‹ Histoire de la mâedecine et des doctrines mâedicalesChapitre 80 sur 119 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

WERLHOF

Werlhof, né à Helmstadt en 1699, élève deMeibomius et de Heisler, pratiqua longtemps à Hanovre et fut nommé, en 174-0, à la cour de cette ville comme premier médecin du roi d'Angleterre. Il mourut en 1767.

On le range parmi les Empiriques parce qu'il a beaucoup écrit pour démontrer la futilité des arguments fondés sur la théorie et pour soutenir qu'il ne fallait s'appuyer que sur l'expérience. C'est lui qui, après avoir prouvé combien étaient vaines les controverses élevées sur l'essence et les causes prochaines des fièvres, raconte cette anecdote tant de fois reproduite à propos des vertus du quinquina. « L'Empirique Talbot fut un jour appelé auprès d'un malade atteint dune fièvre chronique. Les médecins qui donnaient des soins à ce malade depuis longtemps, sans avoir obtenu aucune amélioration, n'ayant consenti à l'admettre en consultation qu'avec beaucoup de répugnance, aussitôt qu'ils furent assemblés, le doyen des consultants adresse gravement à Talbot cette question : Qu'estce que la fièvre? — La fièvre répond révérencieusement celui-ci est une maladie que je ne sais pas définir, mais que je sais guérir; vous qui peut-être la définissez, vous ignorez comment on la guérit (1). »

Werlhof a publié un grand nombre d'écrits et de mémoires où se montre un réel talent d'observation. Parmi eux il faut surtout mentionner son travail sur la maladie tachetée héuwrrhagique qui porte son nom — de morbo maculoso hemorrhagico singulari. — C'est ce qu'on appelle maintenant le purpura hemorrhagica.

Dans cette maladie, différente du scorbut parce qu'elle ne s'accompagne pas du gonflement et du ramollissement des gencives ni des plaies gangreneuses des membres, il n'y a que des taches hémorrhagiques de la peau et des muqueuses rarement avec hémorrhagie extérieure. Elle existe avec ou sans fièvre, et peut être grave par la faiblesse générale qu'elle détermine. — Dans le cours des maladies chroniques elle est toujours d'un fâcheux pronostic et annonce la mort. C'est une espèce nosologique distincte acceptée de tous les médecins.

(1) Werlhof, Observationes de febribus. Sectio VI, § III.

Page 1