RE LES CHIC- CHICKASSAS
ainsi que
fait cent x femmes réussissent ‘ les Ursu- 1elins don 1 coton est 1e grande
payer les
tants à la itants sont e rebutent es terres.” omme faireuse, car t Salmon,
: des besgrande, la
chaleur étouffante. Il n’a point encore fait si chaud de- 1735.
puis que la colonie est établie, au rapport des anciens, et cette chaleur dure depuis quatre mois Pendant tout ce temps, il n’y a eu d'autre pluie que celle de deux ou trois orages.
“Depuis Noël jusqu’à la St. Jean, les eaux ont été très hautes, au point que beaucoup de levées ont été rompues, même devant la ville, et que, pour un peu plus, il aurait fallu abandonner les maisons et se loger dans des bateaux. Puis la sécheresse est verüe, au point que le fleuve a baissé de plus de quinze pieds, et qu’on ne l’a point encore vu si bas. Aussi, notre récolte est-elle très médiocre. Les terres étant submergées à l’époque des semailles, on a semé trop tard.”
Pendant que les habitants de la campagne se désolaient de la perte de leurs récoltes, ceux de la ville souffraient d’une singulière #".re cause d’affliction. Car ils ne pouvaient sortir de leurs maisons sans s’exposer à être dévorés par des chiens affamés. La race de ces animaux avait pullulé dans la colonie d’une manière extraordinaire. Le mal devint tel, que le commissaireordonnateur Salmon publia l'ordonnance suivante :
“Etant nécessaire de remédier aux désordres que cause à la Nouvelle-Orléans la trop grande quantité de chiens, dont la plupart sont vagabonds et sans maîtres, et attaquent les passants tant de jour que de nuit, nous avons ordonné qu'il se fera, par gens à ce préposés, une chasse générale tous les premiers lundis de chaque mois dans les rues et carrefours de cette ville, depuis cinq heures jusqu’à six heures du matin, pour tuer tous les chiens abandonnés ou qui vagueront.
“Défense à tous nègres et sauvages d’avoir des chiens sous peine de carcan.”
La colonie souffrait aussi beaucoup de l’absence de métiers, car les charpentiers, les ébénistes, les tailleurs, les bottiers, et autres gens de cette espèce, étaient ex-
Ses 2
En
312 [cHar. xiv.
trémement rares. Dans le but d’y remédier, il fut rendu une ordonnance qui acco:dait des congés aux soldats français et suisses, s'ils étaient hommes de métiers, à condition qu’ils s'établiraient dans la colonie de la Loui. siane, pour y exercer ces métiers.
Malheureusement pour la prospérité de la colonie, une grave mésintelligence éclata entre Bienville et Diron d’Artaguette, qui cependant étaient deux hommes de mérite et faits pour s'entendre. Mais il en devait étre comme par le passé, au sujet du gouverneur et du commissaire-ordonnateur. Il était dit que jamais les chefs de la colonie, quels qu’ils fussent, ne pourraient être d'accord. Ainsi, M. d’Artaguette, dans une dépêche du 29 avril, affirme que si M. de Bienville est mécontent et se plaint de lui, c'est qu’il a fait connaître la mauvaise conduite de ses protégés, M. Lesueur et M. Beaudoin, jésuite, qui séduisent les sauvagesses, au grand scandale des Chactas.
Que ce fût à cause de ce scandale ou pour d’autres raisons, il est certain que les Chactas n'étaient plus pour les Français les alliés fidèles qu’ils avaient été. Ils se divisèrent en deux partis, dont l’un voulait se prononcer pour les Anglais, et dont l’autre retenait sa vieille prédilection pour les Français. On verra, par la suite, que les Français eurent beaucoup à souffrir de ce nouvel état de choses. A partir de cette époque, ils n’éprouvèrent que des revers dans presque toutes leurs entreprises contre les nations indiennes.
