‹ Histoire de la Louisiane [microforme]Chapitre 10 sur 95 · SHERBROOKE · texte numérisé non relu

SHERBROOKE

4 Eur [onar. 1.

1492. les unes par les autres, qu'aucune nation importante de la terre ne peut ÉpRover une grande’ perturbation sans que les autres ne s’en ressentent, et si une guerre, ce fléau des siècles précédents, éclatait de nos jours, ce ne pourrait être qu’une secousse passagère, parceque tous les peuples se réuniraient, dans leur intéret particulier comme dans leur intérêt commun, pour la comprimer. Il est donc vrai de dire que le genre humain peut dater de la découverte de l'Amérique comme d’une nouvelle ère de gloire, de bonheur, de paix et de richesse et comme de l'ère la plus ipportente peut-être après l'ère chrétienne. Z

Colomb ävait ainsi accompli ses prédictions. La décou-

PT Vefe principale était connue et avait frappé d’étonnement tous les esprits, mais il en restait encore de partielles à faire. On savait l'existence du continent de l'Amérique, mais il fallait parcourir cette vaste contrée et en prendre possession. Plusieurs nations de l’Europe se SP d'y porter les premiers pas.

Dans cette lutte d’ambition, un aventurier Espagnol

1513. fut celui qui, le premier, découvrit, en 1518, l'extrémité Suû de l'Amérique du Nord, dans le voisinage immédiaé ge la Louisiane. Son nom était Juan Ponce de Lédh, gentilhomme du royaume de Léon. Parmi les meirellles que l’of débitait sur ces pays sauvages où l'on prétendait qué la naturegfvait caché toutes ses richesses, il avait entendu dire que l'Ile de Bimini, dans l'archipel de Bahama, possédait une fontaine dont les

aux proneie «cs au corps humain une jeu-

f nesse éternelle.

sant à l'esprit aventureux du siècle, il partit avec deux navires de Puerto Rico, dont il avait été gouverneur, - peur aller à la recherche de l'île merveilleuse. Battu par,un orage affreux, il fut poussé vers le cap continental, situé au Nord de l'Ile de Caba.f Echappé aux dangers de la tempête, il descendit avec joie sur un ri-

45, En

pe

uit par cette fiction, ou bien obéis-

sut tons em Tr: = eu es on

CHAP. \.] 5 vage fleuri où le printemps se montrait dans toute sa parure, Ce qui lui fit donner à cette terre le nom charmant de Floride. D’autres prétendent que ce fut parce qu'il y débarqua le jour de Päques fleuries. Ayant pris possession du pays au nom de son souverain, il se ren-

dit en Espagne pour en demander le gouvernement,

LR

qui lui fut facilement accordé. En 1515, il revint à la Floride avec trois navires, mais au lieu de s’y reposer sur des gazons fleuris et d'y fonder paisiblement les établissements qu'il avait projetés, il eut à combattre des ennemis farouches qui l’attaquèrent avec la plus grande valeur. Ilne put s'échapper qu'avec six de ses compagnons. Arrivé à l'Ile de Cuba, ily mourut en peu de jours d’une blessure qu’il avait reçue à la cuisse, et grandement regretté de tous ceux ‘qui le connais: saient, dit l'historien Cardenas, et qui appréciaient ses brillantes qualités. Sur son tombeau, l'on grava cette épitaphe latine :

| Mole sub hac fortis requiescent ossa Leonis Qui vicit factis nomina magna suis.

Sur la même pierre, on en avait inscrit cette traduc-

tion en espagnol:

Aqueste lugar estrecho

es sepulcro del Varon

Æ#- que en el nombre fue Leon, ÿ mucho mas, en el hecho.

Avides de toutes les espèces de gloire, les Français.

tournèrent aussi leurs regards vers le nouveau monde. Ce fut sous le règne chevaleresque de François Ier, qu'ils firent la première tentative de fonder une colonie en Amérique. Un baron de Lévy s'étant mis à la tête de quelques aventuriers, s'établit dans une petite île, située

sous le 42me degré de latitude nord, qui est maintenant

connue sous le nom de Sable Island, et qui fait partie ds la province de la Nouvelle-Ecosse.*® Cette entreprise n'eut pas des suites heureuses, et le baron, après avoir

UNMIVERSIT

LLC Cm Ms Le T DE SHERBROONE

(( Lonar, 1.

perdu plusieurs de ses compagnons, qui moururent de froid, retourna en France avec ceux qui avaient survécu à l’inclémence de l’atmosphère et aux fatigues de ce long voyage, À

Cette tentative fut faite par de simples particuliers qui n'avaient consulté que leur courage, et n'avaient agi qu'avec leurs propres ressources. Ce ne fut qu'en 1524 qu'un florentin, nommé Véranzani, fut commissionné par François Ier pour aller explorer l’Amérique, aux dépens de la couronne de France, Il aborda aux environs du cap Hatteras, et fut bien accueilli par les aborigènes, Il fit plusieurs autres voyages, dans un desquels il périt, sans avoir rien accompli d’utile pour la France. En 1534, une autre expédition, commandée par Cartier, partit de St.-Malo, et entra, après une heureuse navigation, dans une baie située au sud de la rivière St. Laurent. Peu de temps auparavant, un navire espagnol avait naufragé dans ces parages, et quelques matelots avaient échappé à la fureur des vagues. Dès qu'ils virent arriver les navires de Cartier, ils accoururent sur le rivage. Les Français leur ayant demandé quel était le nom dy pays dans lequel ils se trouvaient, l’un de ces malheureux qui était pressé par la faim, et qui crut qu’on lui demandait s’il y avait quelque chose à manger, répondit : Aca nada. (Il n’y a rien ici.) Les Français comprirent que cette terre s’appelait Canada, et ce nom lui est resté. Telle fut, si elle est vraie, la plaisante origine du nom donné à un pays dont la Louisiane a été long-temps une dépendance, et dont elle a tiré un grand nombre de ses habitants,

