‹ Histoire de la Louisiane [microforme]Chapitre 92 sur 95 · ROSE · texte numérisé non relu

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faction d'y avoir réussi, et en pratiquant les moyens dont je me suis servi pour les ménager, il sera aisé de les maintenir dans ces dispositions.

“Quant aux Chickassas, j'ai déjà eu l'honneur de mander à Votre Grandeur qu’il ne serait pas d’une bonne politique de les réconcilier avec les Chactas. Le caractère de tous les sauvages en général demande à être toujours occupé de quelque guerre, et ils pourraient bien nous inquiéter s'ils étaient trop tranquilles. Enfin, l’affaiblissement mutuel des nations belligérantes est le plus grand avantage que nous puissions retirer des dépenses que ces guerres occasionnent.

“Les Chickassas d’ailleurs, séparés des Natchez, dont la retraite chez les Chérokis se confirme tous les jours par les prisonniers, ne sont plus en état de nous causer beaucoup d'inquiétude, et pour peu que l’on entretienne les Chactas dans les dispositions où ils sont, de les harceler jusqu’à ce qu’ils les aient contraints d’abandonner leur pays, la colonie sera bientôt délivrée de cette nation inquiète. Les derniers prisonniers ont rapporté aux Chactas que les Anglais, harcelés par leurs courses fréquentes et ruinés par la perte de leurs chevaux, pressaient tous les jours nos ennemis de se retirer dans la Caroline, à l'exemple de plusieurs de leurs familles, qui y avaient trouvé un asile tranquille, et que les Chickassas ne refusaient de se rendre à ces sollicitations, que par attachement pour le magnifique et fertile pays qu’ils habitent.

“Le sieur Lesueur, capitaine, à qui je laisse depuis trois ans le commandement de Tombekbé, parce qu'il entend mieux qu’un autre le gouvernement des Chactas, dont il sait parfaitement la langue, me mande que cette nation se disposait à mettre le mois prochain sept à huit cents hommes en campagne pour aller enlever les chevaux des Chickassas et des Anglais dans les plaines, et qu’ils lui avaient promis de faire un autre

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armement au mois de septembre prochain, plus fort que celui-ci, pour ravager leurs vivres ; que dans cet intervalle, ils tiendraient toujours de nombreux partis dans Jeur pays de chasse et sur le chemin des Anglais; enfin, qu'ils étaient résolus de leur faire abandonner le pays.”

L'arbre qu’on appelle à la Louisiane le cirier, et qui y est si commun, avait attiré l'attention du gouvernement. En réponse aux renseignements qui avaient été demandés à ce sujet, Bienville et Salmon écrivaient, le 24 mars :

“Il n’est pas douteux que, si l’arbrisseau qui porte une graine dont on tire la cire était cultivé, on en tirerait un avantage considérable, mais la colonie n’a point été assez peuplée jusqu’à présent, pour qu’on ait pu s’attacher à cette culture. Les habitants voisins des cantons où croît cet arbrisseau en tirent de la cire pour leur usage. M. Salmon avait envoyé à Votre Grandeur, peu de temps après son arrivée en ce pays, un pain de cette cire. Depuis ce temps-là, il n’en a point entendu parler. A la fin de novembre dernier, étant à la concession d’Asfeld, il fit ramasser environ cinquante livres de graines. Il la fit fondre, et il en a tiré environ un sixième. Elle se blanchit comme la cire jaune, en la faisant fondre, et la versant sur un moule pour la mettre en rippes, et l’exposant ensuite à la rosée. Une bougie de cette cire, du poids de 2 onces 6 gros, dure sept heures, et mélee moitié de suif, elle dure six heures. Il ne sera facile de juger du produit que cette culture pourra donner, que dans quelques années, si les habitants en font des plantations. C’est à quoi nous les engageons de notre mieux. Quelques-uns des principaux nous ont promis qu'ils en feraient un essai, lorsque la saison sera venue d’en transplanter. Le sieur Prat doit envoyer à Monseigneur un mémoire à ce sujet.”

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1®,. “Les sauvages Chaouachas appelaient cet arbrisseau anemiche,.

2°, “Il croit le plus volontiers dans les lieux bas, humides, qui se trouvent noyés une partie de l’année, et dont la terre est grasse, noire et légère. On en trouve néanmoins d'assez beaux dans les terres un peu élevées, où l’eau ne séjourne jamais.

3°, “Si l’on plante des drageons d’un ou de deux ans, qui se trouvent en assez grand nombre au pied de tous les vieux arbres, on peut se promettre qu'ils rapporteront du fruit (en petite quantité) au bout de quatre ans. J’en ai vu ici deux pieds, l’un stérile, l’autre fertile, qui avaient été plantés dans le coin d’un jardin, et qui ont poussé des fleurs au commencement de la troisième année, quoique fort négligés ; et l'espèce fertile a donné des fruits sur la fin de la même année. Ces rejetons pouvaient avoir deux ans, lorsqu'ils ont été tirés des bois pour être plantés.

