CHAPITRE QUATRIÈME
passion du beau atrophia le simple amour du bien. L'austérité et la rudesse des mœurs féodales firent place à la mollesse et aux grâces d'un monde disparu que la culture des lettres grecques et latines avait ressuscitées. A la robuste croyance des preux succéda un scepticisme dissolvant qui resserrait l'idéal dans les contours des statues, les proportions des palais, les splendeurs des jardins. Hommes d'état ou de guerre, hommes de robe ou d'église, se laissaient emporter sur un fleuve enchanteur qui, remontant à travers les siècles, les ramenait au paganisme. 11 fallut la grande secousse de la Réforme pour réveiller les esprits et tout le sang versé pendant les guerres religieuses pour purifier les trônes et les autels.
C'est en 1504 que Geoffroy d'EstisSac, grâce au crédit de son frère, obtint le doyenné de Saint-Hilaire-le-Grand, devenu vacant par la mort de Pierre de Rochechouart, évêque de Saintes.
'< Louis XII écrivit lui-même une lettre de cachet au chapitre « de Saint-Hilaire pour le prier très affectueusement que, pour « amour de luy (il voulut bien élire pour futur doyen), monsieur « Geoffroi d'Estissac, son amé et féal conseiller et protonotaire « du Saint-Siège apostolique, tant pour les bonnes mœurs et « vertus qui sont en sa personne que en faveur des bons et « recommandables services que lui et notre amé et féal le sieur « d Estissac, son frère, nous ont fait et nous font par chacun fi. jour. Cette lettre, datée du 6 juin 1504, eut un prompt effet, « puisque Geoffroy d'Estissac prit possession de sa dignité dès le « 20 du même mois. » (i).
A cette époque, il était déjà prieur de Ligugé depuis plus d'un an (2). C'est en 1515 qu'il fut pourvu des abbayes de Cadouin et de Notre-Dame-de-Celles (3).
Il devint évêque de Maillezais le 24 mars 15 18. « Godefridus « d'Estissac ex nobili familia Aquitaniœ prognatus , pâtre « Johanne domino d'Estissac qtii Carolo Aquitaniœ duci régis « Ludovici XI fratri acceptus erat ; per resignationem Gard, de « Ltixemburgo renuntiatur antistes Malcacensis 24 martii 1^18
I. Dom Chamard, ibid., p. 218, d'après doni FoQteneau. 3. Ihid., p. 219.