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TRAITE DE LA DYSENTERIE

En 17G5, la dysenterie qui ravageait divers cantons de la Suisse, parut dans le canton de Berne et dans certains villages, fit périr en deux mois 64 personnes, une fois et demie autant de personnes qu'il en mourait dans un an, alors que la mortalité habituelle n'était que 50 par an dans la localité.

La terreur fut générale.

Le mal débutait sans prodromes, surtout dans tes cas dangereux, ou venait par degrés. Il commençait par des frissons, suivis de chaleur, de prostration, de gastralgie, de nausées, de coliques, de vomissements, de diarrhée, avec ténesme, matières vertes, blanchâtres, ensanglantées, 20, 50, 200 évacuations par jour, puis un grand affaiblissement et la mort.

Un enfant dans le sein de sa mère en fut attaqué avec elle, et mourut dysentérique au troisième jour de sa naissance.

Il indique comme causes du mal, la température, l'usage des fruits acides réputés dysentériques et qui ne le sont pas, les effets de la dépression morale (Bataille de Dettingue, 1743), les campements et l'agglomération , fait déjà cité par (Pringle).

Il parle des lésions anatomiques du rectum, du colon, de l'intestin grêle et des glandes du mésentère, mais ces altérations ne sont pas données comme étant bien constantes.

Après une étude de symptômes peut-être insuffisante , contenue en 10 pages, il y a ensuite un traitement très- détaillé et prolixe de 90 pages environ.

Zimmermann commence par conseiller les vomitifs et les purgatifs doux et acides, pour évacuer la matière peccante (chap. IV, paragraphe 2), quelques toniques, de l'air pur, de l'eau d'orge et de riz, mais pas de beurre, d'huile ou de graisse pouvant favoriser la putréfaction.

Comme moyen préventif, il propose les boissons abondantes froides, et du petit-lait, pour empêcher la propagation de la dysenterie qu'il regardait comme contagieuse; déplus, il fallait éviter l'odeur de l'haleine et des excréments des malades; et aux moindres symptômes de malaise on devait prendre un vomitif ou un peu de crème de tartre. C'est là où il insiste sur l'utilité de ne pas avoir peur et sur les dangers de la frayeur.

D'autres médecins ne voulaient pas évacuer la matière bilieuse putride et la prétendaient retenir par les astringents. « Les cheveux lui en dressaient sur la tête f> et il blâme cette méthode (P. 552.)

Il raconte ensuite qu'ayant été chargé par le conseil de santé de

Berne «les malades du district de Wildenstein, on fit un avis au peuple qui ne fut pas é COU té, ce qui le blessa beaucoup. De là une dissertation sur l'ignorance, la routine, l'entêtement et l'avarice des paysans. (I\ 561 , 1

Dans une seconde partie, Ziininerinann recommence l'histoire de la dysenterie, dont il l'ait connaître les espèces. Il admet :

Une dysenterie inflammatoire;

— bilieuse ou putride, la plus commune;

— maligne ;

— chronique.

Traitement de la lre. — Saignée, lavements d'orge 3 fois le jour

et adoucissants et plus tard toniques.

— de la S"6. — Vomitif et purgatifs, puis toniques et

opium.

— de la 3me. — Air pur, saignée, pas de vomitifs, mais

quelques purgatifs doux, et du vin et quinquina, et astringents.

Vient ensuite la description de la dysenterie chronique qui est très-intéressante, et ce travail se termine par une dissertation sur quelques nouveaux médicaments et des spécifiques vantés par le charlatanisme et l'ignorance. (V. p. G1G.)

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