‹ Histoire de la machine à vapeurChapitre 76 sur 87 · APPLICATION DE LA THERMODYNAMIQUE A LA MACHINE A VAPEUR · texte numérisé non relu

APPLICATION DE LA THERMODYNAMIQUE A LA MACHINE A VAPEUR

« Souvent une incertitude entravait notre ardeur joj^euse, ^ mais la persévérance domptait la difficulté, et ce nouveau

triomphe nous rendait le cœur plus fort. * — Ralbioh. « Si nous appelons monstres, ou miracles, ce où nostre raison ne peult aller, combien s'en présente-t-il continuellement à nostre veue?... Mais aussi de l'aultre part, c'est une sotte presumption d'aller desdaignant et condamnant pour faulx ce qui ne nous semble pas vray< semblable... Point de plus notable folie au monde que de les ramener à la mesure de nostre capacité et de nostre suffisance... » — Montaione.

« Ceux qui aspirent avec énergie à -la perfection en approcheront davantage que ceux qui, par paresse ou découragement, renoncent à l'atteindre, parce qu'elle leur semble inaccessible. » — Chbsterfibld.

Ainsi qu'on Ta vu ci-dessus, la machine à vapeur est un appareil spécialement destiné à transformer l'énergie latente ou potentielle, en énergie cinétique, active et utilisable.

Il y a des millions d'années, dans cette première période que les géologues appellent carbonifère, l'énergie cinétique des rayons solaires et du noyau brûlant du globe terrestre se dépensait à décomposer les masses énormes d'acide carbonique dont l'air était alors chargé, et à produire, en même temps qu'une atmosphère propre à la vie, les immenses forêts qui couvraient la terre de leur végétation luxuriante. C'est alors que se constituèrent, au profit de la race humaine, qui n'existait pas encore, ces immenses réserves d'énergie potentielle, dont nous commençons à peine à tirer parti. Cette énergie potentielle devient cinétique et disponible, toutes les fois que l'affinité puissante

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du charbon pour Poxygène est mise en jeu; et le combustible fossile, emmagasiné dans nos mines de charbon ou le bois de nos forêts, retourne, par le procédé bien connu de la combustion, à cet état de combinaison avec Toxygène, dans lequel il était engagé dans les premiers temps géologiques.

La théorie thermodynamique de la machine à vapeur a pour objet d'étudier les modifications qui se succèdent depuis le moment où, dans le foyer de la chaudière, cette énergie potentielle, qui existe dans la tendance du charbon et de Toxygène à se combiner sous forme d'acide carbonique, est mise à profit pour dégager, en quantité équivalente, l'énergie cinétique de la chaleur, jusqu'à l'application finale de l'énergie mécanique résultante au mécanisme de transmission, par lequel elle est utilement employée à élever de l'eau, à faire marcher les usines et outils de toutes sortes, à remorquer les trains éclairs* sur nos railways, ou à pousser le Great-Eastern à travers l'Océan.

De l'énergie calorifique cinétique développée dans le foyer, une partie est transmise à l'intérieur de la chaudière à travers ses parois métalliques, pour vaporiser le liquide qu'elle contient, et prendre la nouvelle forme d'énergie qui se retrouve dans la vapeur confinée sous pression; le surplus est entraîné dans l'atmosphère, avec les produits de la combustion, et n*a d'autre eflFet utile que de détermmer le tirage.

La vapeur, avec l'énergie calorifique qu'elle renferme, se rend, en passant par les conduites et lumières, au cylindre de la machine, et n'y parvient qu'après avoir perdu dans ce trajet une fraction plus ou moins forte de la chaleur qu'elle contenait ; arrivée là, elle se détend en poussant le piston devant elle et se refroidit encore par la transformation d'une partie de son énergie calorifique, équivalente au travail mécanique qu'elle accomplit. Mais

1. C'est le nom donné à certains trains spéciaux, lancés a?ec une vitesse exceptionnelle, d*un bout à l'autre du grand Transcontinental Américain. (N. du Trad.)

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