Dans une dépêche du 20 d'août, Bienville se plaint amèrement du sieur de Coulanges, qui, ayant été chargé de porter à M. d’Artaguette des munitions aux Illinois, avait inconsidérément remplacé sept cents livres de poudre par des marchandises qu’il se chargea de transporter pour quelques officiers. Ce qui avait obligé M. d’Artaguette, qui manquait de munitions, de renvoyer un des bateaux, armés de dix soldats, commandés par le
[cHar. xtv.
| fut rendu ux soldats métiers, à le la Loui.
olonie, une e et Diron ommes de devait être et du comis les chefs aient être lépêèche du écontent et mauvaise audoin, jéd scandale
ir d’autres plus pour té. Ils se prononcer ieille préà suite, que ouvel état brouvèrent entreprises
se plaint été chargé x Illinois, livres de à de transait obligé e renvoyer és par le
sieur du Coder, enseigne en second, pour chercher ces poudres. “Sur ces entrefaites, continue-t-il, je reçus une lettre du sieur du Coder, écrite d’un village chickassas, qui me mandait qu’étant à moitié chemin des Arkansas aux Illinois, il avait mis pied à * :e pour faire reposer son équipage ; que, pendant ce temps, il était entré dans le bois, pour voir s’il ne découvrirait pas quelques pistes; que, peu de temps après, il entendit une décharge de plus de deux cents coups de fusil, accompagnés de cris qui ne lui laissèrent pas de doute que son détachement était attaqué : qu’il courut sur le champ vers son bateau, où il fut saisi par plusieurs sauvages, et que les autres étaient occupés à piller ou à lier un sergent et ui: soldat, qui restaient seuls en vie. Il me manda qve ce parti, composé de deux cent quarante hommes, Chickassas et Natchez, était en marche pour aller enlever les femmes que les Illinois leur avaient prises peu de temps auparavant, ou pour en tirer vengeance ; qu'il y avait plusieurs jours que ces Indiens le suivaient pour le surprendre; mais que, jusque-là, il s’était toujours tenu de l’autre bord du fleuve. En effet, s’il avait continué de prendre cette précaution, qui était toute naturelle, il aurait échappé à leur poursuite.
“J'ai envoyé sur le champ aux Illinois un autre bateau chargé de poudre, sous la conduite de cent vingt hommes, y compris quarante nègres.
Ici, Bienville déplore ce fatal événement, expose au ministre les funestes conséquences qui en résulteront, et les difficultés qui en ont surgi au moment où il avait presque réussi à obtenir des Chickassas qu'ils livrassen. les Natchez pour obtenir la paix ; puis il ajoute : “J'ai enjoint à M. d’Artaguette d’ordonner à M. de Coulanges, pour son imprudence, le fort de Chartres pour prison pendant six mois. Je n’aurais pas manqué de l’interdire, si je n’avais pas eu égard à ses services passés, qui lui ont fait une réputation pendant la guerre des Nat-
314 [cHar, xiv.
chez. J'espère que cet exemple suffira pour modérer l’avidité pour le gain que quelques uns de nos officiers ont prise au service de la compagnie,
“Au reste, il paraît que cet avantage n’a pas changé les dispositions des Chickassas ni leur désir d'obtenir la paix. Ils m'ont fait donner avis de la détention du sieur du Coder, et l'ont engagé à m'écrire par différents endroits. Enfin, ils m'ont renvoyé le soldat pris, lequel ils ont fait accompagner jusqu’à deux journées des Chactas. Le soldat m’a dit qu’à leur arrivée chez les Chickassas, on leur avait fait traverser les villages un bâton blanc à la main, et qu'on les avait ensuite lavés, pour marquer qu’on leur donnait la vie. En effet, ils furent laissés en pleine liberté. Les Chickassas ont pensé que nous leur donnerions la paix pour avoir ces prisonniers. Ils me font prier, par le sieur du Coder, de leur envoyer quelqu'un pour les protéger contre nos sauvages.
