‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 108 sur 327 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

des affaires politiques et militaires (i). Son plus grand défaut était d'aimer la chicane. On l'a qualifiée d'enragée plaideuse. Son père lui écrivait, le lo octobre 1689 : ^ Je viens d'écrire « au premier président de Novion, ma chère enfant. Mille « choses me font te trouver bien heureuse, mais ce dernier « événement achève de me convaincre de ta bonne fortune. '••' Il semble que le premier président de Novion n'attendoit à '■< se démettre de sa charge que quand tu aurois terminé les «c affaires où tu avois besoin de sa considération » (2). M'"'' de Sévigné parle souvent des procès de sa nièce qu'elle raille agréablement. Nous aurons à revenir sur ces débats de famille à propos du marquis de Lassav. Contentons-nous de transcrire ici, pour faire diversion, deux lettres piquantes échangées entre Bussj et sa cousine qui, on le sait, étaient restés longtemps brouillés à cause d'un portrait publié, en 1660, dans VHistoire ainoiirciise des Gaules, où la marquise, sous le nom de M"'" de Cheneville, est fort malmenée.

Du 2'-, avril i6S6. — De Bussv à Madame de Sévigné. M;i fille Montataire me vient d'apprendre votre rhumathisme. Madame, et que s'étant trouvée chez vous le jour qu'on vous alloit saigner, elle avoit offert son bras au chirurgien pour vous épargner la peine de la piqûre et ne doutant pas que la décharge du sang de Rabutin ne vous soulageât, de quelque source qu'il sortit; mais vous crûtes que ce seroit violer les droits de l'hospitalité et vous la remerciâtes de son offre... (3).

Du 14 mai 1686. — De Madame de Sévigné à Bussy.

Il est vrai que j'eusse été ravie de me faire tirer trois poilettes de sang du bras de la Montataire; elle me l'offrit de bonne grâce ; et je suis assurée que pourvu qu'une Marie de Rabutin eût été saignée, j'en eusse reçu un notable soulagement. Mais la folie des médecins les fit opiniàtrer à vouloir que celle qui avoit un rhumathisme sur le bras gauche fût saignée sur le bras droit; de sorte que l'ayant interrogée sur sa santé et sa réponse et la mienne ayant découvert la personne

I. Voir deux lettres d'elle, du il octobre i68S et 50 juillet i6i)o, au tome 6 des lettres de Bussy, pp. ib9, 170 et 546, 547.

=. Ibid., p. =80.

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