‹ Histoire de la machine à vapeurChapitre 80 sur 87 · DÉPERDITIONS · texte numérisé non relu

DÉPERDITIONS

leures machines compound à condensation, marchant à la pression de 75 livres au pouce carré, demandent habituellement 2 livres environ de charbon par heure — soit 20,000,000 de livres-pieds d'énergie dans le foyer — pour développer une force d'un cheval; c'est-à-dire qu'elles absorbent à peu près dix fois l'équivalent en chaleur du travail mécanique qu'elles produisent. Si l'expansion de la vapeur se faisait comme celle des gaz permanents, ces machines auraient un rendement théorique d'environ un quart, tandis qu'en réalité il n'est que d'un sixième; Par conséquent, même pour les meilleurs types en usage, la machine à vapeur n'utilise guère que les six dixièmes de l'énergie calorique théoriquement utilisable. La plus grande partie, presque la totalité des cinq sixièmes perdus, est entraînée par la vapeur d'échappement.

La puissance mécanique communiquée aux organes de la machine par l'énergie cinétique de la vapeur chaude agissant sur le piston, est finalement appliquée d'une maiiière utile au système de transmission quelconque qui rattache la machine au mécanisme qu'elle fait mouvoir. Dans ce transport de l'énergie, une partie est absorbée par les frottements dans la machine elle-même. L'étendue de cette perte est extrêmement variable, et il est possible de la rendre très petite dans une machine bien disposée, bien construite et bien manœuvrée. On peut l'évaluer à une demi- Jivre par pouce carré de piston pour de bonnes naachines de 100 chevaux et au-dessus; mais dans celles de très petite dimension, elle est souvent de plusieurs livres. Le frottement est atténué quand les deux surfaces frottantes sont de' matières différentes, l'une et l'autre d'un métal dur, uni, à grain serré, quand elles sont bien lubrifiées, et que les organes sont disposés de telle sorte que les diverses forces s'équilibrent en partie, comme cela a lieu sur les coussinets des machines à deux ou trois manivelles. Dans une machine à vapeur de grande dimension et bien disposée, la perte due au frottement est ordinairement de 5 et 7 0/0 de la puissance développée. Elle augmente rapidement quanâ les dimensions décroissent.

Dans les pages qui précèdent, nous avons raconté, peutêtre un peu minutieusement, Thistoire du développement de la machine à vapeur, depuis le commencement de Tère chrétienne jusqu'à nos jours; puis, rapidement esquissé le développement, graduel aussi, quoique intermittent, de la théorie de cette machine merveilleuse, et montré comment les principes de la science trouvent leur application dans son fonctionnement. Nous sommes maintenant préparés à étudier les règles que doit observer le constructeur intelligent et à entendre les conseils que nous donnent la science et Texpérience, sur les conditions essentielles à remplir pour obtenir un rendement élevé de la vapeur et l'économie dans la consommation du combustible. Nous pourrons même essayer de poser des jalons précis sur la voie que suit aujourd'hui le progrès, en nous guidant sur l'étude de ces conditions, fixer les limites qu'aucun perfectionnement ne permettra jamais de dépasser, et peut-être deviner par quels artifices on parviendra à franchir la barrière qui borne la carrière à parcourir, et qui semble infranchissable tant qu'on restera attaché aux types actuels de machines.

Il nous faut, en premier lieu, examiner la question suivante : Quel est, sous sa forme la plus précise et la plus gêné" raie, le problème que les ingénieurs ont essayé de résoudre jus^ quHci?

Ce problème une fois posé, nous étudierons rhistoire» dans le but de déterminer dans quelle direction ont marché jusqu'à présent les perfectionnements, et afin de dégager les conditions qui doivent régir la construction de la machine à vapeur, telle qu'elle est constituée actuellement. Puis nous appuyant sur le passé pour prévoir l'avenir, nous essaie* rons de discerner la voie qui promet le succès pour aujourd'hui ou pour demain ; enfin nous rechercherons quelles sont les conditions physiques et intellectuelles qui semblent devoir nous conduire aux meilleurs résultats.

Voici comment peut être énoncé, dans sa forme définitive et la plus générale, ce problème capital :

Construire une machine qui transforme le plus parfaite^

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