‹ Histoire de la mâedecine et des doctrines mâedicalesChapitre 28 sur 119 · DES NATURISTES — DU PNEUMATISME — ARÉTÉE · texte numérisé non relu

DES NATURISTES — DU PNEUMATISME — ARÉTÉE

vrage d'Arétée. Les éditions se multiplièrent; on en fit une en grec à Paris en 1554. C'est celle qui a servi au docteur Renaud pour sa traduction française publiée en 1834.

L'ouvrage d'Arétée se compose de deux parties distinctes, l'une consacrée aux causes et aux signes des maladies aiguës et chroniques, tandis que la seconde, en autant de sections particulières qu'il y en a dans la première partie, concerne le traitement de ces mêmes maladies.

Les premiers chapitres du premier livre, consacrés aux causes et aux signes des maladies aiguës, manquent. Ceux qui suivent renferment des considérations sur l'épilepsie, le tétanos, l'angine, les ulcères des amygdales, la pleurésie , la phrénésie, la léthargie, l'apoplexie.

Un second livre renferme la péripneumonie, le crachement de sang, la syncope, le choléra, l'iléus, les maladies aiguës du foie, de la veine cave, des reins, de la vessie, la suffocation de matrice ou hystérie, et le satyriasis.

Dans ces descriptions concises, se trouvent des considérations particulières sur l'influence des saisons, de l'âge et de la fréquence des maladies aiguës; mais ce qui doit frapper l'attention, c'est la forme de la description, où, malgré d'importantes lacunes, on retrouve des portraits morbides d'une netteté et d'une véracité à faire envie aux médecins modernes.

Elles représentent Yétiologie, la symptomatologie et la thérapeutique, telles qu'on les entendait à Rome au Ier siècle de l'ère chrétienne. Sous ce rapport, leur étude aie plus haut intérêt, et il faut y apporter une grande attention.

Des études sur Yépilepsie, tronquées à leur commencement, ouvrent le premier livre, et l'attaque convulsive y est décrite avec la plus grande vérité. Vaura s'y trouve déjà signalée, et Arétée parle des cas dans lesquels on a pu empêcher les convulsions de se produire en contrariant Y aura (p. 4). L'imbécillité et la démence produites avec soin par la prolongation du mal sont également indiquées par l'auteur (p. 80), et le traitement (p. 381) y tient une très- grande place.

Le tétanos était bien connu d'Arétée dans ses causes et dans ses formes trismus, d'opisthonos et à'emprosthotonos. 11 parle même de son incurabilité.

La cynanche, ou angine, est causée tantôt par une inflammation des organes de la respiration, tantôt par une affection particulière de l'air ou pneuma, et a sa cause dans cet air même. L'analogie avec la suffocation produite par l'air qu'on respire dans les fosses

charoniennes, c'est-à-dire dans les cavernes remplies d'acide carbonique, est, d'après Arétée, la preuve que l'altération du pneuma peut être cause des maladies.

La description des ulcères des amygdales, les uns superficiels et de nature douce, les autres profonds, couverts d'une concrétion blanche ou noire appelée escftare ; leur, propagation au poumon par la trachée-artère, ce qui amène la gêne de respirer et la suffocation (p. 21); enfin la trachéotomie, rappellent tout ce que nous savons de l'angine couenneuse et du croup. « Ceux qui, pour prévenir une suffocation funeste, font une ouverture à la trachée-artère, afin de procurer au malade un moyen de respirer, ne me paraissent point avoir pour eux l'expérience; la plaie que l'on est obligé de faire ne fait qu'augmenter l'inflammation, la suffocation et la toux ; et lors même que le malade échappe au danger, les bords de la blessure ne peuvent se réunir, car ils sont de nature cartilagineuse et inagglutinables. » (p. 279.) A part les erreurs d'appréciation sur les effets de la trachéotomie, dont Arétée n'était pas le partisan, on voit que cette opération était, de son temps, une chose usuelle.

A propos de la pleurésie, il indique la suppuration de la plèvre et la migration du pus au dehors, à travers les côtes ou dans l'intestin.

Ses considérations sur le crachement de sang qui provient de la bouche, des fosses nasales, de la trachée, des bronches, des poumons, de l'estomac, sont excellentes, ainsi que les symptômes observés dans ces circonstances différentes.

Il y a ensuite différentes descriptions de la syncope, du choléra, de Yiléus et du volvulus ; des maladies aiguës du foie, des maladies aiguës de la veine cave, des maladies aiguës des reins, de la vessie; de la suffocation de matrice ou hystérie, et enfin de la satyriase, infiniment plus communs à cette époque que de nos jours; et toutes ces descriptions, si incomplètes et si abrégées qu'elles soient, sont pour la plupart très-exactes et révèlent un grand talent d'observateur et d'écrivain.

Dans la partie consacrée aux causes et aux signes des maladies chroniques, on y trouve, avec des généralités importantes, la céphalée, la scotodynie ou vertige ténébreux, Yépilepsie, la mélancolie et la haine, dont les descriptions sont très-remarquables ; la résolution des nerfs ou paralysie du mouvement et du sentiment, qualifiée iïanesthésie, chapitre où se trouve la reproduction d'un fait déjà signalé par l'empirique Cassius Félix, au sujet de la paralysie par l'entrecroisement des nerfs.

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