ERREURS AUXQUELLES A DONNÉ NAISSANCE LE TITRE DE SIRE DE LESPARRE
jN des bienfaits les plus appréciables de la législation moderne, est assurément l'organisation de Y Etat-civil qui constitue la garantie rigoureuse de l'identité des personnes et de la cohésion des familles. Préciser la naissance, le mariage, le décès, c'est résumer, en trois actes, et par trois mots, toute la courte existence de l'homme. Nos descendants n'auront pas, comme nous, à se débattre au milieu du chaos; à tâtonner dans la nuit, pour reconstituer le passé. Chaque maison particulière trouvera le sommaire de son histoire écrit à la maison commune. Mais peut-être l'étude du papier timbré sera-telle moins attrayante que celle des parchemins.
Le titre de sire de Lesparre, comme celui de baron de Madaillan, a donné lieu à des méprises nombreuses qui ont fait tomber les généalogistes et les historiens dans de grosses erreurs. Comment aurait-il pu en être autrement puisqu'ils ont ignoré que Guillaume-Amanieu de Madaillan étant mort ne laissant qu'une fille, la substitution était ouverte suivant les clauses du testament de Florimond. « Le Soudan « de La Trau, appelé en second lieu était mort ; son fils nommé le « Soudic, était également décédé ne laissant qu'une fille, mariée à « Bertrand, seigneur de Montferrand ; le seigneur de Curton appelé « en troisième lieu, était décédé sans enfants mâles, ainsi que Bernard « de Lesparre » (i). Ici l'abbé Baurein se trompe. Bernard de Lesparre, seigneur de La Barde, était bien vivant au moment du décès de son oncle Guillaume-Amanieu, et son testament prouvera qu'il a laissé des enfants dont les descendants en ligne directe ont formé la branche Madaillan-d'Estissac. Nous verrons aussi comment Jeanne d'Armagnac