Muse Historique, t. i, p. 128. Lettre du 18 juin 165I
MS la MAISON' DE MADAILLAN
Et son teint, très mal accoustré, N'est plus si frais ni si lustré.
Cela met l'époux en colère ; 11 peste, il crie, il dezespère ; Mais il devroit considérer (Au lieu de se dezespérer) Que quoiqu'un mal plein d'injustice A sa chère épouze ravisse Cette légère Heur du corps, Il luy reste d'autres trezors Dignes d'une immortelle flàme ; Assavoir une très belle ame X'ertu, sagesse, esprit, bonté, Q.ui durent plus que la beauté.
Mais je trouve mes vers ineptes.
De vouloir donner des préceptes, Autrement consolation, En si pressante aflliction.
Certes si j'étois à sa place Et qu'une pareille disgrâce Me fît sentir mesme rigueur J'enragerois de tout mon cœur (i).
Suzanne de Vipart mourut en 1676. De son mariage avec Louis de Madaillan était né un fils, Armand, qui fut le célèbre marquis de Lassay. Lorsque celui-ci épousa Marthe Sibour, le 11 février 1674, son père lui donna Montataire, estimé alors cent soixante mille livres, et de plus le logement pour lui et sa maison dans son hôtel à Paris. Mais ayant eu à se plaindre de son fils qui s'était remarié contre son gré, il lui retira Montataire et lui abandonna le marquisat de Lassay. La situation ne fit que s'envenimer et Louis de plus en plus irrité, cédant à un mouvement de mauvaise humeur vendit Montataire en 1679. Le 27 décembre 1703, dans une pièce que nous allons transcrire, il certifiait cette vente, affirmant que son fils y avait consenti. Cela n'était point vrai.
I. Loret, Muse Hisloriqut, ihid., t. i, p. î86. Année i6^j, is septembre.