PREMIÈRES EXPÉRIENCES DE JAMES WATT
principes sur lesquels reposait la construction des instruments de musique. Ses lectures étaient encore très décousues; mais l'introduction, dans le voisinage de Glasgow, de la machine de Newcomen, et la présence, dans les collections universitaires, d'un modèle qu'on lui confia en 1763 pour le réparer, le conduisirent à étudier l'histoire de la machine à vapeur. Et bientôt il se vit amené à faire luimême des recherches expérimentales sur les propriétés de la vapeur, avec une série d'appareils improvisés.
Le docteur Robison était alors un des étudiants de l'Université. Il aimait à passer ses heures de loisir dans la boutique de Watt; et leurs goûts s'accordaient si bien, qu'ils devinrent grands amis dès qu'ils eurent fait connaissance. Robison appela, dès 1759, l'attention du fabricant d'instruments de physique sur la machine à vapeur, et formula même l'opinion qu'on pourrait bien l'employer à faire mouvoir des voitures. L'esprit de Watt fut immédiatement frappé de cette idée et il se mit à fabriquer un petit modèle dont les cylindres étaient d'étain et les pistons reliés aux roues motrices par tout un système d'organes intermédiaires. Ce projet fut ensuite abandonné, et il s'écoula un quart de siècle avant que son auteur le reprît.
Watt étudiait aussi la chimie avec l'aide des conseils et des leçons du docteur Black, alors occupé des recherches dont le résultat fut la découverte de la «chaleur latente». L'offre qu'il avait faite de réparer le modèle de la machine Newcomen, conservé dans les collections du collège, l'amena à étudier le traité de Desaguliers, ainsi que les ouvrages de Switzer et autres. Il apprit ainsi ce qu'avaient fait Savery, Newcomen, et ceux qui avaient perfectionné la machine de ce dernier.
Dans ses expériences, Watt employa d'abord des fioles de pharmacie et des cannes creuses en guise de tuyaux et de réservoirs à vapeur ; plus tard, il se servit d'un digesteur de Papin et d'une seringue commune. Cette dernière combinaison représentait une machine sans condensation, dans laquelle il employait la vapeur à une pression de 15 livres par pouce carré. La soupape se manœuvrait à
la main, et Watt comprît de suite qu'il suffirait d'UD dispositif qui la fit mouvoir automatiquement, pour que la machine fût capable de travailler. Cette eipérience toutefois n'eut pas de résultats pratiques. Il possédait enfin le modèle de Newcomen revenu de Londres où ou l'avait envoyé en réparation ; et, après l'avoir mis en état de fonctionner régulièrement, il commença des essais suivis.
Ce modèle de Newcomen se trouvait par hasard avoir
uue chaudière qui, bien que faite à l'échelle des machines alors en usage, était absolument incapable de fournir assez de vapeur pour faire marcher l'appareil. Cette chaudière avait environ pouces de diamètre, le cylindre en avait 2 et la course du piston était de 6. Le tout était disposé comme le montre la figure 27, reproduction du modèle tel qu'il existe aujourd'hui, car il est conservé soigneusement comme un des plus précieux trésors de rcniversité de Glasgow.