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3. « Pour faire ce mariage on avait promis à Combaut, les revenus d'un évéché en Cornouailles ; de là ces vers :
« Pour épouser Rouet avoir un évéché, « N'est-ce pas à Combaut sacrilège péché, « Dont le peuple murmure et l'Eglise soupire ? « Mais quand de Cornouailles on vit dire ce nom, « Digne du mariage on estime ce don.
•? Et au lieu d'en pleurer, chacun n'en fait que rire. « Combaut se joua de la raillerie et fut fait en 1583 chevalier de l'ordre du Saint-Esprit *. (Brantôme, ibid., p. 405, note de l'éditeur.)
24'^ I \ MAISON DE MADAILLAN
mère de famille Elle éleva ses enfants avec toutes les attentions les plus louables ; administrant leur patrimoine pendant leur minorité, avec inie intelligence remarquable (i). Les s^alants et scabreux récits de Brantôme ne sauraient infirmer les hommages respectueux de Montaigne qui rend une justice éclatante à son dévouement et à son grand cœur. Il lui a dédié un de ses plus beaux chapitres : De VatJcction des pères û/ix enfants, au début duquel il a tracé le magistral portrait que voici. Il dit à propos des Essais :
Madame ayant à m'y pourtraire au vif, j'en eusse oublié un traict ti'importance, si je n'y eusse représenté l'honneur que j'ai toujours rendu à vos mérites. Et Tay voulu dire signamment à la teste de ce chapitre : d'autant que parmy vos autres bonnes qualitez, celle de l'amitié que vous avez montrée à aos enfans, tient l'un des premiers rangs. Qui sçaura l'aage auquel monsieur d'Estissac, vostre mary, vous laissa veusve ; les grands et honorables partis qui vous ont esté offerts, autant qu'à Dame de France de vostre condition; la constance, la fermeté de quoy vous avez soustenu tant d'années, et au travers de tant d'espineuses difficultez, la charge et conduite de leurs affaires, qui vous ont agitée par tous les coins de France, et vous tiennent encore assiégée : l'heureux acheminement que vous avez donné, par vostre seule prudence ou bonne fortune : il dira aisément avec moy, que nous n'avons point d'exemple d'affection maternelle en nostre temps plus exprès que le vostre. je loué Dieu, madame, qu'elle aye esté si bien employée : car les bonnes espérances que donne de soy monsieur d'Estissac vostre fils, asseurent assez que quand il sera en aage, vous en tirerez l'obéissance et reconnaissance d'un très bon enfant. .Mais d'autant qu'à cause de sa puérilité, il n'a pu remarquer les extresmes offices qu'il a receu de vous en si grand nombre ; je veux si ces escrits viennent un jour à luy tomber en main lorsque je n'auray plus ny bouche ny parole qui le puisse dire, qu'il reçoive de moy ce tesmoignage en toute vérité qui luy sera encore plus vivement tesmoigiié par les bons effets de quoy si Dieu plaist il se ressentira; qu'il n'est gentilhomme en France qui doive plus à ia mère qu'il fait, et qu'il ne peut donner à l'avenir plus certaine preuve de sa bonté et de sa vertu, qu'en vous reconnaissant pour telle... (2).
Les enfants nés du mariage de Jean de Madaillan d'Estissac avec Anne de Daillon, furent :