‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 263 sur 327 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

mariage àa marquis de Lassay, son mémoire manuscrit pour être chevalier du Saint-Esprit et beaucoup d'autres documents d'une haute importance, relatifs à ses enfants et à plusieurs Madaillan-Montataire, se trouvassent aux archives du Cauze, ainsi qu'un des premiers exemplaires de son jRecueil de différentes choses, émondé, annoté et corrigé par lui-même ? Ces précieuses épaves d'un chartrier qui, avant 1793, devait être fort riche justifient nos conjectures. Certainement, il a existé des relations entre les descendants d'Arnaulton et ceux de Gilbert. Ceux-ci n'auraient pas osé, sans un droit réel créé par un héritage ou par une autorisation spéciale, fut-elle capricieuse, s'emparer d'un nom aussi connu, aussi brillant, et qui, à défaut de cette survivance, très légitime selon nous, serait éteint depuis deux siècles. Les Madaillan du Cauze n'ont point porté le nom de Lesparre. Ils en avaient le droit cependant plus encore que les Madaillan de Montataire qui étaient leurs cadets.

Comme son père, comme son aïeul, Jean de Madaillan resta très attaché au protestantisme. Nous avons entre les mains beaucoup d'actes qui le concernent ; nous n'en retiendrons que son contrat de mariage et son testament. Le premier, magnifique expédition sur un seul parchemin est, au point de vue paléographique, le plus beau document que possède la famille de Madaillan. Pour plus d'exactitude nous allons donner la copie textuelle du premier paragraphe de ce contrat rédigé par Choppin, notaire royal.

Comme ainsy soit que mariage soit este traité et non encore solemnise, entre noble Jean de Madaillan ecuver, seigneur de Malroumes (i) et de Montatere fils de Monsieur M*" Elie de Madaillan écuyer sieur du Cauze advocat en la cour de parlement de Bordeaux et de fûe damoiselle Jeanne de Peyrarède habitant dudit

I. Nous ignorons à quel titre Jean de Madaillan se qualifiait seigneur de Malromet.

lieu du Cauze d'une part : — ïït Marguerite de La Guehay damoiselle lille de fii Monsieur .M" Jean de La Guehay sieur de la Coste advocat en ladite cour de parlement et de damoiselle Anne de Martin ses père et merc d'autre : Et de tant qu'il

est de coutume de porter dot par les femmes en faveur des hommes

A cete cause est-il, qu'aujourd'huy dix-huitième du mois de juin mil six cens soixante huict après midi, a Clayrac en Agenois et maison de ladite damoiselle

de Martin, régnant ont ete présens lesdits sieurs de Madaillan et ladite

damoiselle de La Guehay les quels procedens de l'advis, vouloir et consentement, svavoir ledit sieur Montatere dudit sieur Madaillan son père a ce présent, habitant la ville de Bourdeaux, et noble Alain de Geneste ecuyer conseigneur de Maleroumes et de la Garde, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roy, gendre dudit sieur Madaillan : Et ladite damoiselle de La Guehay de ladite damoiselle de Martin sa mère; Monsieur M" Anthoine de La Guehay advocat en ladite cour de Parlement son oncle paternel ; M*^ Pierre David docteur en médecine son oncle maternel ; Noble André de Bacalan ecuyer seigneur de Belehade et Monsieur M« Daniel Lartigue et autres leurs parans et amis lesdites parties se

sont promis épouser en l'église prétendue reformée etc. (i).

Elie donnait à son fils la moitié de tous ses biens avec certaines réserves pour résider au Cauze quand bon lui semblerait. Il ratifiait une donation antérieure faite à Jean devant Bérard notaire royal à Eymet. Marguerite de Laguehay recevait une dot de 10.000 livres et se constituait les biens venant de son père. Indépendamment de la dot, sa mère lui faisait abandon de tous ses droits sur les biens d'Unet et d'Ayet (21 se réservant d'aller vivre au Cauze auprès de sa fille, moyennant une pension annuelle de 400 livres et gardait par devers elle une somme de 3.000 livres pour pouvoir en disposer à son gré..., etc.

