L'INDICATEUR DE WATT
mesure directe la pression moyenne et la puissance de la machine, mais Tœil de Pingénieur expérimenté y lit une indication claire de la position des soupapes, indication qui révèle presque tous les défauts de fonctionnement, dont un examen extérieur ne permettrait guère de découvrir Texistence. On a donné avec raison à cet instrument le noij^ de « stéthoscope de l'ingénieur », car il découvre à Texamen les parties inaccessibles de la machine, plus complètement que le stéthoscope ordinaire ne révèle au médecin la condition et le fonctionnement des organes intérieurs du corps humain. Cet appareil, indispensable et aujourd'hui familier à ringénieur, a été de nos jours considérablement modifié et amélioré dans ses détails.
Par les perfectionnements spécifiés dans les brevets de 1782-85, la machine de Watt avait acquis sa forme définitive, et le grand inventeur n'y fit depuis lors que des améliorations secondaires de formes et de proportions. Ainsi pratiquement complétée, elle présentait presque tous les traits essentiels de la machine à vapeur moderne; et, comme nous l'avons vu, les idées caractéristiques les plus récemment entrées dans la pratique — emploi du double cylindre, ou d'une distribution avec détente, condensation par surface — avaient toutes été proposées et même, dans une certaine mesure, appliquées. Entre les mains de James Watt, la machine à vapeur avait acquis toute son extension; les progrès ultérieurs sont beaucoup plus lents, ils consistent surtout en améliorations de détail, et sont à peine des développements réels des idées fondamentales.
Toutefois, pendant bien des années encore, l'esprit de Watt ne perdit rien de son activité. Il inventa et fit breveter un fourneau « fumivore », dans lequel il forçait les gaz, produits par le chargement de combustible frais, à passer sur les charbons déjà incandescents, pour les brûler complètement. Il employait deux foyers qu'on alimentait alternativement. Même lorsqu'il était le plus occupé, il trouvait encore du temps pour se livrer à des recherches exclusivement scientifiques. Boulton et Watt réunirent un certain
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nombre de savants bien connus, demeurant dans le voisinage de Birmingham, pour former une « Société lunaire » gui tenait ses séances chaque mois au domicile d'un de ses membres « le jour de la pleine lune ». On avait choisi ce jour-là, afin de permettre à ceux qui venaient de loin de profiter du clair de lune pour retourner chez eux. Beaucoup de sociétés analogues existaient alors en Angleterre ; mais celle de Birmingham fut une des plus nombreuses et des plus célèbres. Boulton, Watt, les docteurs Small, Darwin et Priestley en furent les présidents, et parmi ceux qui rhonorèrent parfois de leur présence, on compte Herschel, Smeaton et Banks. Watt appelait ces réunions des « réunions de philosophes* ». A l'époque où elles étaient en pleine activité, Cavendish et Priestley faisaient des expériences avec des mélanges d'oxygène et d'hydrogène, pour étudier la combustion de ces gaz. Watt s'intéressa beaucoup à cette question ; ayant appris par Priestley que, dans des expériences feites avec Cavendish, ils avaient remarqué qu'un dépôt d'humidité succédait toujours à l'explosion du mélange, quand le récipient qui le contenait était froid, et que le poids de l'eau ainsi obtenue représentait à peu près celui des gaz mélangés. Watt en conclut immédiatement que la combinaison de l'hydrogène avec l'oxygène produisait de l'eau, celle-ci n'étant qu'un composé chimique dont les deux gaz formaient les parties constituantes. Dans une lettre écrite à Boulton en 1782, il lui fit part de ce raisonnement et des conclusions auxquelles il l'avait conduit. A quelque temps de là, il écrivit de même à Priestley une lettre qui devait être lue devant la Société royale en avril 1783. Elle ne le fut pourtant qu'une année plus tard, et trois mois seulement après qu'un mémoire de Cavendish, émettant la même opinion, eut été soumis à la Société. Watt affirma que Cavendish et Lavoisier, auxquels cette découverte est aussi attribuée, ont tenu cette idée de lui.
L'action décolorante que le chlore exerce sur les matières organiques, en les décomposant (comme on l'a prouvé