CHAPITRE CINaL'IÈME
Nous croyons, sans en avoir toutefois la preuve formelle, que ce Jean Peyrarède n'est autre que le poète latin auquel nous devons réserver une place dans ce livre. Cette famille avait des propriétés dans les environs de Nérac, au lieu de Pardaillan , juridiction d'E stussan, près Lausseignan et Barbaste . Un cadet des Madaillan s'y fixa par un mariage comme nous le verrons. François Peyrarède épousa Madeleine de Lusignan. « En la A'ille et cité de Bordeaux (acte sans date « mais de 1630) ont été présents messire François Peyrarède, « advocat en la cour de Parlement de Bourdeaux, fils naturel « et légitime de feu Pierre Peyrarède quand vivait cappitaine « gouverneur pour le roy du château de Bergerac, et de « damoiselle Jeanne de La Plasse, ses père et mère d'une part. « Et damoiselle Magdelaine de Lusignan, fille naturelle et « légitime de feu messire François de Lusignan, seigneur, « marquis dudict lieu, Galapian, Monbalen et autres places... '< et de dame Anne de Constantin » (i).
Jean Peyrarède, poëte critique, avait eu pour précepteur le savant Jean Cameron qui, en quittant Glasgow, sa patrie, vint enseigner à Bergerac au commencement du xvii* siècle et parut avec éclat parmi les protestants (2).
Jean de Peyrarède, gentilhomme protestant mort vers 1660. — Voir sur lui Moréri, Bayle, Leclerc et Joly et les auteurs cités par ce critique tels que Grotius, La Mothe-le-Vayer, Costar, l'abbé de Marelles, Huet, Baillet, La Monnoie. Bayle a reproduit deux passages du tome i des Œuvres Complcies de Balzac relatifs à Peyrarède, l'un emprunté à une lettre à l'avocat Moricet du 4 décembre 1646 (p. 70;), l'autre emprunté à une lettre à Conrart, du 2 janvier 1648 (p. 553) : Le scavcint Peyrarède y doit estre (à Paris)... il nous apportera ses conjectures, sur Plante et sur Martial, pour tnesler avec nos truffes et nos champignons. De tout cela et de beaucoup de sel et de poivre il ne se fera pas de mauvais ragousts... (3).
I. Documents inédits relatifs h l'Histoire de l'Agenais, par Ph. Tamizey de Larroque, p. 217. Document Lxxxiv, extrait des arch. du château de Xaintrailles, versées depuis aux arch. dép. î. Moréri, aux noms de Peyrarède et de Cameron. 5. Lettres inédites de Balzac publiées par Tamizey de Larroque. Paris, Imprimerie Nationale 1872,
9 20 l.A MAISON DE MADAILLAN
L'abbé Audieine dit que Jean de Peyrarède était né à Bergerac (i). Il est souvent question de lui dans les lettres de Chapelain. Nous n'en citerons qu'une.
M. de Peyrarède. — Monsieur, je ne suis pas assés ennemy de nioy niesme pour refuser le bien que vous ni'ofTrés, et je ne juge pas assés mal des choses pour m'imaginer que mon Stace peust estre enlaydi par les beautés que vous luy voulés redonner. Je vous l'envoyé donc et ne considère pas la demande que vons m'en faittes comme un emprunt, mais comme un présent d'importance, puisque vous ne le désirés que pour l'enrichir et luy restituer du vostre les diamans et les perles que l'injure des temps et l'ignorance des copistes lui avoient fait perdre. Désormais il ne sera que lumière après que vous lui aurés rendu ses brillans et que vous en aurés banni les ténèbres. Au reste, M. de Saumaise est un trop grand homme pour estre mis en balance avec moy. Il est l'objet de mon respect et de ma dôférence, et cette comparaison que vous en faittes est la seule chose que j'ay trouvée à dire dans vostre billet obligeant, puisque bien que ce ne soit que par compliment et bien loin de vostre pensée, ces grands génies, mesme par jeu, ne souffrent point de comparaison.
Je suis, monsieur, votre..., etc.
De Paris, ce 3 novembre 1640 (2).
Peyrarède s'était beaucoup occupé d'améliorer le texîe de Stace, corrompu par les copistes. Balzac, le 27 novembre 1645, racontant (A/r7<7«^ri' liisioriques, p. 719) la visite que venait de lui faire Peyrarède écrivait à (Chapelain ; // m'a parlé d'environ quatre ou cinq mille corrcclions sur Horace, Stace..., etc., el m'en a dit quelques-unes que véritablement j'ay admirées... L'abbé MaroUes {dénombrement où se trouvent les noms de ceux qui m'ont donné de leurs livres..., etc., à la suite des Mémoires, édition de 175% in-12, t. m, p. 335) mentionne les observations de Peyrarède sur Térence et ses hémistiches latins, achevant des vers de Virgile imparfaits, dédiés h la sérénissime Christine reine de Suède (3).
• En 1608, le 4 octobre, un Pierre Peyrarède confesse avoir reçu du baron de Mauvoisin la somme de 2,500 livres « en « laquelle il m'estoit redevable a cause de l'association que je '< lui avois faicte an party des droitz de lods, rentes, prelations
p. 317, note. — Il Lit l(>iii;ucincnt question de Peyrarède dans la lettre du 17 décembre i6.n, pp. 331, 331. — Dans une autre lettre du 1" décembre i().(6, Balzac l'appelle Le pocle de la Dorjogne, p. ^93.