CHAPITRE CINQUIEME 3 I J
XIII. — Elie de Madaillan, seigneur du Cauze, fils aîné d'Isaac de Madaillan, embrassa de bonne heure la carrière des armes et, après avoir brillamment servi, se retira pour prendre la succession de son père comme avocat, acquit une certaine célébrité dans cette profession et fixa pendant plusieurs années sa résidence à Bordeaux. Il est souvent question de lui dans les arrêts du parlement. Voici ce que disent à son
sujet les lettres de réhabilitation. « En considération des
« bons et agréables services qu'ils nous ont rendus, scavoir le « dit Elie de Madaillan au siège de Salces (i) ou il servit « avantageusement en qualité de capitaine pendant sa jeu- « nesse ; du depuis estant retiré à sa maison et ayant em- « brassé les lettres il a acquis un mérite extraordinaire de la « profession d'advocat en nostre parlement de Guienne qu'il « a exercée comme il fait a présent avec honneur et suffisance « pendant vingt cinq années ».
Son contrat de mariage est du 15 janvier 1632, passé devant Boulin, notaire royal à Bergerac (2). Sa future, Jeanne Peyrarède, était fille de Jean Peyrarède et d'Isabeau de Roussannes. On lui constitua en dot six mille livres et d'autres avantages. Isaac de Madaillan fît abandon à son fils de sa charge d'avocat du roi, promettant de lui en fournir les provisions dans trois ans. Cette clause ne dut pas avoir son effet, car nous ne voyons point Elie avocat du roi à Bergerac. Il lui donnait, en outre, de concert avec sa femme Anne de Martin, la moitié de tous leurs biens s'en réservant l'usufruit ; lui assurait son logement et entretien dans son domicile, et au cas d'incompatibilité, lui promettait la jouissance d'une pro-
1. Ville forte du Roussillon prise et reprise par les Français aux Espagnols en 1639 et 1642.
2, Arch. de la famille,
-iS LA MAISON DK MADAILLAN
priété voisine de Bergerac et celle d'une autre maison en ville.
Elie est nommé dans de très nombreux actes cjui sont aux archives de la famille ou dans les dépôts publics et qu'il est inutile de signaler ici. La plupart touchent à des questions de procédure ou à des arrangements de famille qui offrent un médiocre intérêt. En i058,il était en procès avec Jean Domenget sieur de Malaugier et, le ii décembre, les jurats de Bergerac avaient à intervenir dans cette affaire. Il est cité parmi les créanciers de cette ville dont l'énuniération est faite dans un acte du 29 juillet 1669 (i). Comme son père il fut très attaché à l'Eglise réformée et la famille Peyrarède, à laquelle il s'était allié, occupait à Bergerac une situation prépondérante dans le parti protestant. Elle était à cheval sur la bourgeoisie et la noblesse et si nous nous en occupons particulièrement, c'est parce qu'elle a été, pendant près de deux siècles, liée par le sang, l'affection et les intérêts, avec la famille de Madaillan.
Le Livre des Chroniques conservé aux archives municipales de Bergerac nous fait connaître plusieurs Peyrarède exerçant des judicatures importantes au xvi" siècle. Au début du xvii" siècle, le capitaine Pierre Peyrarède était gouverneur, pour le roi, du château dé Bergerac. Il fut le père de François Peyrarède dont nous allons parler et aussi sans doute de Jean Peyrarède, beau-père d'Elie de Madaillan. Un Jean de Peyrarède fut témoin le 17 octobre 1602, au mariage de Henri de Caumont, sieur de Castelnau, iils de Nompar de Caumont, et de Charlotte deGontaud Biron, avec Marguerite d'Escodéca, « demoiselle de Cugniac // (2).