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CHAPITRE VII

PAUL ÉGINÈTE

Paul, natif de l'île d'Égine et surnommé l'Éginète, vécut dans la première moitié du viie siècle vers 640. Il avait étudié à Alexandrie et devint promptement célèbre. Sa réputation fut très-grande chez les Arabes en raison de ses études sur les maladies des femmes et sur les accouchements, et ils l'avaient surnommé accoucheur (cawâbély) .

On lui doit un ouvrage intitulé : Extrait des anciens ouvrages sur la médecine, où il reproduit, en les choisissant, la plupart des idées de Galien, d'Oribase et d'Aétius. Son intention était de vulgariser la science, mais ce ne fut pas un simple copiste, car il avait une valeur réelle comme médecin, plus encore comme chirurgien, et il a laissé dans la chirurgie des idées originales qui lui font le plus grand honneur.

Comme doctrine, il est difficile de le classer exactement, car il participe du méthodisme et des naturistes. Cependant sa conformité d'opinions générales avec Galien doit le faire considérer comme un sectateur indépendant du médecin de Pergame.

Paul Eginète a rapporté l'observation d'une rachialgie épidémique avec paralysie des extrémités qui avait pris naissance en Italie et

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qui, de là, parcourait les pays voisins; c'était, sans doute, une méningite cérébro-spinale, et la paralysie, qu'Éginète rapporte à une métastase critique, semblait dépendre des efforts salutaires de la nature. — De temps à autre, il s'y joignait une épilepsie dont les suites étaient presque toujours mortelles (c'était, sans doute, le tétanos final de la méningite rachidienne) , et cette maladie était traitée avec de l'eau froide par quelques médecins italiens (Sprengel, Hist. de la médecine, t. II, p. 222).

Il connaissait la phthisie calculeuse dont Alexandre Trallien avait déjà parlé; les dépôts réputés laiteux, la goutte, qu'il considérait comme le résultat du luxe et de l'oisiveté, dont la forme dépendait de la prédominance des humeurs cardinales et qui avait pour cause la condensation des humeurs superflues sur les articulations à la suite d'un vice de nutrition provoqué par la plénitude excessive de l'estomac.

La partie chirurgicale de ses œuvres, que tout le monde pourra désormais apprécier en lisant la bonne traduction française qu'en a donné M. René Briau, est de beaucoup la plus importante. — Il pratiquait la bronchotomie sans intéresser les cerceaux cartilagineux et ne coupait que la membrane interposée entre eux. — Les chapitres sur l'hydrocéphale, sur la paracentèse dans l'ascite pratiquée au-dessous du nombril, sur la distiction des anévrysmes vrais et faux qui ont un bruissement dans la tumeur, sur l'ouverture des abcès internes par les caustiques, sur l'opération de la taille périnéale oblique latéralement au raphé, sur l'hydrocèle et le varicocèle, sur la hernie, sur le trépan immédiat dans les fractures du crâne, sur les fractures et sur les luxations, sur les inflammations de matrice et sur les injections qu'elles réclament sont des plus instructifs et seront toujours utilement consultés par les chirurgiens. Le plus grand éloge qu'on puisse faire de ses œuvres c'est qu'elles ont été le point de départ des études nouvelles de la renaissance, et particulièrement de Fabrice d'Aquapendente, qui a tiré de lui une partie de ses doctrines.

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