4, “On peut avoir six livres de graines par pied d'arbre.

5©. “On n’a jusqu’à présent planté que des rejetons. On n’a essayé ni de la bouture ni de la marcote. On en a semé, mais les graines n’ont pas levé,

6°. “A l'égard du caractère de cette plante, celui qu’en donne Linnæus, sous le nom de Myrica, page 302, dans la 22me classe, qu’il appelle DrogcrA, m'a paru convenir à notre arbrisseau. Il cite Tournefort, qui en a donné un mémoire à l’Académie en 1706, tome 3, sous le nom de Gale. Linnæus a raison de dire que ce genre a beaucoup d’affinité avec le pistachier ou térébinthe. En suivant aussi le système de Toumefort, idoit être placé à la 3me section de la 18me classe, avec le téré-

+ binthe et le lentisque.”

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“C’est un arbrisseau toujours vert, qui vient naturellement presque dans tous les endroits tempérés de l’Amérique septentrionale, comme à la Floride, à la Louisiane, à la Caroline, etc. Il croît en buisson à la hauteur d'environ douze à quinze pieds au plus, ayant le port de l'olivier ou du myrthe, dont il a aussi à peu près l’odeur. Son tronc est le plus souvent tortu, et recouvert d’une écorce mince, assez unie, et de couleur cendrée exté-

. rieurement, verte en dessous. Son bois est d’un blanc

très clair, médiocrement dur, cassant, et n’ayant que très peu de moelle. Ses rameaux sont droits, branchus, garnis de feuilles disposées alternativement jusqu'aux extrémités des plus petites branches. Elles sont étroites et assez irrégulières, d'environ deux, trois à quatre pouces, larges d’environ trois à quatre lignes vers les deux tiers ou les trois quarts de leur longueur, allant toujours en diminuant jusqu’à l’endroit des tiges et des branches d’où elles prennent naissance, s’y terminant par des queues très courtes et peu distinguées. Le reste de leur partie supérieure finit en pointes, le plus souvent tronquées en manière de sabre, luisantes en dessus, plus ternes en dessous, et comme légèrement et irrégulièrement ondées et dentelées en leurs bords. Ses fleurs naissent le long et autour des petites branches et dans les aisselles des feuilles. Ce sont des manières de petits chatons en épi, longs d’environ deux à trois lignes au plus ; dans cette espèce-ci, ces chatons sont des petits bouquets pyramidaux de fleurs, à étamines de figure conique, disposées alternativement le long et autour d’une espèce de poinçon, lequel leur sert comme de centre commun. Chacune de ces fleurs, examinées avec la loupe, paraît d’une structure particulière. Leur partie inférieure est

- creusée en cuilleron, et semble leur tenir lieu de calice,

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du fonds duquel s’élance le pistil, surmonté de trois 1742,

filets d’étamines en manière d’aigrette, chargés à leurs extrémités de deux sommets en bourses membraneuses à peu près ovales, lesquels s’ouvrent dans leur partie antérieure en deux coques qui se renversent sur les côtés par une espèce de ressort, en forme de charnières, et laissent échapper une très grande quantité de poussière jaune très fine. Lorsque ces fleurs sont passées, elles laissent entrevoir le pistil, lequel n’est autre chose que l'embryon du fruit encore à demi-enveloppé du calice en manière d’écaille, et encore surmonté des filets d’étamines en façon d’aigrettes. Ce pistil grossissant ensuite, devient une petite baie sèche, recouverte d’une peau mince et chagrinée, des porosités de laquelle transpire une substance bitumineuse luisante et d’un vert jaunelait au commencement, mais qui devient, lorsque les baies ont acquis leur parfaite maturité, tout-à-fait crystaline, presque blanche ou cendrée, et dont toute la superficie extérieure est couverte par petits grains crystalins disposés en écaille. Sous l'enveloppe de cette peau chagrine, est un petit noyau ligneux, qui renferme une semence ronde qui se sépare en deux lobes. Lorsque cette graine est parfaitement mûre, elle n’excède guère la grosseur d’un grain de coriandre, et cette substance bitumineuse qui la recouvre n’est autre chose qu’une véritable espèce de cire végétale, de la nature de celle des abeilles, et qui n’en diffère qu’en ce qu’elle est beaucoup plus sèche et friable, et d’une odeur balsamique très agréable.

“Toutes les fois que j'ai été à portée d'examiner ces arbrisseaux, j'en ai toujours reconnu trois espèces très distinctes en apparence, savoir : celle, ci-dessus désignée, dont les chatons sont beaucoup plus courts et dont les fleurs nouent presque en même temps qu’elles s’'épanouissent. Des deux autres espèces l’une n’est différente de la première qu’en ce que ses chatons sont

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