‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 104 sur 327 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

car Armand, dans une lettre adressée à sa grand'mère, Madame de Sainte-Croix, lettre qu'il a reproduite en ses mémoires, se plaignait amèrement de la décision paternelle.

Je certifie que la terre de Montataire n'est point sortie de ma maison depuis l'année mil quatre cens soixante six, qu'elle fut acquise par Arnoton de Madaillan, un de mes prédécesseurs, jusqu'en 1679, que mon fils (?j et moy l'avons vendue au sieur Billard, et que pendant ce dit temps elle a été possédée en ligne directe, de père en fils, sçavoir par Guichard de Madaillan, fils du dit Arnoton, acquéreur; par Guillaume de Madaillan; par Louis de Madaillan; par Jean de Madaillan ; par Isaac de Madaillan ; par moy Louis de Madaillan et par Armand de Madaillan, marquis de Lassay, mon fils, sans payer aucuns droits.

Fait à Paris, ce 27 décembre 1703.

Signé : Montataire (i).

L'acte de vente (vingt pages en parchemin) est aux archives de Montataire. En voici un extrait :

Haut et puissant seigneur, messire Louis de Madaillan de Lesparre, chevalier, seigneur, marquis de Montataire, Sainte-Croix et autres lieux... en la présence et du consentement de haut et puissant seigneur, messire Armand de Madaillan de Lesparre, chevaliers, seigneur, marquis de Lassay et autres lieux (celui-ci n'était ni présent ni consentant, ni même alors informé de la vente)... vend le château de Montataire (suit l'énumération) à noble homme, messire Germain Billard, ancien avocat en la Cour du Parlement de Paris... au prix de 117.000 livres... »

Louis de jSIadaillan se dépouillait ainsi à bon marché (quoique cette somme représentât environ 600,000 fr. de notre monnaie) d'une magnifique terre dont il portait le nom, patrimoine précieux acquis et augmenté par ses ancêtres. Ce fut un caprice de sa part; caprice déplorable, résultat de sa grande irritation contre son fils avec lequel il était alors en procès. Non content de cela, il songea à se remarier, en 1682, à cinquante-neuf ans, six ans après la mort de sa femme. Il demanda et obtint facilement la main de Louise-Marie- Thérèse de Bussy Rabutin, fille du célèbre Roger de Rabutin

Page 1