‹ Histoire de la machine à vapeur (volume 2)Chapitre 67 sur 141 · DERNIERS TRAVAUX DE WATT · texte numérisé non relu

DERNIERS TRAVAUX DE WATT

depuis) pour se combiner avec leur hydrogène, fut signalée à Watt par le célèbre chimiste français BerthoUet ; et Watt en introduisit immédiatement l'usage dans la Grande- Bretagne, en engageant M. Mac Gregor, son beau-père, à en faire Tessai.

La Société commerciale de Boulton et Watt se termina, dans la première année du siècle présent, à l'expiration de sa durée légale et des brevets qu'elle avait exploités. Les deux associés, devenus vieux et infirmes, se retirèrent des affaires, laissant leurs fils renouveler leur traité et continuer leurs opérations sous la même raison sociale.

Néanmoins Boulton conserva encore un intérêt dans quelques branches de son industrie, surtout dans la fabrication des monnaies, qu'il avait longtemps frappées pour différentes nations.

Watt se retira peu après à Heathfield, où il passa le reste de sa vie dans la jouissance paisible de la société de ses amis, tout en se tenant au courant des choses de la science et de l'industrie. Un à un ses vieux amis moururent : Black en 1799, Priestley, exilé en Amérique, en 1803, et Robison un peu plus tard. Boulton mourut aussi à quatre-vingt-un ans, le 17 août 1809; mais un coup plusterrible pour Watt, que la perte de ses amis les plus chers, vint encore le frapper : ce fut la mort de son flls Gregory en 1804.

Toutefois le grand inventeur ne se laissa pas abattre par la solitude qui se faisait peu à peu autour de lui. Il écrivait : « Je sais que tous les hommes doivent mourir, je me soumets aux décrets de la Nature, et j'espère, avec le respect que je dois au Souverain Maître de toutes choses. » Et il ne négligeait aucune occasion de se distraire et de s'instruire, en se tenant le corps et l'esprit constamment occupés. Il assistait encore aux séances hebdomadaires de son club, où il se rencontrait avec Rennie, Telford, et autres hommes distingués de sa génération ou plus jeunes que lui. Il n'avait rien perdu de sa passion pour les inventions, et consacra de longs mois à la construction d'une machine à copier les statues; il ne l'avait pas encore amenée à l'état de perfec-

tion qull rêvait, quand la mort vint Tatteindre, dix ans plus tard. Cette machine était une sorte de pantographe, susceptible de fonctionner dans un plan quelconque, et dans lequel le crayon était remplacé par un outil tranchant. Une pointe à tracer suivait les contours de la surface du modèle, tandis que Tinstrument coupant en reproduisait tous les mouvements avec précision, et donnait un fac-similé formé par la matière sur laquelle on opérait.

En 1800, il imagina la grande conduite qui fut placée par la Compagnie des eaux de Glasgow, en travers et sur le fond du lit de la Clyde. Les joints en étaient sphériques et articulés comme une queue de homard.

L'atelier de Watt, dont nous donnons une vue ci-dessous (pi. IV), d'après un dessin de Skelton, était installé dans le grenier de sa maison, et bien fourni d'outils et de toute espèce d'instruments de laboratoire. Son tour et sa machine à copier étaient placés devant la fenêtre, et son bureau dans le coin. C'est là qu'il passait la plus grande partie de ses heures de loisir, y prenant même souvent ses repas, plutôt que d'aller se mettre à table. Même à l'âge le plus avancé, il faisait de temps à autre un voyage à Londres ou à Glasgov^, visitant ses vieux amis, étudiant les engins mécaniques les plus récents et inspectant les travaux publics. Partout, vieux et jeunes accueillaient avec empressement le plus grand ingénieur de l'époque, l'ami bienveillant et expérimenté des anciens jours.

Il mourut le 19 août 1819, dans sa quatre-vingt-troisième année, et fut inhumé dans l'église de Handsworth. Le sculpteur Chantrey fut chargé de décorer sa tombe d'un monument approprié à son caractère, et la nation anglaise a élevé au grand homme une statue dans l'abbaye de Westminster.

L'étendue que j'ai donnée à cette histoire du plus grand de tous les inventeurs de la machine à vapeur est pleinement justifiée. Que nous considérions Watt comme l'inventeur du type de la machine à vapeur du xix" siècle, ou comme le savant chercheur des principes physiques qui servent de base à la théorie de cette machine, ou enfin

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