“Je n’en ferai rien, car ce serait nous perdre dans l’esprit des nations. J'écris au sieur du Coder de profiter de la liberté qu'on lui laisse pour tâcher de se sauver chez les Chactas avec son sergent, Je ne puis sacrifier la gloire et les intérêts de la nation au salut de deux hommes. J’attendrai, pour agir suivant les circonstances.
“Je prie Monseigneur de se rappeler que je puis à peine mettre deux cents hommes en campagne, et que je ne puis compter sur les sauvages, qui nous ont tant prouvé leur lâcheté dans les courses que je leur ai fait entreprendre contre les Chickassas. Je n’ose donc compromettre l’honneur de nos armes contre une nation aguerrie, et qui a au moins quatre cent cinquante guerriers. J’ai su du soldat qu’ils m’ont envoyé qu’ils ont cinq forts de palissades, et qu’en outre, les particuliers, de dix en dix, ont une cabane fortifiée de trois rangs de pieux avec des meurtrières, et couverte en terrasse pour se garantir du feu. Toutes ces cabanes sont posées
JHAP, XIV,
modérer s officiers
s changé obtenir la n du sieur érents en- , lequel ils es Chac- ; les Chics un bâton Avés, pour ils furent pensé que risonniers.
ur envoyer zes.
e dans l’esde profiter se sauver is sacrifier ut de deux es circons-
> je puis à one, et que s ont tant leur ai fait > donc comune nation iante guer- 6 qu'ils ont articuliers, is rangs de n terrasse sont posées
CITAP, XIV] 815
de façon qu'elles se défendent l’une l’autre, Les Natchez, qui sont environ cent quatre-vingts hommes, font un village particulier, mais contigu à celui des Chickassas, Outre les cabanes, ils ont un grand fort à quatre bastions, qu’ils ont construit d'arbres plantés en terre, sur le modèle de celui que nous avions chez eux lors de leur révolte.
“Voilà l’état des forces de nos ennemis. D’après cela, vous jugerez ce que nous pourrons faire. Alors même que je ferais marcher toute la colonie, nous ne pourrions pas nous promettre un heureux succès, et ce parti violent ne doit pas être pris légèrement.
“Je demande encore et toujours une augmentation de quatre compagnies.
“Je ferai néanmoins tout ce qui dépendra de moi pour faire harceler les Chickassas par nos sauvages. Mais il faut absolument faire un coup d'éclat, même pour maintenir les sauvages dans le devoir.”
Le 9 septembre, il écrivait encore : “Les Chactas, malgré leurs promesses, ont admis des traiteurs anglais, par les menées du Soulier Rouge et de sa faction, car une partie des chefs n’approuve pas cette démarche. Cependant ces peuples sont si changeants, si inconstants, que l’on doit s'attendre à tout. Les partisans des Anglais veulent faire la traite avec nous et avec les Anglais pour leur plus grand avantage. Seulement, ils veulent que, pour cela, les Anglais leur fassent des présents. Ce qui n’est pas leur coutume, et ce qui leur serait très onéreux, vu la distance.
“Malgré tout, il est essentiel de faire attaquer sans délai les Chickassas, que les Anglais protègent, et pour lesquels ils s'efforcent d'obtenir la paix des Chactas. Aussi vais-je, dans une conjoncture aussi grave, préparer une expédition pour le mois de février prochain, coûte que coûte.”
Mais quelques jours plus tard, le 16 du même mois, il
AIRIS F
PE ar AP Ær
ÜCHIFERSIIE LE
316 [Uuar, xiv,
écrivit : “Il ne paraît pas que les Anglais aient beaucoup à se louer de leur première traite avec les Chactas. Ce qu’il y a de certain, c’est que leur proposition de paix pour les Chickassas, n'est pas généralement goûtée, puisqu'il se forme des partis pour courir sur les Chickassas.
