‹ Histoire de la machine à vapeurChapitre 35 sur 87 · Inventée par M. John F. Allen · texte numérisé non relu

Inventée par M. John F. Allen

3. C'est-à-dire près de six cents fois la racine cubique de la longueur de course mesurée en pieds.

articulations de l'appareil distributeur sont constituées par des goujons tournant dans de solides viroles fixées aux extrémités des tiges, et qui sont trempés et rodés. Après des années de service, on n'a constaté aucune usure capable de produire un temps perdu dans les mouvements de la distribution.

Les grandes vitesses et les petites courses sont des éléments essentiels d'économie. On comprend parfaitement aujourd'hui que la vapeur est condensée par toutes les surfaces avec lesquelles elle vient en contact. Il est clair que pour réduire cette perte, il faut diminuer l'étendue des surfaces. Or, dans les machines à grande vitesse et à faible course, ces surfaces, pour un travail donné, présentent moins d'étendue que dans les machines ordinaires marchant à petite vitesse. Lorsqu'on veut obtenir une grande régularité de mouvement, on fait souvent la dépense de machines accouplées. Cet acouplement n'est pas nécessaire pour les machines à grande vitesse; une machine unique de cette espèce peut donner une plus grande uniformité de mouvement que les machines couplées à vitesse ordinaire. Le jeu des lumières et des soupapes, le poids des organes à mouvement alternatif, celui des volants et leurs dimensions, tout doit être expressément calculé en vue de la vitesse qu'on a choisie.

Sous le rapport de l'économie, les machines ci-dessus décrites ne le cèdent pas aux meilleures machines munies d'une détente par déclanchement, qui nous sont plus familières.

L'une d'elles, objet d'un rapport d'une commission de l'Institut américain présidée par le docteur Barnard, était sans condensation, avait un cylindre de 16 pouces de diamètre, de 30 pouces de course, faisait 125 révolutions par minute et développait une puissance de plus de 125 chevaux avec une pression de 75 livres par pouce carré dans la chaudière. Elle dépensait ainsi 25 livres trois quarts de vapeur par cheval nominal, et 2,87 livres de charbon, résultat extrêmement satisfaisant pour une machine d'aussi petites dimensions.

Le régulateur employé dans ces machines est connu sous le nom de régulateur Porter. Il est à la fois très puissant et très sensible, parce qu'il est surchargé, ce qui permet d'obtenir une grande vitesse de rotation, et parce que les bras se bifurquent et sont munis de deux tiges assez écartées pour exercer une force considérable dans les changements de vitesse, sans entraver le glissement de la douille au point d'altérer notablement la sensibilité de l'appareil. Ces machines peuvent en somme être considérées comme un bon type de la machine à grande vitesse moderne.

On a déjà fait de tels progrès dans le sens des grandes vitesses, que la détente par déclanchement est quelquefois inapplicable : le piston arriverait au bout de sa course avant que le distributeur ne ferme l'admission. On ne voil guère d'autres limites dans celte direction que celles imposées par la précision des mécanismes et l'habileté des constructeurs; on peut donc croire que la distribution par commande directe finira par supplanter la détente par déclanchement, quelle qu'en soit aujourd'hui la vogue.

Les machines munies de cette dernière distribution, appelée aussi détente par distributeur libre, n'en restent pas moins, pour le moment, les mieux connues et les plus usitées. La plus ancienne forme encore actuellement employée d'une distribution de ce système est la détente Sickels, que fit breveter vers 1841 le mécanicien américain de ce nom, et que construisit aussi Hogg de New-York, qui l'adopta pour la machine du steamer le South America. L'invention en est attribuée à l'un et à l'autre de ces ingénieurs. Elle fut présentée par son auteur sous une forme parliculièrement convenable pour les machines à balancier, employées sur les fleuves de Test des États-Unis; et elle fut adaptée aux machines fixes par MM. Thurston, Greene & G'»' de Providence (Rhode Island), qui s'en servirent pendant plusieurs années avant qu'aucune autre forme de ce système ne devînt d'un usage général. La détente Sickels comportait des soupapes d'admission, habituellement indépendantes des soupapes

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d'échappement; chacune était soulevée par un cliquet qui pouvait être, au moment voulu, déclanch^é par un coin, contre lequel il venait buter en se levant avec la soupape. Ce coin ou tel autr/B organe produisante même effet pouvait être ajusté de façon que la soupape, rendue libre, retombât sur son siège au moment où le piston, poussé par la vapeur, atteignait le point où la détente devait commencer. L'admission se trouvant alors interrompue, le piston continuait sa course sous l'action de la vapeur détendue. La soupape habituellement employée était celle à double siège.

Sickels inventa plus tard ce qu'il appelait le « mouvement de balancier » (beam motion), dont voici l'objet : avec la disposition primitive, le déclanchement ne peut se produire que pendant la première moitié de la course du piston, car, au delà, le mouvement de la tige du distributeur se renverse et la soupape se rapproche de son siège. Le beam motion permet la fermeture de l'admisssion en un point quelconque de la course. Un organe appelé « frappeur » (wiper) ^ est animé d'un mouvement de sens perpendiculaire à celui de la soupape et de son cliquet, et relié avec le balancier ou quelque autre partie de la machine, dont Ja marche suit celle du piston. Par cette combinaison, la soupape peut être déclanchée en un point quelconque de la course du piston ; un dispositif très simple permet au mécanicien de régler le wiper de façon qu'il vienne frapper le cliquet à tel instant du mouvement qu'il juge convenable.

Dans les machines fixes, la fermeture de l'admission fut plus tard commandée par le régulateur, disposé de manière à manœuvrer lui-môme le mécanisme, qui laissait retomber la soupape; cette combinaison constitue ce qu'on appelle quelquefois une détente automatique. L'emploi du régulateur pour régler le degré de détente avait été proposé avant le temps de Sickels. Une des plus anciennes dispositions de ce genre fut celle imaginée en

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