CONDITIONS GÉNÉRALES
ment possible l'énergie cinétique de la chaleur en puissance mécanique; cette chaleur étant obtenue par la combustion, et la vapeur étant l'agent qui la reçoit et la transmet.
Ce problème, comme nous Pavons déjà vu, comporte deux questions distinctes et d'égale importance :
1« Quels sont les principes scientifiques impliqués dans le problème, tel qu'il est posé?
2<> Gomment doit être construite une machine, en concordance avec ces principes scientifiques, qui soit Pincarnation la plus parfaite, non seulement de ces principes, mais encore de toutes les règles de la mécanique pratique, dont Pinfluence est de premier ordre sur la valeur économique de tout mécanisme ?
La première question s'adresse au savant, la seconde à Pingénieur. Pour y répondre d'une manière satisfaisante, môme dans les limites que nos connaissances actuelles comportent, il faut avoir étudié soigneusement, à la lumière la plus vive dont la science nous éclaire, les principies scientifiques impliqués dans la théorie de la machine à vapeur, et, non moins attentivement, les étapes successives des progrès accomplis, ainsi que les variations de structure qui les ont accompagnés; il faut avoir analysé les effets de chaque modification et en avoir recherché les motifs.
La théorie de la machine à vapeur est un sujet trop vaste et trop important pour pouvoir être abordé même de la manière la plus sommaire. Je ne puis qu'essayer d'exposer la marche qui semble indiquée par la science comme la plus utile à suivre, pour qui cherche des moyens d'augmenter la puissance et l'économie des machines.
La science nous enseigne que, dans tous les cas, nous réussiro7is d'autant 'mieux à tirer économiquement la force mécanique de l'énergie du mouvement calorique, que nous opérerons entre des limites de température plus écartées, et que nous saurons mieux empêcher la chaleur de se disperser sans produire d'effet utile.
Il existe, comme on l'a vu, dans toutes les machines thermiques, et notamment dans les machines à vapeur, une cause inévitable de perte de travail : c'est que la tempe-
rature inférieure du cycle décrit ne peut descendre au-^lea^ sous d'une limite fort éloignée du zéro absolu, du point auquel tout mouvement calorique a disparu ; cette limite", c'est la température moyenne de la surface de la terre.
En vertu des principes de la thermodynamique, là machine sera d'autant meilleure que la température de la vapeur sera plus élevée à l'admission et plus basse à l'échappement, toutes pertes de chaleur ou de travail étant supposées écartées.
Gela posé, jetons un coup d'œil sur l'histoire de la machine à vapeur et rappelons rapidement les perfectionnements principaux, les changements de forme les plus saillants; nous pourrons nous faire ainsi quelque idée de la direction générale dans laquelle nous aurons à chercher les progrès ultérieurs.
Nous ne remonterons qu'à la machine de Porta, qui inaugure une période de travaux non interrompus; cette machine comporte un récipient unique, accomplissant à lui seul les fonctions si diverses de tous les organes des machines d'épuisement modernes : c'est à la fois une chaudière, un cylindre, un condenseur, en même temps qu'une pompe aspirante et foulante.
Le marquis de Worcester divise la machine en deux parties, par l'emploi d'une chaudière séparée.
Savery double cette partie de la machine de Worcester, qui remplissait les rôles multiples de pompe, de cylindre et de condenseur, et y applique l'eau froide pour activer la condensation.
Bientôt Newcomen et Gawley séparent la pompe de la machine proprement dite, et créent ainsi la machine à vapeur moderne, la machine composée. Dans leur dispositif, comme dans celui de Savery, nous remarquons la condensation par surface d'abord, puis l'injection d'eau froide au milieu de la vapeur à condenser.
Watt enfin couronne 'l'œuvre de perfectionnement et achève le mouvement progressif de spécialisation des organes, en séparant le condenseur du cylindre. Ce procédé de transformatfon cesse alors de se développer; les