Au bas de ce contrat il y a deux notes ajoutées plus tard et signées : Madaillan de Montatere. Dans la première il constate que son père lui fait, en 1672, donation universelle de tous ses biens non donnés, aux réservations énoncées dans l'acte qui est retenu par Elie Deschamps notaire à Eymet. Cette dona-

I. Arch. tlép. Agen, B. 80. Insinuation ilu 10 nurs 1(170. î. Commune de Tonneins.

CHAPITKE CINQUIEME tjoj

tion est acceptée par M. de Malromet et par Marie de JMadaillan sœur de Jean. La seconde note est ainsi conçue : « Le premier juin 1673 j'ay fait mon testament clos contenant « acte de réception au dos écrit par feu Bérard notaire royal, « C[ue j'ay retiré et ce jourd'huy 27® may 1674, voulant aller « paroistre en la convocation généralle des gentilhommes de « ceste province et laisssant ma femme en état de s'accoucher « dans quinze jours prochains j'ay fait un codicile retenu par « Deschamps notaire auquel j'ay remis l'original dud. testa- « ment clos pour y avoir recours sy le cas y echeoit. »

Jean de Madaillan fit de bonne heure plusieurs testaments qui diffèrent suivant le nombre et le sexe des enfants qu'il eut de Marguerite de Laguehay. Nous ne nous occuperons que du dernier, fait le 15 juillet 1678. Dans celui-là, comme dans les précédents, il dit :

Je donne et lègue aux anciens et diacres de ceux de la R. P. R. de la Sauvetat la somme de trente livres annuellement pour être employée à l'entretien du ministère de ladite église et ce tant et si longuement qu'il plaira au bon Dieu conserver l'exercice de lad. Religion Refformée aud. lieu, ou qu'il y aura un ministre affecté par le synode pour la consolation des fidèles... recueillis dans la juridiction ; moyennant laquelle somme mes héritiers ne seront pas taxés pour l'entretien dud. ministère. Je donne et lègue la somme de cinquante livres une fois payée, six mois après mon décès aux dits diacres et anciens de ladite église pour ycelle employer à tel usage pieux qui sera par eux advisé, prenant l'avis du consistoire et particulièrement aux pauvres honteux, m'en remettant à leur prudence et bonne conscience ; outre je leur baille tout l'argent qui se trouvera dans un tronc que j'ay dans mon cabinet destiné pour recueillir les aumônes et charités que nous faisons aux pauvres pour être par eux distribué en la manière cy-dessus ; moyennant lequel légat... ma femme et mes héritiers, demeureront à l'avenir deschargés de tous gages dudit ministère et de toute augmentation pour quelle cause que ce soit sauf qu'elle soit volontaire. Je veux aussy qu'outre ladite somme de cinquante livres mes héritiers payent incontinant après mon décès à ladite église l'intérest à l'avenir au denier vingt de la somme de cinquante livres d'un légat fait aux dits anciens et diacres par feu mon père, suivant Tordre verbal qu'il m'en donna, à commencer depuis le jour de mon décès ayant payé le passé aux pauvres.

3 = 8 LA MMSOS nE MADAIl.LAN

Il dit être marié avec Marguerite de Laguehay et la nomme tutrice administraresse de leurs quatre enfants vivants : Anne, Marie, Henry-César et Isaac de Madaillan. Il veut que sa femme, dont il a reçu une infinité Je bons et agréables services et des marques extraordina ires de bonté, soit usufruitière de tous ses biens ; qu'elle élève honnêtement leurs deux filles et '< particulièrement lesdits Henry-César et Isaac « de Madaillan, priant ma dite femme de les envover avant « qu'ils n'aient l'aage de dix ans à l'aj-adémie de Saumur pour « y faire toutes les humanités et leur philosophie... //. 11 donne à sa femme tout l'or, argent, monnaies, pierreries, vaisselle d'argent, armes et chevaux qui se trouveront à son décès soit au Cauze soit dans ses maisons de Gaillard et de Lapeyrete ; lègue cinq mille livres à chacune de ses filles, quinze mille livres à Isaac son second fils et institue son héritier universel Henry-César son tils aîné..., etc.

Jean de Madaillan signe comme jurât à La Sauvetat en 1676 et 1680; il était mort avant le 2 juin 1683, car sa femme est dite veuve dans l'hommage qu'elle rendit au roi à cette date. Le 25 mai 1693, elle fit un aveu et un dénombrement pour la maison noble du Cauze comme mère administraresse de ses enfants. Dans cette longue énumération et description de ses biens qui étaient considérables, figurent les domaines de Barbe et de Cazeaux, la métairie du bourg d'Agnac, ainsi que de nombreuses redevances sur d'autres propriétés. Dans les confrontations il est question de Pierre de Madaillan, sieur de Meyrac, du seigneur de Coyssel, de Madaillan- Laval..., etc. (i).

Le 2 septembre i()8s eut lieu au Cauze une abjuration col-

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