‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 194 sur 327 · I. Dom Estiennot, cité par dom Chamard, p · texte numérisé non relu

I. Dom Estiennot, cité par dom Chamard, p

232 lA MAISON DE MADAILLAN

Parce qu'il est chevalier très iiardy, De corps, de bras, de jambes bien ourdy, Moïen de corps, et de la droicte taille Que les vouloit César eu la bataille (i).

l-u i=,-;4. Jean du Bellay, évoque de Paris, élevé au cardinalat par Paul 111 en 133s, fut envoyé à Rome par François 1"' pour négocier une entente entre Clément \'ll et Henri VlU, afin d'é\'iter la rupture imminente de l'Angleterre avec l'Eglise Romaine. 11 v séjourna longtemps à diverses reprises, ayant auprès de lui Rabelais comme médecin (2i. Une correspondance suivie s'engagea alors entre l'évêque de Maillezais et son protégé. Trois longues et très curieuses lettres de celui-ci ont été conservées. Elles sont datées des 30 décembre 1333, 28 janvier et 15 février 1336 et contiennent d'intéressants aperçus sur l'état de TEurope et de la cour de Rome ; des anecdotes piquantes et aussi des demandes d'argent.

Je suis contraint de recourir cncores à vos aulmones. Car les trente

escus qu'il vous plcust me faire ici livrer sont quasi venus à leur fin, et si n'en ay rien despendu en méchancheté, ny pour ma bouche, car je bois et mangeue ordinairement chez Monseigneur le cardinal du Bellay, ou Monseigneur de Mascon. Mais en ces petites barbouilleries de despesches et louage de meubles de chambre et entretenement d'habillements s'en va beaucoup d'argent, encore que je m'y gouverne tant chichement qu'il m'est possible. Si vostre plaisir est me envoyer quelque lettre de change, j'espère n'en user que à vostre service et n'en estre ingrat. Au reste, je voy en ceste ville mille petites mirelifiques à bon marché qu'on apporte de Cypre, de Candie et de (-onstantinople. Si bon vous semble, je vous en envoyeray ce que mieux je verray duisible tant à vous qu'à ma dite dame d'Estissac (5).

Connaissant le goût de son protecteur pour les jardins, il lui envoyait de Rome des graines destinées à son potager et, dans cette même lettre, avant de lui demander de l'argent, il prenait

I. Hpitrti morales et /itmiliéres du Traverser (Jean Bouche!). Poitiers, iH5i P>^''* in-folio. Ciuclques-unes sont reproduites par M. Louis Molaiid et doiii Chaniard.

î. Rabelais avait lîtudié et professé la médecine à Montpellier. II avait fait un cours sur L'An farva de Gallien et les Af'liorismes irHipl>o<rate qu'il publia .i Lyon, chez Sébastien Oryphe. I.'épitre dédicatoire est ainsi libellée : Epiilola nuncupatoria Apliorisnwriiiii Uippocralis, CItirissiiiw, Doctissinio qut viro D. OolefrrJo ab Esllssnco. MalleaccHiis Episcopo. (Moland. pp. ib et 655.1

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