CHAPITRE (lOATRIÈME
soin de flatter son amour propre. « Touchant les grenes que
« vous ay envoyées, je vous puis bien asceurer que ce sont les -se meilleures de Naples, et desquelles le Saint Père faict semer en « son jardin secret de Belveder. D'autres sortes de sallades ne ont « ils pas deçà fors de Nasitord et d'Arousse. Mais celles de Legugé « me semblent bien aussi bonnes, et quelque peu plus doulces et '< amiables à l'estomach, mesmement de vostre personne : car « celles de Naples me semblent trop ardentes et trop dures ni.
Les deux dernières années de Geoffroy d'Estissac furent empoisonnées par le chagrin que lui causa une affaire suscitée par des ennemis de sa famille et dont nous dirons quelques mots à l'article de son neveu Jean. Il mourut en juin 1542 " peut-être à Ligugé ". et fut enterré dans l'un des deux ou trois tombeaux que l'on '< remarquait encore, au milieu du xvii" siècle, dans l'église Saint-
'<; Martin Ainsi disparut de la scène du monde un homme qui
'< avait joui d'un grand crédit à la cour de Louis XII et dont l'es- « prit avait été goûté dans celle de François P'. Mais ni sa science, << ni son habileté dans les affaires, ni les éloges qui lui furent « prodigués par les lettrés, n'avaient pu lui donner cette rectitude « de jugement et cette conduite digne d'un évêque qui est une « sauvegarde contre la calomnie des hommes // (2).
Au commencement du xvir' siècle, du consentement de l'évèque de Maillezais, Henri d'Escoubleau, le prieuré de Ligugé fut ioint au collège des jésuites de Poitiers (^).
XII. — Bertrand de M.\daill.\x d'Estissac, sénéchal d'Agenais, sénéchal de Périgord, chambellan ordinaire du roi et son lieutenant en Guienne, maire et gouverneur de Bordeaux, était majeur à la mort de son père en 1482.
Le 18 novembre de la même année il reconnaît que
I. Lis Epitris de Maîstre François Rabelais, docteur en médecine, écrites fendant son z-ovao-e en Italie, Paris, chez Ch. de Sercy, 165 1.
î. Dom Chamard, p. 255.
3. Arch. dép. de Ja Vienne^ D 41. — Depuis 1S53, grâce à Monseigueur Pie, évéque de Poitiers, les Bénédictins sont revenus au monastère de Ligugé. Le R. P. prieur actuel, Doni Chamard, auteur de l'intéressant ouvrage que nous avons cité plusieurs t'ois, a bien voulu nous écrire et nous fournir de précieuses indications. Xous lui adressons ici nos plus sincères remerciements avec l'expression de notre respectueuse reconnaissance.
2^4 ï"^ MAISON DE MADAILLAN
" M. Léo Tudcri, procureur de nolile dame Catherine de " Champdenier sa mère est venu lui faire les quatre homma- '< ges, deux liges et deux plains, qu'elle doit à son très cher '< cousin Jean de Caumont, écuyer, vicomte de Montbahus et » seigneur de Lauzun, comme tuteur de noble et puis- '< sant Geofïroj d'Estissac son frère, seigneur du Bois-Pou- '< vreau » (i).
En avril 1490, il recevait, comme seigneur de Cahuzac, l'hommage de Jean de Bideran, damoiseau, sieur de Saint-Seurin et capitaine de Cahuzac (2). Il obtint des faveurs signalées de Charles VIII, Louis XII et François I" et joua un rôle important pendant ces trois règnes. Il fut écuyer de Charles VIII et l'accompagna à la conquête du royaume de Naples ; suivit Louis XII à celle du Milanais; prit une part brillante au siège d'Alexandrie (août 1499) et à celui de Salces en Roussillon (1503). '•< Loys bastard de Bourbon, La Rochebaron, le sei- " gneur d'Estissac qui là estayent firent merveille. »(3).
Le château de Penne en Agenais lui fut donné en 1504 (4). Il fut sénéchal d'Agenais (5). En 1S13, Louis XII le nommait sénéchal du Périgord (6). En IS14, Odet de Foix, gouverneur de Guienne, lui donnait des lettres de lieutenance au même gouvernement (7). François I" le nommait chambellan en 1516(8); maire et capitaine de Bordeaux en 15 17 (9).
Le 5 juillet- 1506 il avait signé à Saint-Jean-d'Angély, son