CHAPITRE QUATRIÈME
l'en aurait percé si le maire n'eut pris la fuite (i). Amos Barbot, dans son Histoire de la Rochelle, critique à chaque page les façons dures et impérieuses du gouverneur et tous les actes de son administration. Voici en quels termes il salue son départ.
Surlafin de cette mairie [de cette année 1558] le seigneur d'Estissac qui estoit lieutenant du roy en Xaintonge, cette ■ville et gouvernement, fut appelé de la part de sa majesté pour estre employé aultre part (en Poitou) à son service... Générallement les habitans de cette dite ville receurent un grand contentemant par les oppressions que le dit sieur d'Estissac leur avoit procurées en la construction de la cytadelle et aux maulvais traictements qu'il avait faict aux ungs et aux aultres, estimant les dits habitans que le roy avait eu esgard à leurs plaintes (2).
A propos de la citadelle construite sous l'administration de d'Estissac par ordre du roi, Amos Barbot dépassant toute mesure dit ceci : -r ... il n'estoit point besoing de la dicte cj- « tadelle... qui n'estoit poursuyvie et recerchée que pour « les passions et haines particulières du dit seigneur d'Es- « tissac (3) ».
Celui qui a écrit ces lignes, ardent apologiste de la Réforme, n'était pas sans doute dépourvu lui-même de passions et de haines religieuses. Il est permis d'atténuer un peu son témoignage et ses appréciations sur un des représentants du parti catholique.
Louis d'Estissac écrivait au roi, de La Brousse en Saintonge, le 13 mars 1558 :
Il y avoit dimanche dernier à Aulnay deux ou trois mille personnes assemblées pour ouyr le sermon d'un prédicateur qui a très mauvaise réputation. Et y voulant mectre ordre le curé dudit lieu, qui est l'ung des grands vicaires de Poitiers, il se trouva le plus foible, y ayant plus de pistoliers que de bons chrétiens... Je vous supplie très humblement ne trouver mauvais si plus tost je ne vous ay advert}' ;