‹ Histoire de la machine à vapeur (volume 2)Chapitre 41 sur 141 · Smeaton, Reports, t. I", p · texte numérisé non relu

Smeaton, Reports, t. I", p

dans laquelle tout le luécaDisme était soutenu par un cadre en bois monté sur des pieds peu élevés et solidement assemblés, de telle sorte que la machine tout entière pouvait être amenée et mise en train en tel endroit qu'on le désirait.

Au lieu d'un balancier, il employait une grande poulie par-dessus laquelle passait une chaîne qui reliait le piston avec la tige de la pompe, et qui remplaçait le balancier. Cette poulie était portée par des châssis en forme d'A, assez semblables aux « châssis en potence » encore en usage aujourd'hui pour les machines à vapeur à balancier des steamers américains. Les seuils qui portaient les deux A soutenaient le cylindre. Le réservoir d'injection était établi au-dessus de la grande poulie. Tout le système des robinets et soupapes de distribution, ainsi que la pompe d'injection, était manœuvré par une petite roue montée sur le même axe que la grande poulie. La chaudière était séparée de la machine, avec laquelle elle communiquait par un tube dans lequel était placé le « régulateur » ou registre de vapeur.

La chaudière (fig. 25) « avait la forme d'une grande bouilloire à thé » et contenait une boîte à feu, B, ou foyer intérieur, dont les parois étaient en fonte. La porte du foyer C était placée sur un côté et vis-à-vis du carneau D, par lequel les produits de la combustion étaient amenés à la cheminée E; un gros et court tuyau F, descendant du foyer et conduisant à l'extérieur de la chaudière, constituait le cendrier. Le corps de la chaudière A était en plaques de fer d'un quart de pouce d'épaisseur. Le cylindre à vapeur de la machine avait 18 pouces de diamètre; la course du piston était de 6 pieds ; la grande poulie avait 6 1/2 pieds de diamètre, et les châssis en A, 9 pieds de haut. La chaudière avait 6 pieds de diamètre, le foyer 34 pouces, et la grille 18. Le piston devait battre 10 coups par minute, et la machine développer une puissance de 4 1/8 chevaux.

En 1773, Smeaton prépara les plans d'une machine d'épuisement qui devait être étabhe à Cronstadt, le port de Saint-Pétersbourg, pour vider le grand bassin de carénage

DESSÈCHEMENTS EN HOLLANDE. 77

construit par Pierre le Grand et Catherine. Ce grand bassin avait été commencé en 1719. Il était assez vaste pour recevoir dix vaisseaux de Tépoque, et il avait précédemment été imparfaitement mis à sec par deux grands moulins à vent de 100 pieds de haut. Ces moulins travaillaient si mal qu'il fallait une année entière pour vider le bassin, dont, par conséquent, on ne pouvait se servir qu'une fois chaque été. La machine de Smeaton fut construite à Pusine Carron, en Angleterre. Elle avait un cylindre de 66 pouces de diamètre, et la course du piston était de 8 1/2 pieds. La hauteur d'élévation d'eau variait de 33 pieds, quand le bassin était plein, à 53, quand il était près d'être à sec. La charge de la machine était en moyenne de 8 1/3 livres par pouce carré de la surface du piston. Il y avait 3 chaudières, chacune de 10 pieds de diamètre et de 16 pieds k pouces de hauteur, jusqu'au sommet du dôme hémisphérique. Elles contenaient des boîtes à feu intérieures £[vec grilles de 20 pieds de surface, et étaient entourées de carneaux en hélice ménagés dans le bâtis en maçonnerie. La machine fut mise en mouvement en 1777, et fit le service avec un succès complet.

C'était aussi par le moyen de moulins à vent qu'avant Smeaton on maintenait à sec les basses terres de Hollande. L'incertitude et l'inefficacité de cette méthode empêchaient de l'appliquer sur une échelle tant soit peu comparable avec ce que l'on a pu faire depuis au moyen de la vapeur. En mo, il existait dans ce pays 150 lacs intérieurs ou meers, dont près d'une centaine, représentant une surface de plus de 80,000 hectares, ont été asséchés depuis. La « mer de Haarlem » seule couvre près de 20,000 hectares, et forme le bassin de réception d'une étendue de pays de 80,000 à 120,000 hectares, sur laquelle tombe annuellement une quantité d'eau de pluie équivalant à 54,000,000 de tonnes, qu'il faut élever à 16 pieds pour s'en débarrasser. Le fond de ces lacs est de 10 à 20 pieds au-dessous du niveau de l'eau dans les canaux adjacents. En 18iO, 12,000 moulins à vent étaient encore affectés à ce travail. L'année suivante, Guillaume II, sur l'avis d'une commis-

sion, décida qu'on n'emploierait plus que des machines à vapeur pour Texécution de cette œuvre gigantesque. Jusqu'alors la consommation de combustible des machines d'épuisement avait été, paraît-il, de 9 kilogrammes par cheval et par heure.

La première machine consacrée à ce travail, en Hollande, fut établie en 1777 et 1778, d'après le système de Newcomen, pour venir en aide aux W moulins à vent affectés au dessèchement d'un lac près de Rotterdam. Ce lac couvrait 3,000 hectares, et le fond en était à 12 pieds au-dessous du niveau de la Meuse, qui le traverse et se jette dans la mer tout près de là. Les pièces métalliques de la machine furent construites en Angleterre et le montage eut lieu en Hollande. Le cylindre à vapeur avait 52 pouces de diamètre, et la course du piston était de 9 pieds. La chaudière avait 18 pieds de diamètre et contenait un double carneau. Le grand balancier avait 27 pieds de long. Il y avait 6 pompes, S cylindriques et 3 à section carrée ; 3 avaient 6 pieds, et les 3 autres 2 1/2 pieds seulement de course de piston. On ne faisait manœuvrer que deux pompes à marée haute, et l'on y ajoutait successivement les autres, à mesure que la mer descendait, jusqu'à ce qu'à marée basse, toutes les six fussent à l'œuvre.

Les dimensions de cette machine et l'importance du travail qu'elle exécutait semblent insignifiantes quand on les compare à celles des machines établies 60 ans plus tard pour l'assèchement de la mer de Haarlem. Celles-ci, qui sont au nombre de 3, ont des cylindres de 3'",66 de diamètre et 3™,05 de course de piston. L'une d'elles fait mouvoir onze pompes de l'",60 de diamètre et 3'",05 de course de piston ; les deux autres, chacune 8 pompes dont le piston a la même longueur de course, mais dont le diamètre atteint l'",85. Ces machines modernes font un travail utile de 10 à 12 millions de kilogrammètres pour 43 kilogrammes de combustible consommé, en ne brûlant que 1 kilogramme de charbon par heure et par cheval.

La première machine à vapeur employée à faire marcher la soufflerie d'un fourneau à courant d'air forcé, fut

Page 1