‹ Histoire de la mâedecine et des doctrines mâedicalesChapitre 37 sur 119 · DES NATURISTES — ALEXANDRE DE TRALLES · texte numérisé non relu

DES NATURISTES — ALEXANDRE DE TRALLES

Son histoire de la pleurésie et des symptômes qui la séparent des inflammations du foie n'est pas moins exacte, et je vais la reproduire (Renouard, Hist. de la médecine, t. Ier, p. 390).

« Je nomme pleurésie, non toute espèce de douleur de côté, mais la seule pleurésie vraie, c'est-à-dire l'inflammation de la membrane qui revêt les côtes. Elle est accompagnée d'une fièvre aiguë, à cause du voisinage du cœur, qui souffre sympathiquement. Si donc vous remarquez chez un malade une respiration difficile, avec une fièvre aiguë, de la toux et une douleur pongitive, vous pouvez assurer qu'il est vraiment pleurétique. Les personnes affectées d'une inflammation du foie ont aussi delà fièvre, et respirent avec peine; leur côté est tendu et douloureux ; elles éprouvent une toux sympathique ; mais il n'y a chez elle ni point de côté, ni dureté de pouls. »

Voici comment on distingue la pleurésie de l'hépatite :

« On discerne ces deux affections particulièrement au genre de la douleur et à la qualité du pouls. Les pleurétiques ont un pouls dur, qui donne au toucher la sensation d'une scie; il n'en est pas de même des personnes affectées d'hépatite. Les pulmoniques n'éprouvent non plus rien de pareil, à cause de la mollesse des particules. La toux est aussi différente dans la pleurésie et dans l'hépatite. Dans la première de ces affections, elle est plus violente, et promptement suivie de crachats. Pendant la durée de la maladie, la couleur des matières expectorées indique quelle est l'humeur d'où dérive l'inflammation. Les crachats rouges dénotent qu'elle vient du sang; les jaunes, de la bile; ceux qui sont blancs et visqueux annoncent la pituite; les noirs, l'atrabile. Dans l'hépatite, on tousse, mais on n'expectore pas. Sachez, néanmoins, qu'il arrive quelquefois qu'on n'expectore rien dans la pleurésie; d'où il suit qu'on aurait tort de considérer comme hépatique tout individu qui tousse sans cracher; car il y a des pleurésies rebelles et d'une coction difficile : ce sont même les plus dangereuses. L'inflammation peut siéger encore au-dessous des fausses côtes sans s'étendre jusque dans la poitrine; elle peut aussi être extérieure. Dans ces cas, il n'y a pas d'expectoration; mais alors les humeurs qui causent la phlegmasie se tournent en abcès, à moins qu'elles ne se dissipent, ce qui arrive rarement. Faites donc attention à tous ces signes, ainsi qu'à la couleur du visage; les malades atteints d'hépatite Tont ordinairement pâle; c'est le contaire chez les pleurétiques. Voilà comment vous discernerez ces derniers. »

Il est le premier qui ait donné la rhubarbe dans la dysenterie et le fer dans les squirhes de la rate, l'opium dans les brûlures, — le pavot et le castoreum dans la fièvre quarte.

BOUCHUT. Ib

Dans la poulie, il appliquait extérieurement les cantharides et conseillait l'exercice et la sobriété.

Il a décrit plusieurs espèces de mélancolie et il conseille la diète, les bains, l'exercice, le voyage et la dissipation à l'exclusion des drogues.

On lui doit la cautérisation de Yaura pour prévenir l'épilepsie.

C'est lui qui a indiqué les calculs pulmonaires rejeléspar l'expectoration chez les gens qui toussent depuis longtemps et qui sont atteints de phthisie. Son traitement du volvulus est celui d'IIippocrate. (V. Chirurgie), et la saignée était un des moyens qu'il employait le plus dans les angines, dans la colique néphrétique et dans la pleurésie; seulement, à rencontre de Galien, il ne s'occupait pas du côté malade et saignait indifféremment partout.

Ces extraits montrent assez quelle a été la porlée d'Alexandre Trallien comme observateur et comme anatomopathologiste ; aussi n'y a-t-ilrien d'extraordinaire que son nom soit arrivé jusqu'à nous. Ses écrits, véritable mélange de naturisme, de superstition et d'empirisme, méritent, d'ailleurs, par leur forme littéraire, la réputation qu'ils ont faite à leur auteur. Il est évident, par ce qu'ils renferment, qu'on devait alors avoir déjà ouvert un certain nombre de cadavres.

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