On raconte la môme histoire de Savery et de Worcester
s'aperçut bientôt que le mécanicien, chez lequel on Tavait placé, était trop indolent ou trop ignorant pour aider beaucoup à son instruction; et le docteur Dick, de l'Université de Glasgow, dont Watt avait fait la connaissance, lui conseilla d'aller à Londres. En conséquence il partit en juin 1755 pour la métropole où, à son arrivée, il conclut un arrangement avec un M. John Morgan, de Cornhill, pour travailler pendant une année au métier qu'il avait choisi, moyennant un salaire de 20 guinées (un peu plus de 500 francs). Au bout d'un an, il fut obligé, par une indisposition sérieuse, de retourner dans son pays natal.
Une fois rétabli, il revint à Glasgow en 1756, dans le but d'y continuer l'exercice de sa profession. Mais, comme il n'était pas fils d'un bourgeois de la ville et qu'il n'y avait pas fait son temps d'apprentissage régulier, il lui fut interdit par les corporations ou corps de métiers (trades-unions), d'ouvrir une boutique à Glasgow. Le docteur Dick vint à son aide et l'employa à réparer quelques instruments qui avaient été légués au collège. Enfin on lui accorda la disposition de trois pièces dans les bâtiments de l'Université, dont les autorités n'étaient pas soumises à la loi municipale. 11 y resta jusqu'en 1760, alors que, les corporations ayant cessé de s'y opposer, il ouvrit une boutique dans la ville. En 1761, il changea encore une fois de domicile et s'établit sur le côté nord de la Trongate, où il put, sans être molesté, gagner tant bien que mal sa vie, sans interrompre ses relations avec l'Université. Il travailla aussi quelque peu comme ingénieur civil dans le voisinage de Glasgow, mais renonça bientôt à toute autre occupation pour se consacrer entièrement à la mécanique.
Il employait la plus grande partie de ses loisirs — dont il n'avait que trop dans les commencements — à faire des expériences de physique, à confectionner des instruments de musique, à se familiariser avec les sciences et à imaginer des perfectionnements dans la construction des orgues. Afin de pouvoir plus facilement poursuivre ses recherches, il étudia l'allemand et l'italien et lut les Harmoniques de Smiih, pour mieux se rendre compte des