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AVENZOAR

Avenzoar est un médecin arabe qui naquit à Séville, où il vécut au commencement du xne siècle, à peu près au même moment qu'Averrhoes. On dit qu'il connut Avicenne. Sa carrière, trèslongue puisqu'il mourut, dit-on, à cent cinq ans, fut très-brillante, et il mérita le surnom de sage ou d'illustre. Non-seulement il connaissait la médecine, mais il avait étudié la chirurgie et la pharmacie, bien que ces deux dernières branches de la science fussent très-déconsidérées de son temps et qu'il dût se justifier de s'en être occupé, dans la crainte qu'on ne l'accusât d'avoir manqué à la dignité professionnelle.

Avenzoar fut un médecin très- distingué , dont les doctrines tiennent du naturisme par Galien qui les inspire, et de l'arabisme par la chirurgie, la pharmacie et la matière médicale de l'époque. Sprengel dit même que ses idées sur la cause qui conserve la vie et le mélange régulier des humeurs, malgré leur tendance à la putréfaction, sont d'autant plus remarquables qu'à cet égard il semble avoir tracé la route à l'immortel Stahl. En effet, il combat l'opinion de la supériorité de certains organes les uns sur les autres, et il ne veut accorder le premier rang ni au cœur ni au cerveau, parce que tout est lié dans le corps, et qu'il existe une intime connexion entre ces deux organes. Son culte pour Galien était excessif, car il le prend toujours pour guide dans ses théories médicales ; il le cite à tout propos, et plein de déférence pour cette grande autorité, il rapporte le fait suivant :

« Un jour qu'il était embarrassé par un cas difficile pour lequel il avait interrogé plusieurs médecins sans savoir quel parti prendre, il prit la résolution d'aller consulter son père qui demeurait dans une ville fort éloignée de la sienne. Le bon vieillard se contenta pour toute réponse de lui indiquer un passage de Galien, qu'il lui ordonna de lire, ajoutant que s'il ne venait point à bout, après l'avoir lu, de guérir cette maladie, il ne devait jamais s'attendre à réussir. Cet avis eut tout le succès qu'il pouvait désirer ; il guérit son malade; ce qui leur donna beaucoup de satisfaction à l'un et à l'autre. » (Éloy, loc. cit., t. I, p. 209.)

Avenzoar, dont l'ouvrage intitulé Thaisser compendiam est ana« lysé longuement par J. Freind, s'est beaucoup occupé d'ostéologie

DES NATURISTES — AVERRHOES — ACTUARIUS 259

pour traiter convenablement les luxations et les fractures. Il a ouvert un certain nombre de cadavres, et c'est ainsi qu'il est arrivé à indiquer l'anatomie pathologique des abcès du médiastin, de la péricardite, de Phydropisie du péricarde, et des concrétions cardiaques iibrineuses, qu'il appelle polypes du cœur (J. Freind, loc. cit., 2e partie, p. 42, 46 et 47). — Il s'est occupé de la dysphagie, pour laquelle il conseille l'usage de lavements nourrissants auxquels il attache une grande importance, sans savoir que si les lavements nourrissent c'est que le gros intestin a aussi ses chylifères (J. Freind, loc. cit., 2e partie, p. 53). — On lui doit aussi des remarques sur la sensibilité des os et des dents, fait jusqu'alors contesté; sur la phthisie que produit l'ulcération de l'estomac ; sur une maladie causée par des excroissances de l'estomac; sur l'angine produite par la paralysie de l'œsophage; sur l'aphonie en rapport avec l'engorgement squirrheux de la langue; sur la bronchotomie ; enfin, sur le trépan, sur les calculs urinaires et sur différentes parties importantes de la chirurgie.

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