‹ Histoire de la Louisiane [microforme]Chapitre 9 sur 95 · DE SHERBROOKE · texte numérisé non relu

DE SHERBROOKE

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magination elle-même recule étonnée devant le grandiose des perspectives qui s'étendent devant elle, et la raison humaine, malgré son scepticisme, admirant la connexité et la marche progressive des magnifiques innovations qui ont eu lieu dans l’ancien régime du monde, est obligée de désavouer la puissance du hasard, et d'admettre l’action d’une Providence directrice.

Les annales du genre humain n’offrent rien de plus grand que la découverte de l'Amérique, non seulement par le fait de cette découverte elle-même, mais par ses résultats déjà connus et par ceux que promet l'avenir. Les différents peuples de la terre, ceux du moins qui étaient arrivés à quelque degré de civilisation, croyaient connaître à peu près les limites de notre globe et les’ races d’hommes qui l’habitaient, lorsque tout à coup une voix a retenti dans l’Europe. Elle annonce aux peuples de l’ancien monde un monde nouveau et des nations jusqu’alors ignorées. Cette voix est celle d’un homme obscur qui porte le nom de Christophe Colomb. Son génie a deviné que par de-là l'Atlantique, il existe des régions fécondes, vierges encore, qui appellent les travaux et les lumières de la civilisation. Il se sent destiné, par un instinct vague, par une sorte d'inspiration, par ces pressentiments et par ces émotions du cœur que les grands hommes seuls connaissent, à exécuter les desseins de la Providence. Il frappe à la porte de tous les Grands de la terre ; les fatigues, les mépris de tous les genres, rien ne rebute son courage. Il se présente. à la cour de tous les rois, il ne demande qu’un vaisseau, et en revanche, il lonnera des royaumes sans bornes et des richesses infinies. Ces promesses sublimes sont regardées comme les paroles d’un fou, et Colomb va peut-être céder au désespoir, lorsqu'il tente un dernier effort auprès des majestés royales de Castille et d'Aragon. IL presse, il supplie, il réussit enfin; ses vœux sont exaucés par F'erdinand et Isabelle, les mers sont traversées, l'Amérique

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sort en quelque sorte du sein des ondes, en 1492, sous le 1492.

compas créateur d'un mortel, et une nouvelle ère a pris place dans les fastes des hommes.

En effet, depuis cette époque, en moins de trois siècles et demi, il s’est opéré un changement total dans la situation morale, politique et commerciale des peuples et dans leurs rapports internationaux. Quand on examine la physionomie que présentait le monde au quinzième et au seizième siècle et qu’ensuite l'on reporte sa pensée sur le tableau qu’il offre actuellement, l'on ne peut être que frappé de l'influence exercée par la découverte de l'Amérique dans les rapides et immenses modifications qui ont si complètement changé la

face du globe. À peine l'Amérique fut-elle connue, ques.

le commerce prit un essor ignoré jusqu'alors. L'Europe grandit en richesse et en puissance; une aisance générale se répandit dans toutes les classes ; l'esprit humain, moins occupé de ses besoins matériels, put se tourner vers toutes sortes d’investigations sgientifiques ; les métaux précieux, si raré aravant, devinrent communs et chassèrent cètte misère-qui produit l’ignorance et tue les arts et les lettres. Les peuples de l'Europe fondèrent des colonies ; ces colonies créèrent de nouveaux intérêts et appelèrent au dehors et aù loin l’attention de leurs fondateurs. Depuis lors, il est curieux. de suivre l'impagance progressive de ces colonies devenues des nations. Leurs institutions ont réagi sur celles dés vieilles familles auxquelles elles avaient appartenu, et les événements, qui se sont passés sur le sol qu’elles occupent, ont eu un tel'YéfEntissement en Eu-. rope, qu'ils ont fait tomber plus d’une barrière qui s’opposait à la marche des libertés humaines. Enfin, par degrés, l'Amérique, par ses découvertes, par ses besoins, par ses productions, par son influence morale et politique, par les mille réseaux de son commerce, a tellement relié les quatre parties du monde, qu’elles vivent

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MNIVERSHE DE

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