‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 24 sur 327 · GUILLAUME-AMANIEU DE MADAILLAN SIRE DE LESPARRE · texte numérisé non relu

GUILLAUME-AMANIEU DE MADAILLAN SIRE DE LESPARRE

E 25 février 1393, Florimond, sire de Lesparre, avait fait son testament que Baurein résume ainsi :

Il institua pour son héritier, Guilhem-Amanieu de Madaillan, son neveu, fils de sa sœur, à la charge de porter le nom et les armes de Lesparre. Il substitua cette terre aux enfants mâles de celui-ci et à leur défaut au Soudan de La Trau, son cousin-germain, fils de la sœur de Sénebrun, père de Florimond. Au cas que son cousin n'eut pas d'enfants mâles, il substitua cette terre au seigneur de Curton et à ses enfants mâles ; à défaut de ceux-ci, il la substitua à Bernard de Lesparre et à ses enfants mâles ; et à leur défaut, il veut que son plus proche lignager, selon le droit et la coutume, soit son héritier (i).

• Guillaume-Amanieu de Madaillan, déjà puissant seigneur de Rauzan et de Pujols, fut ainsi investi du nom et des armes de Lesparre et devint le maître de la première seigneurie de Guienne. Il recueillit sans conteste, la succession de son oncle, malgré les convoitises que devait exciter un aussi magnifique héritage.

Ce serait donc en réalité, depuis cette époque seulement, que les Madaillan auraient eu le droit de s'appeler Lesparre. Cependant, avant le testament de Florimond, ils ont pris ou on leur a donné ce nom. Sans parler des généalogistes qui ont commis, à ce sujet, de grosses erreurs, nous pouvons citer des lettres d'Henri 111 adressées à Guillaume de Lesparre en 1242 (2). C'était bien un Madaillan, et cependant le roi d'Angleterre l'appelle Guillaume de Lesparre.

M. Léo Drouyn rapporte également un acte du 19 janvier 1373, dans lequel GuiUaume-Raymond (ou Aramon) de Madaillan, père de

I. Variétés Bordelaises, t. i, pp. 152, 15). ». Rôles Gascons, X. 1, p. 3.

Guillaume Amanieu, est qualifie de seigneur do Lesparre, Pujols et Rauzan (ii.

Bernard de Lesparre qui était un Madaillan, chef de la branche d'Esti-sac, n'est jamais appelé Madaillan dans les actes qui le concernent, pas même dans son testament.

A cette anomalie, de prime abord assez surprenante, il faut une explication. M. Rabanis va nous la fournir.

Il y avait un grand nombre d"arrière-fiefs dans cette importante seigneurie ; et les vassaux qui les possédaient sont désignés dans les documents contemporains, par le titre de chevaliers de Lcparre. Ces chevaliers pouvaient être distingués en deux classes : premièrement ceux qui descendaient des branches collatérales de la famille des suzerains et en prenaient le nom ; secondement ceux qui y étaient étrangers, et qui suzerains de leur chef, n'étaient vassaux de Lesparre que pour les domaines qu'ils y tenaient à foi et hommage. Parmi ces derniers on trouvait les noms les plus illustres de la vieille Guienne (2).

Les chevaliers de Lesparre formaient nécessairement la première classe des tenanciers nobles de la Sirie. 11 n'y a pas de doute que cette classe ne fut formée,

au moins en partie, des descendants, en ligne collatérale, des anciens seigneurs

Le nom de Lesparre si souvent joint à celui des feudataires, ne laisse pas de

doute sur l'origine de la plupart d'entre eux ; et il n'est pas moins positif que pris collectivement, ils représentent les pairs du fief, c'est-à-dire les vassaux dont les terres mouvaient directement du tief dominant et qui, comme tels, devaient former, dans le principe, la cour de justice du seigneur. Ils correspondaient aux sept pairs du comte de Champagne, aux pairs de Liège, aux pairs du comté de Ponthieu (3).

Les Madaillan devaient rentrer dans la catégorie de ces chevaliers de Lesparre. Sans doute ils possédaient des fiefs dépendants de cette seigneurie ; étaient parents collatéraux ou alliés des sires de Lesparre. Certains d'entre eux portaient même, dès le commencement du xiV siècle, le lion de Lesparre dans leurs armoiries. Ainsi, Guillaume- Raymond de Madaillan, un cadet, quatrième fils de Amaulry de Madaillan et de Cécile de Durfort, comme nous le verrons dans la généalogie, place, en i'?28, sur une quittance de gages pour services de guerre, un sceau dont voici la description :

Sceau rond de 20 mill. — Ecu écartelé : au i et 4 un tranché au lambel ; au 2

Page 1