‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 134 sur 327 · CHAPITRE DEUXIÈME l6l · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME l6l

rons ; nous devrions bien connoître que nous ne sommes pas faits pour les créatures puisque nous ne demeurons qu'un moment avec elles et dans ce moment nous nous en lassons. La vie est trop courte, trop fragile et trop mêlée d'amertumes pour s'y attacher : on la doit regarder comme un passage et n'être ni surpris ni affligé quand on en sort; ce n'est point entre les vivants et les

morts que la distance est grande mais entre les élus et les réprouvez Etre

des êtres, j'ay mis en vous toute mon espérance ; mon sort est entre vos mains ; je suis votre créature ; ayez pitié de moy.

Il est permis de conclure que, malgré tous ses travers, Armand de Madaillan valait mieux que ne Ta dépeint Saint- Simon.

Le marquis de Lassay mourut le 21 février 1738, à l'âge de 86 ans. Nous ne savons pas où il fut inhumé.

Enfants du marquis de Lassay :

1° LÉON DE Madaillan-Lesparre, comte, puis marquis de Lassay, fils d'Armand de Madaillan et de Marianne Pajot, dont l'article suivra.

2" Adélaide-Marie-Constaxce de Madatllax-Lesparre, dite Mademoiselle de Lassay-Montataire, fille du premier mariage de son père avec Marie-Marthe Sibour. Elle épousa, le 5 mars 1690, Gaspard- Alexandre comte de Coligny, fils de Jean de Coligny (i) et d'Anne Nicole Cauchon de Maupas, et le dernier descendant de cette illustre maison. La branche dont avait fait partie l'amiral était déjà éteinte depuis 1649, P^^ ^^ mort du duc de Châtillon, et d'Henriette de Coligny (2).

Dans une lettre adressée au comte de Coligny au sujet de son mariage, Bussy-Rabutin qui déjà était son parent, disait : «... Vous « prenez une femme dans une maison où j'ai mis ma fille ; vous « voyez bien que ce redoublement de parenté nous doit encore

1. Jean de Coligny, baron de La Motte-Saint-Jean, avait été gouverneur d'Autun et lieutenantgénéral des armées du roi. C'est lui qui avait commandé les troupes envoyées par Louis XIV au secours de l'empereur Léopold, lors de la première campagne de Hongrie, et contribué à la défaite du grand vizir au passage de la Raab en 1664. Voir sur les Coligny : Histoire de la maison de Colignj, par du Bouchet ; Père Anselme ; Moréri, etc.

2. Saint-Simon, ibid.^ t. m, p. ^i, notes 2 et 3. — Henriette de Coligny avait été mariée au comte de la Suze dont Tallemant-des-Réaux (t. v, p. 210I, dit qu'il était « tout borgne, tout ivrogne, tout endetté. > Sa femme, protestante comme lui, ne l'aimait guère. Elle s'en sépara et se fit catholique pour ne pas s'exposer, disait-elle, à retrouver son mari dans l'autre monde.

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* unir davantage. Pour vous parler maintenant de la grandeur de « cet établissement, je vous dirai qu'il n'y a point d'officier de la *■ couronne qui ne fût bien heureux de trouver un aussi grand «■ parti pour la naissance et pour le bien que celui que vous " rencontrez. Je ne vous dis rien du mérite de la personne ; ccpen- <r dant j.'ai ouï parler d'elle comme d'une des plus jolies filles «■ de France. Bien de l'esprit et beaucoup d'agrément ne gâtent « pas un ménage (i)». Après les éloges, voici le correctif un peu cruel de Saint-Simon qui n'est guère d'accord avec Bussy sur les mérites et la beauté de la nouvelle mariée. * Quoique laide « elle a fait du bruit avec de l'esprit et de l'intrigue, méchante et " hardie. Elle se laissa mourir de douleur, pour en parler sobre- " ment, de la mort du dernier duc de La Feuillade „ ii).

Le comte de Coligny avait été dans les ordres, mais ayant quitté l'état ecclésiastique pour prendre l'épée, il devint maréchal de camp du régiment de Condé (3). Il mourut à 32 ans, le 14 mai 1004. Sa femme lui survécut jusqu'au 28 février 1725.

3° AxNE-LocisE-FÉLiciTÉ DE M.\d.\illan-Lesp.\rre, fille issue du troisième mariage du marquis de Lassay avec Julie, légitimée de Bourbon. Elle naquit le 24 juin 1697 et manifesta de bonne heure, comme son père, un caractère très indépendant. Dans le Recueil on trouve plusieurs lettres à elle adressées. Elles sont pleines de reproches et de bons conseils. ". Plût à Dieu, que votre bonheur dépendit de '< moi, vous n'auriez rien à souhaiter, mais il ne dépend que de « vous et j'ai bien peur qu'il ne soit en de bien mauvaises mains.

« Au nom de Dieu faites voirde la sagesse et de la raison, et

« suivez en cela les conseils d'un père qui a autant d'envie que « vous de vous voir établie et heureuse et qui aïantjplus d'expé-

« rience connoit mieux les moyens d'y parvenir Ce n'est point

'r par des paroles que vous persuaderez le public, mais par une " conduite droite, simple et unie et cette conduite seule vous « rendra heureuse. //

Elle épousa le 21 février 171S, Gabriel Simon comte d'O, marquis de Franconnille, seigneur d'Ilerbeuille et autres lieux après

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