE.—M. DE LA CHAISE, COMMISSAIRE ORDONNATEUR.—MASSACRE DES FRANÇAIS PAR LES NATCHEZ.
En 1725, le conseil supérieur était présidé par de ,,. la Chaise, qui avait succédé à Duvergier comme commissaire-ordonnateur. Il était neveu du fameux père la Chaise, confesseur de Louis XIV. Bruslé, Perry, Fazende, Fleuriau qui avait remplacé Cartier de Baune, comme procureur général, faisaient partie du conseil, dont Rossart était le secrétaire. Le conseil était tenu de siéger une fois par mois, mais indépendamment de ces sessions mensuelles, il avait été autorisé par un édit récent à désigner deux de ses membres qui siégeraient une ou deux fois par semaine afin de prendre connaissance des petites affaires dont le montant n’excéderait pas cent livres.
Appelé en France pour se justifier, Bienville présenta un mémoire dont voici quelques extraits :
“Ily a trente-quatre ans que le sieur de Bienville a l’honneur de servir le roi, dont vin,‘-sept en qualité de lieutenant de roi et de commandant de la colonie.
“En 1692, il fut reçu garde de la marine; il l’a été sept ans et a fait sept campagnes de long cours, en qualité d'officier, sur les frégates du roi armées :1 course.
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“Pendant ces sept campagnes il s'est trouvé à tous les combats que le feu sieur d’Iberville, son frère, à livrés sur les côtes de la Nouvelle-Angleterre, l’île de Terre-Neuve et baie d'Hudson, et entr’autres, à l’action du Nord contre trois vaisseaux anglais, dont un de 54 canons et deux de 42, qui attaquèrent le dit sieur d’Iberville, commandant une frégate de 42 canons, avec laquelle, dans un combat de cinq heures, il coula à fond le vaisseau de 54 canons, prit l’un des deux autres, et l’autre, dématé, se sauva à la faveur de la nuit. Le sieur de Bienville fut dangereusement blessé à la tête.
“En 1698, il s'embarqua avec le sieur d’Iberville qui commandait deux frégates du roi pour la découverte de l'embouchure du fleuve Mississippi que feu M. de Lasalle avait manquée. Etant arrivé à la côte, il fut détaché avec son frère dans deux chaloupes, avec lesquelles, après des risques infinis, il découvrit le fleuve.”
Ici, M. de Bienville passe en revue tout ce qu’il a fait à la Louisiane, puis i! termine ainsi son mémoire :
“Le sieur de Bienville ose dire que l'établissement de la colonie est dû à la constance avec laquelle il s’y est attaché pendant vingt-sept ans sans en sortir, après en avoir fait la découve :te avec son frère d’Iberville. Cet attachement lui a fait discontinuer son service dans la marine, où sa famille est bien connue, son père ayant été tué parles sauvages du Canada, et sept de sesfrères étant morts aussi dans le service de la marine, où il reste encore le sieur de Longueil, gouverneur de Montréal au Canada, le sieur de Sérigny, capitaine de vaisseau, et le sieur de Chateaugné, enseigne de vaisseau, lieutenant de roi à la Louisiane.”
Pendant l’absence de Bienville, les choses n’en allaient pas mieux à la Louisiane, et Boisbriant qui le remplaçait par intérim, écrivit au ministre, en date du 24 d'octobre, pour se plaindre de l'esprit de coterie, d’injustice et d’insubordination dont était animé le conseil
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