‹ Histoire de la machine à vapeurChapitre 47 sur 87 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

LOCOHOBILES ET LOCOMOTIVES

On voit souvent aujourd'hui une machine et une chaudière de petites dimensions réunies de manière à former un tout facilement transportable. Lorsque, comme dans la figure 109, la chaudière et la machine reposent simplement sur une semelle servant de support commun, le système est dit habituellement « mi-fixe ». Ces petites machines ont quelques avantages évidents. Fixées sur la même base, la chaudière et la machine ainsi combinées sont faciles à transporter, occupent peu de place, et on peut en très peu de temps monter le système sur quatre roues, ce qui le rend particulièrement propre aux besoins de Tagriculture.

Le spécimen représenté ici diffère par ses dispositions de ceux qu'on voit habituellement dans le commerce. La machine n'est pas fixée à la chaudière; elle n'est donc pas affectée par la dilatation de celle-ci, et ses supports ne sont pas exposés à être échauffés par conductibilité ou par la chaleur qui monte de la chaudière. Le volant se trouve à la partie inférieure, disposition qui assure la stabilité aux grandes vitesses nécessaires pour une marche économique. Les chaudières sont du système tubulaire vertical, avec boîte à feu intérieure; elles sont destinées à fonctionner à une pression de 150 livres par pouce carré. Elles sont munies d'écrans et d'un tuyau de circulation, pour éviter l'entraînement de l'eau, et aussi d'un bouchon fusible pour empêcher le ciel du foyer de brûler, quand le niveau de l'eau vient à baisser.

On TOil (fig 109) un autre exemple de cette forme de machine montrant le dispositif adopté pour les petites dimensioDS On remarquera que le cylindre est placé dans la partie supérieure même de la chaudière, laquelle ebt verticale De cette fnçoD la vapeur est plus chaude et

plus sèche et Ion évite les perles par condensation, qui sont sérieuses même avec leâ courts tuyaus, quand la machine est isolée de ia chaudière

La machine ci dessous (flg HO) est donnée pour faire 10 chevauT et les constructeurs doivent toujours garantir que leurs machines sont capables de fournir le travail porté aux tarifs.

Le cyhndre a 7 pouces sur 7, et l'arbre est placé directement au-dessus. Il porte trois excentriques ; l'un ma-

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nœuvre la pompe, un autre le liroirde distributioa et le troisième le tiroir de détente. La poulie motrice a 20 pouces de diamètre et le volant 30. La chaudière cootieDt 15 tubes de 1 1/i pouce : elle est pourvue d'un réchauffeur à sa base. Éprouvée à 200 livres de pression, elle est destinée à en supporter 100 seulement; encore n'en faut-il pas autant

■pottative. 1818.

pour développer toute la puissance de la machine. Celle-ci est surtout remarquable par la petitesse tout à fait ezceptionneile de son volume. On peut l'installer dans un espace de 5 pieds carrés sur 8 de haut. Son poids, pour une force de 10 chevaux, n'est que de 1,510 livres-, et, avec la chaudière, le poids de tout l'ensemble emballé et prêt à embarquer ne dépasse pas 4,390 livres. Toutes les parties du mécanisme sont ajustées et fonctionnent avec la précision d'une batlerie de fusil, car chaque pièce est soigneusemeot faite au gabarit.

Les machines locomobiles sont destinées à être trao»-

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portées facilement d'un point à un autre. La machine est alors habituellement flxée à la chaudière, et la pompe alimentaire à la machine. Tout l'ensemble est monté sur des roues et traîné d'ordinaire par des chevaux, mais quelquefois par la machine elle-même, qu'on peut à volonté mettre en connexion avec les roues d'arrière. Les constructeurs anglais excellent généralement dans ce genre de constructions, quoique sans doute les meilleures machines américaines vaillent tout autant comme disposition, exécution et qualité des matériaux.