Les Français sont les premiers qui ont fondé une colonie à la Louisiane, et qui lui ont donné le doux nom

qelle porte. Mais ce fut un Espagnol qui 1 découvrit,

et qui y promena le premier ses regards explorateurs. Il

s'appelait Hernañdo de Soto, et avait été un des plus

illustres compagnons de Pizarre. Après avoir aidé à la

La

LAP, He

nt de rvécu e long

uticut n'a- Je ne ni, fut r l’Aee I n acvoya- >ompli dition, entra, 1ée au 1paraes pafureur res de is leur el ils sé par quela rien pelait le est s dont

dont

cHAP, 1.] 7

conquête du Pérou, il avait obtenu du rôi d’Espagne le gouvernement de St. Yago de Cuba, avec la permission de porter la guerre dans la Floride et de la subjuguer. Il avait, de plus, le privilège d'en être le gouverneur et capitaine-général, sa wie durant, et d’y établir un marquisat à son choix, de trente lieues de long sur quinze de large. Soto avait acquis dans le Pérou des richesses immenses, mais il était loin de songer à en jouir dans la mollesse et le repos. Il est de ces hommes pour lesquels l'inaction est le plus pénible de tous les tourments. Leur ambition dédaigne la couche de la volupté et les plaisirs sensuels de l’épicurien. Il leur faut le bruit des armes, le son du clairon, le triomphe du guerrier et l’immortalité d’une vie historique. Telles sont les délices de ces ames fortement trempées qui se nourrissent de mouvements et d'émotions. Tel était Hernando de Soto, que fatiguaient les exploits de Pizarre et de Cortès. Nouveau Thémistocle, les lauriers de ses rivaux l’empéchaient de dormir. Aussi cherchait-il de tous côtés le théâtre de ses exploits futurs. Il crut l'avoir trouvé dans la Floride, et il n’aspira plus dès lors qu'à en devenir le conquérant. Il équipa à ses frais une flotte, mille hom-

. mes d'infanterie et trois cent cinquante chevaux, avec

lesquels il par'it de la Havane. Après sept jours de navigation, il aborda à la baie de Santo Spiritu, le 31 mai 1539.. Cette petite armée était composée de gens d'élite, parmi lesquels se trouvaient, dit Garcilasso, six des conquérants du Pérou et beaucoup de gentilshommes d’une haute naïssance, que la réputation de Hernando de Soto avait attirés sous son commandement. Il y avait en outre vingt-deux ecclésiastiques, que l’Adelantado ou gouverneur-général emmenait avec lui pour les besoins spirituels de son armée, et pour travailler à la conversion des Indiens. + En

Peu dé tems après qu’il eut pris terre, des onze navires quifeomposaient sa flotte, il renvoya les sept plus

+ Eine 2 a.

T DE SHERBROOSE

EE

= us = UNAYERSI:

8 [onar. 1.

1639. grands à la Havane avec ordre de les mettre à la disposition d'Isabelle de Bobadilla, sa femme, et il ne garda que quatre embarcations légères ou brigantins

u’il confia au commandement de Pédro Calderon qui, entr'autres mérites, avait celui, d’avoir servi sous le grand capitaine, Gonzalve de Cordoue. Arrivé à Hirrihigua, village situé à deux lieues dans l’intérieur, il y séjourna quelques jours pour donner le tems à ses bagages d'arriver, et il continua ensuite sa route vers les Apalaches. Mais chaque pouce du sol lui présenta des difficultés qui paraissaient presque insurmontables. Devant lui se déroulait un océan de forêts entrecoupées de marais impraticables, et chaque arbre semblait receler un indien dont la flèche était dirigée contre sa personne et contre ses compagnons. Le pays était divisé en plusieurs districts, et la ville principale de chaque district portait le nom du district. Plusieurs de ces divisions territoriales étaient gouvernées par des femmes, qui montrèrent un cœur plus compatissant que celui des caciques voisins. Elles exercèrent envers les Espagnols une hospitalité généreuse et leur offrirent toutes les provisions dont ils pouvaient avoir besoin. Garcilasso prétend que l’une d'elles, nommée Cofachiqui, présenta à Soto une incroyable quantité de perles de la plus grande beauté, et il compare l’entrevue de cette reine et de Soto à celle de Cléopâtre et de Marc Antoine, bien qu’elle fût, ajoute-t-il naïvement, inférieure en magnificence et en majesté. Après que ses troupes se fussent un peu rafraichies, Soto continua sa route. . Mais dans l’intervalle de repos qu'il avait pris, plusieurs caciques s'étaient confédérés pour s'opposer à l'ennemi commun, et Soto eut à livrer de nouveaux combats dont il sortit toujours vainqueur: Car les flèches des sauvages ne pouvaient rien contre des hommes dont la plupart étaient couverts d’une armure à l’épreuve des armes offensives de leurs ennemis, tandis

Page 1