REGNAULT
la température est d'environ 775^ Fahrenheit ou 413° cent.
Donny et Dufour ont montré que les propriétés normales des vapeurs et des liquides sont sujettes à se modifier dans certaines circonstances, 'comme Pavait bien avant eux (1818) observé Gay-Lussac; et ils ont signalé l'influence de ce fait sur la sécurité des chaudières à vapeur. Ils découvrirent que le point d'ébullition de Peau peut être élevé beaucoup au-dessus de sa température ordinaire, par divers moyens, consistant à priver le liquide de Pair qu'il tient ordinairement en dissolution, et à empêcher son contact avec des surfaces rugueuses ou métalliques. En maintenant des gouttes d'eau en suspension dans un mélange d'huiles ayant à peu près la même densité, Dufour put les élever, sous la pression atmosphérique, à une température de 356° Fahrenheit(180° cent.), qui correspond, dans lesconditions normales, à une pression de vapeur d'environ 150 livres par pouce carré, ou 10 atmosphères. En se fondant sur des considérations théoriques, le professeur James Thompson a indiqué qu'une action à peu près semblable peut permettre, dans certaines conditions, de refroidir la vapeur au-dessous de la température normale de condensation, sans qu'elle se liquéfie.
Fairbairn et Tate ont repris ces essais pour déterminer le volume et la température de Peau à des pressions dépassant celles en usage dans les machines à vapeur ; des déterminations incomplètes ont aussi été prises par quelques autres physiciens.
Regnault est Pautorité qui fait loi quand il s'agit des données de cet ordre. Ses expériences de 1847, exécutées aux frais du gouvernement français et sous la direction de l'Académie des sciences de France, sont d'une précision merveilleuse et s'étendent sur une très longue échelle de températures et de pressions. Après un quart de siècle les résultats en subsistent tout entiers, et on les regarde comme des modèles de recherches physiques rigoureuses ^
1. Voir, pour la meilleure collection des tables de Regnault à la portée du public, Porter on the steanhengine InéUcator,
THDRSTON. II. — 15
D'après les recherches de Regnault, la chaleur totale de la vapeur n'est pas coustante ; la chaleur latente varie et la somme des chaleurs, latente et sensible, ou chaleur totale, augmente de 0,305 de degré pour chaqueaccroissement d'un degré dans la chaleur sensible ; ce qui donne 0,305 pour représenter la chaleur spécifique de la vapeur saturée. Il trouva 0,4805 pour la chaleur spécifique de la vapeur surchaufl'ée.
Regnault ne tarda pas à s'apercevoir que la vapeur ne suit pas la loi de Mariotte, et il montra que la différence est très marquée. Il exprima ses résultats non seulement au moyen de tableaux chiffrés, mais aussi par des tracés graphiques. Ensuite il détermina les constantes exactes à introduire dans l'expression algébrique de Biot :
log. ;? = a — bk'^— cB^ En faisant
X = 20 + ^«cent.; a = 6,264035; log. 6= 0,13977ft3; log. c = 0,6924351 ; log. A = 1,9940393, etlog. B =1,9983439
p est la pression en miiiim. de mercure.
Dans l'expression de la chaleur totale, H = k-hbt, Regnault obtint pour l'échelle centigrade 6 = 606,5 -J- 0,305 19 cent. Pour l'échelle Fahrenheit, nous avons les expressions équivalentes suivantes :
H = 1123,7 + 0,305 ^«Fahr. si onmesureàpartirduO<>Fahr. = 1801,7 +0,305 (^-32)°Fahr.) si on mesure à partir du = 1081,94 + 0,305 ^ Fahr. j point de congélation.
Pour la chaleur latente, nous avons approximativement :
L= 606^5 — 0,695 ^*> cent.
= 1091s7 — 0,695 (^°- 32) Fahr.
= 11130,94 — 0,695 t^ Fahr.
Depuis Regnault, rien d'important n'a été fait dans le même ordre d'idées. Il reste encore beaucoup de travail à exécuter pour étendre ces recherches aux hautes pressions, et aux conditions qui se produisent dans le fonctionnement de la machine à vapeur. Les volumes et densités de la