Les derniers produits des constructeurs anglais les plus connus ont donné des résultats économiques dont les ingénieurs ont été surpris. Les expositions annuelles de la Société royale d'agriculture ont témoigné d'autant d'habileté dans la conduite des machines que de perfection dans leurs dispositions et leur exécution. Quelques petites locomobiles ont fait preuve de qualités économiques supérieures à celles des plus puissantes machines marines, sauf celles du type compound, et même elles peuvent lutter de très près avec ces dernières. Les causes de cette économie si remarquable sont faciles à comprendre, quand on examine attentivement ces machines et la façon dont elles sont conduites lors des épreuves. Elles sont d'ordinaire très soigneusement établies. Les cylindres sont bien proportionnés à la force qu'on veut obtenir et les pistons marchent à grande vitesse. Le distributeur consiste généralement en un simple tiroir auquel est superposé un tiroir de détente. Ce dernier, mû par un excentrique indépendant, permet de faire varier considérablement le degré d'expansion. Cette méthode de régler la détente donne d'excellents résultats, — presque aussi faons que la distribution par déclanchement dans les circonstances habituelles, où l'expansion atteint environ quatre fois le volume primitif. Le régulateur est habituellement relié à une soupape à gorge, placée dans la conduite d'amenée; cette disposition n'est pas la meilleure possible quand l'effort demandé varie fréquemment, mais elle n'entraîne pas de pertes sérieuses de force dans les concours, où la résistance est donnée par un frein

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de Prony et où la machine doit développer à très peu près son maximum de puissance. Celles de ces machines qui donnent les meilleurs résultats ont leur cylindre pourvu d'une chemise de vapeur, condition essentielle du maximum d'économie, et travaillent à haute pression et détente considérable. Les chaudières sont très solidement construites, et, comme toutes les parties chauffées de la machine, soigneusement recouvertes d'enveloppes non conductrices, parfaitement jointives. Tous les organes sont bien proportionnés, les tiges et les cadres très forts et bien reliés ensemble, les surfaces frottantes très étendues. Les bielles sont longues, manœuvrent aisément, et chaque partie de la machine est capable de fonctionner sans effort et avec le moins de frottement possible.

Dans les épreuves des concours, on choisit pour conduire les machines les mécaniciens les plus habiles et les plus expérimentés. La différence dans le produit de la même machine, confiée à des mains différentes, peut varier de 10 à 15 pour 100. C'est un fait constaté par expérience, même dans des cas où les mécaniciens rivaux étaient considérés comme d'une habileté exceptionnelle. Pendant la marche de la machine, on entretient le feu avec un soin extrême; on l'alimente à intervalles courts et réguliers, on veille à ce que la couche de combustible soit d'une épaisseur uniforme et que la surface en soit toujours parfaitement nette. Les parties latérales et les angles du foyer sont surtout l'objet d'une attention spéciale. On ne laisse les portes ouvertes que le moins longtemps possible; on utilise rigoureusement jusqu'au dernier pouce de la surface de grille, et on arrive ainsi à obtenir de chaque livre de charbon le maximum de chaleur qu'elle peut donner, en faisant agir celle-ci là précisément où elle est nécessaire. L'alimentation de la chaudière est aussi continue et aussi régulière que possible. Quelquefois le mécanicien se tient en permanence à côté de sa machine, mettant au feu le charbon par poignées, et versant l'eau dans le réchauffeur au moyen d'une simple tasse. Car en pareil cas on ne manque jamais d'employer des réchauffeurs. L'orifice de

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sortie de la vapeur n'est jamais plus resserré qu'il n'est absolument nécessaire pour le tirage. Le frein est soigneusement surveillé, de peur qu'un lubrifiage irrégulier n'amène une variation dans la vitesse, par suite d'un changomenl dans la résistance. Celle-ci est du reste perlée au maximum de ce que la machine peut surmonter avec économie. Toutes les conditions favorables sont donc autant que possible réunies, et conservées aussi invariables qu'une attention extrême de fa part du mécanicien permet de le faire.

Enfin généralement ces épreuves ne durent que de trois à cinq heures, et se terminent par conséquent avant qu'il ne soit nécessaire de nettoyer les grilles. Le tableau suivant fait connaître les résultats obteuus au concours de machines do juillet 1870 à l'Exposition agricole d'Oxford :

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