TRAVAUX DE RANKINE
En étudiant la façon dont se comportent les fluides élastiques, on arrive à ce résultat : que le travail qu'ils développent en agissant, comme la vapeur d'eau, dans les machines thermiques, se compose de trois parties :
1° Une variation du mouvement calorifique actuel du fluide;
2° La chaleur dépensée pour la production du travail interne;
3° La chaleur dépensée pour produire le travail extérieur d'expansion.
Toutes les fois que la chaleur totale dépensée surpasse celle nécessaire à la production du travail sur les corps extérieurs, l'excès ainsi fourni est autant d'ajouté à l'énergie intérieure de la substance qui l'absorbe.
L'application de ces principes au travail du fluide dans la machine à vapeur est un progrès relativement récent dans la théorie de cette machine; c'est à Rankine que nous devons le premier et, jusqu'à présent, le seul traité où ces principes, aujourd'hui acceptés, soient exposés avec ampleur et, sous quelques rapports, d'une manière complète.
Il s'écoula quinze ans entre la publication de la première théorie logique de la machine à vapeur par de PambourS et le jour où Rankine, en 1859, nous donna le plus précieux de tous ses ouvrages : The Steam Engine and other prime movers (La machine à vapeur et autres machines à pression). L'ouvrage serait très obscur pour le public, et la lecture en est même difficile pour des ingénieurs instruits. Néanmoins le traité sur la thermodynamique des machines thermiques est de la plus haute valeur. Ce sera une tâche de longue haleine que d'étendre l'application des lois qu'il a mises en lumière et de mettre les résultats de ses travaux sous les yeux des commençants, sous une forme facile à saisir.
Le nom de William-J. Macquorn Rankine, ingénieur et physicien Écossais, demeurera à jamais inscrit dans les
1. Théorie de la machine à vapeur, par le chevalier F.-M.-G. de Pambour; Paris, 1844.
!3* THËOnlE HËCAMQUE DE LA CHALEUR.
aDDales de la science; il fut le créateur de la théorie moderne delà machlDe à vapeur; il jeta les bases de la thermodynamique. Il est mort jeune encore, le 24 décembre 1852, à l'âge de ciaquante-deux ans, alors qu'il occupait la chaire de construction à rUoiTcrsité de Glasgow. Ce fut là une des pertes les plus grandes qu'aient éprouvées la science et le gén ie civil dans le cours de ce siècle.