“Cependant, M. Diron d’Artaguette a pris l'alarme sur ces mouvements et l’a communiquée à tous les quartiers de son commandement, en rendant une ordonnance publiée à la paroisse, où il expose que les Anglais, en gagnant les Chactas comme ils l’avaient fait, n’avaient d'autre but que de s'emparer par leur moyen de la Mobile, et enjoint à tous les habitants de se tenir sur la défensive contre ces deux nations réunies ; de manière que personne ne sort plus dans ce canton que les armes à la main. Le bourgeois même de la Mobile ne va plus à la messe qu'avec son fusil. L’épouvante est générale. Cette démarche de M. d’Artaguette est donc bien inconsidérée.
“Je pense que M. Diron d’Artaguctte affecte cette inquiétude pour prévenir le public contre mon gouvernement, car il n’est pas probable qu'il trouve le danger aussi pressant qu’il voudrait le faire croire. Parce que quelques Chactas ont introduit des Anglais dans la nation, elle n’est pas encore contre nous. A-t-elle accepté la proposition de s’accommoder avec les Chickassas ? nos traiteurs ne sont-ils pas chez eux, et croit-on que quatre misérables traiteurs anglais soient capables de les faire renoncer aux avantages qu’ils trouvent dans notre parti ?
“L’alarme donnée par M. Diron d’Artaguette a été si grande dans le quartier de la Mobile, que les habitants se préparaient à se retirer à la Nouvelle-Orléans, lorsque je leur ai fait défendre d’abandonner leurs habitations, vu qu’il n’y avait rien à craindre.
“Arrivé à la Mobile, je n’ai pas cru devoir hésiter à
UHAP, XIV,
nt beaules Chacroposition éralement ir sur les
s l'alarme s les quarrdonnance nglais, en n'avaient de la Moair sur la e manière ie les ar- Tobile ne ivante est e est donc
e cette ingouvernele danger Parce que ans la nale accepickassas ?
it-on que
capables ivent dans
te a été si habitants ans, lorsrs habita-
r hésiter à
CHIAP, X1V.] 317
révoquer les ordres de M. Diron d’Artaguette, persuadé qu’il n'avait donné cette alarme que pour appuyer les mauvais raisonnements qu’il fait depuis long-temps sur ma façon de gouverner les sauvages.
“Pour autoriser cette première imprudence, M. Diron d’Artaguette en commit une autre, qui faillit nons brouiller avec les Chactas. Dans le temps qu'en exécution de ses ordres, toute la Mobile était en armes, plusieurs chefs de guerre, de ceux que j'avais fait inviter à courir sur les Chickassas, y vinrent pour faire raccommoder leurs armes, Ils se rendirent suivant leur coutume chez le commandant qui, ignorant ou feignant d'ignorer quelle conduite les sauvages avaient tenue avec les Anglais, leur fit des reproches sanglants sur ce qu’ils avaient été soufferts dans la nation, et leur dit que, regardant tous les Chactas comme des alliés des Anglais, il n'avait garde de faire raccommoder leurs armes, de crainte qu’ils ne s'en servissent contre nous. Puis, après quelques insultes sur leur lâcheté, il les renvoya sans même leur donner à manger. Ces chefs s'en retournèrent donc fort étonnés et également piqués de la mauvaise réception qu'ils avaient essuyée, Le rapport qu'ils en firent dans la nation y causa un grand mouvement et donna beaucoup d’inquiétude aux missionnaires et autres Français qui s’y trouvaient. Cependant le grand chef calma les esprits.”
M. de Bienville termine en disant: “Un interlope de la Jamaïque s'était présenté, le 16 juillet, dans la baie de la Mobile, sous prétexte de réclamer un bateau arrêté l’an dernier, et avait mouillé à quatre lieues du fort. Le capitaine vint à terre montrer une procuration vraie ou fausse que M. Diron d’Artaguette m'’envoya. Il n’en ordonna pas moins au capitaine de sortir de la baie. Sur ce que le capitaine n’obéissait pas à cette injonction, M. Diron d’Artaguette envoya un lieutenant, le sieur de Velles, dans une pirogue avec trente hommes
dre 2eme RTE