‹ Histoire de la machine à vapeur (volume 2)Chapitre 28 sur 141 · Acta eruditorum, Leipzig · texte numérisé non relu

Acta eruditorum, Leipzig

LA PRIiMIÈRE MACHINE A VAPEUR DE PAPIN.

feu changée en vapeur, de faire ressort comme l'air, et ensuite de se condenser si bien par le froid qu'il ne lui reste plus aucune apparence de cette force de ressort, j'ai cru qu'il ne serait pas difficile de faire des machines dans lesquelles, par le moyen d'une chaleur médiocre et à peu de frais, l'eau ferait ce vide parfait qu'on a inutilement cherché par le moyen de la poudre à canon ».

La première machine de Papin (fig. 20) ressemblait beaucoup à la machine à poudre à canon déjà décrite comme l'invention de Huyghens. Au lieu de poudre, on met une petite quantité d'eau au fond du cylindre A; un feu est allumé au-dessous, le fond étant fait de métal très mince, et la vapeur produite soulève bieûtôt le piston B jusqu'au point où un loquet E s'engageant dans une encoche que présente la tige H, ce piston reste soulevé jusqu'à ce qu'on désire qu'il retombe.

On enlève alors le feu, la vapeur se condense et un vide se forme au-dessous du piston. Celui-ci se trouve alors, dès qu'on retire le loquet E, poussé vers le bas par l'atmosphère qui presse au-dessus, et soulève le poids qu'on a, dans l'intervalle, attaché à une corde L fixée à sa tige et passant sur deux poulies TT. La machine avait un cylindre de deux pouces et demi de diamètre, et soulevait soixante livres une fois par minute. Papin calculait qu'une machine ayant un piston d'un peu plus de deux pieds de diamètre et quatre pieds de course soulèverait huit mille livres à une hauteur de quatre pieds dans une minute, c'est-à-dire aurait à peu près une puissance d'un cheval.

L'inventeur assurait que cette nouvelle machine serait utile pour épuiser les mines, jeter des bombes et faire marcher les navires, en attachant sur leurs flancs des palettes tournantes, c'est-à-dire des roues à aubes; lesquelles roues seraient mues par plusieurs de ces machines, afin

Fig. 20. — Machine de Papin.

d'assurer la continuité du mouvement, les tiges de piston étant munies de crémaillères qui devaient s'engrener avec des roues dentées portées par les arbres de pale.

« La principale difficulté, dit-il, répondant aux objections qu'il prévoit, c'est de construire ces grands cylindres. »

Dans une description de son invention, réimprimée en 1695, Papin décrit un fourneau nouvellement inventé, une espèce de chaudière à foyer intérieur, produisant delà vapeur assez rapidement pour faire marcher sa machine à raison de quatre coups de piston par minute.

Papin imagina aussi d'employer avec cette machine un fourneau d'une forme particulière, qui mérite une mention spéciale ; car on y trouve la réalisation de plusieurs idées, attribuées depuis, très probablement, à des inventeurs plus modernes. Dans ce fourneau, Papin proposait de brûler son combustible sur une grille disposée à l'intérieur, de façon à renverser la flamme, l'air arrivant audessus de la grille, la traversant de haut en bas et se rendant du cendrier dans la cheminée par un carneau latéral. Pour allumer le fourneau, on plaçait le charbon sur la grille et on le couvrait avec du bois auquel on mettait le feu ; la flamme descendant à travers le charbon l'embrasait à son tour et, comme le prétendait Papin, la combustion était complète et la formation de fumée entièrement empêchée. Il assure dans les Acta eruditorum que la chaleur produite était intense, l'économie de combustible très considérable, et que la seule difficulté était de trouver une substance assez réfractaire pour supporter la haute température qu'on atteignait.

C'est là la première boîte à feu et la première chaudière à carneaux dont l'histoire fasse mention. On suppose que cette expérience conduisit Papin à proposer l'emploi du soufflage à l'air chaud, tel qu'il fut appliqué plus d'un siècle après par Neilson pour la réduction des minerais.

Papin fit une autre chaudière munie d'un carneau qui traversait en se contournant tout l'espace occupé par Peau. Cette chaudière présentait une surface de chauffe de près de 80 pieds carrés. Le carneau avait 2k pieds de long et

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