‹ Histoire de la machine à vapeur (volume 2)Chapitre 32 sur 141 · CONSTITUTION PROGRESSIVE DU TYPE MODERNE PAR NEWCOHEN · texte numérisé non relu

CONSTITUTION PROGRESSIVE DU TYPE MODERNE PAR NEWCOHEN

BBIGHTON ET SMEATON.

Au commeDcement du xviu* siècle, tous les éléments du type moderne de la machine à vapeur avaient été séparément inventés et pratiquement appliqués. On était arrivé à comprendre la nature de la pression atmosphérique et de la pression des gaz. On se faisait une idée claire du vide, et des moyens de l'obtenir en expulsant Pair au moyen de la vapeur que Ton condensait ensuite. Non seulement on avait reconnu quel parti utile on pouvait tirer de la puissance de la vapeur et de sa condensation pour annuler la pression de l'air dans un espace clos, mais des tentatives heureuses avaient été faites par Morland, Papin et Savery pour appliquer ces notions.

Les mécaniciens avaient réussi à fabriquer des chaudières capables de supporter les plus fortes pressions qu'on pouvait juger nécessaires, et Papin avait indiqué le moyen de se garantir suffisamment des explosions par l'emploi de sa soupape de sûreté. On avait fabriqué des cylindres munis de pistons et on s'en était servi pour faire agir la puissance de la vapeur.

Il ne restait plus maintenant à llngénieur qu'à réunir tous ces organes mécaniques en une machine pratique, capable d'utiliser d'une façon économique et commode la force de la vapeur, en appliquant ces principes dès lors bien compris, et combinant avec intelligence des phénomènes physiques déjà familiers aux savants.

On avait étudié tous les faits et toutes les données essentielles ; on était parvenu à réaliser tous les arrangements mécaniques indispensables. Il ne fallait plus que l'apparition d'un inventeur capable d'apercevoir que ces faits et ces organes mécaniques connus, convenablement mis en œuvre dans une machine, pouvaient doter le monde du plus grand bienfait qu'il ait jamais reçu dans l'ordre physique.

Nous avons fait voir, en les décrivant, les défauts des machines simples construites jusqu'alors. Pas une sur laquelle on pût compter pour un travail continu, économique, pas une qui présentât une sécurité suffisante. Celle de Savery était, de toutes, la mieux réussie. Mais cette machine, même après les perfectionnements de Desaguliers, était dangereuse là précisément où elle était le plus nécessaire, à cause des hautes pressions qu'il fallait imposer à ses chaudières quand elle devait puiser l'eau à de grandes profondeurs. Elle n'était pas économique, par suite des grandes pertes de chaleur qui se produisaient dans ses cylindres de refoulement, quand la vapeur, y pénétrant à une haute température, s'y trouvait en contact avec des corps plus froids ; elle fonctionnait lentement ; les frais d'installation et d'entretien n'étaient pas moins considérables que le prix de revient du travail courant. Enfin on ne pouvait compter sur cette machine pour un travail longtemps soutenu, de sorte qu'elle était sous bien des rapports fort peu satisfaisante.

Ce fut Thomas Newcomen, « quincaillier » et forgeron à Dartmouth en Angleterre, qui parvint à combiner définitivement les éléments de la machine à vapeur moderne et à produire quelque chose de vraiment digne de ce nom, c'est-à-dire un appareil composé d'une chaîne d'organes élémentaires, reliés entre eux, et permettant de transmettre

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