CHAPITRE CINQUiKME
ment de nostre très cher et bien aimé cousin le maréchal de Turenne il auroit donné des marques de son courage au siège de Dunkerque et en particulier à l'attaque de la contrescarpe ou il commandait les trouppes qui y furent envoyées, et comme on l'emportoit il fut atteint d'une mousquetade qui le porta à terre roide mort, le xviii" du mois de juin de l'année dernière 1658, n'ayant pas encore atteint sa vingt-unième année.
3" Marie de Madaillan, qui épousa noble Alain de Geneste, baron de Malromet, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi, fils de feu Jacob de Geneste et de Catherine du Plantier. Le contrat fut passé au château du Cauze, le 28 octobre 1647, devant Béraud notaire royal à La Sauvetat. La dot était de 7000 livres. Assistèrent : [ean de Paloque, écuyer, sieur de Pedelmas, cousin : Pierre de Madaillan sieur de Cazeaux ; Pierre de Madaillan, avocat en la cour ; Pierre de Brion sieur de Bretoux (i) etc. Le mariage fut célébré en l'église réformée. Au contrat de mariage de Jean de Madaillan que nous verrons plus loin, Alain de Geneste son beaufrère est qualifié seigneur en partie de Malromet et de La Garde. Il était mort avant le 26 février 1677, car, à cette date, Marie de Madaillan, sa veuve, rendait hommage au roi, au nom de Henry- César de Geneste, leur fils, capitaine au régiment des fusilliers (2).
XIV. — Jean de Madaillan, fils aîné d'Elie est qualifié aux lettres de réhabilitation « .... actuellement à nostre service en '< qualité de nostre conseiller et secrétaire maison et couronne « de France de nos finances et advocat en nos Conseils « d'Estat... »
Il est le premier des Madaillan du Cauze qui prend dans les actes publics le nom de Madaillan-Montataire. Pourquoi? Est-ce, comme nous l'avons supposé plus haut, en vertu de l'héritage d'Etienne de Madaillan-Montataire, que ce nom aurait été relevé après la réhabilitation ? Est-ce par suite d'un accord avec les Madaillan de l'Ile-de-France? L'absence complète de documents sur cette question nous oblige à faire
I. Arch. Dép. Agen, B. 76. — Dossiers Bleus, V, 414, f» 35. s. Arch. Dép. Bordeaux, C. 8347.
toutes réserves. Mais il est difficile d'admettre que les deux branches n'aient pas eu de relations entre elles. Une quinzaine de Madaillan (i) appartenant à peu près par égales parts à l'une et à l'autre ont servi dans les armées de Louis XIV. Ils se sont nécessairement rencontrés dans les camps, coudoyés dans les mêlées et la fraternité d'armes a dû évoquer en eux celle du sang. Les enfants de Gilbert étaient dignes des enfants d'Arnaulton. Certes, nous venons de constater que les Montataire et les Lassay n'eurent pas à rougir de leurs cousins du Cauze. Des cadets, les circonstances et la fortune firent de grands seigneurs touchant de très près à la cour et aux faveurs royales. Les aînés restèrent gentilshommes provinciaux, souvent pauvres, éloignés des charges brillantes et des emplois fructueux ; mais le même sang coulait dans leurs veines et sur les champs de bataille ils pouvaient se reconnaître pour les descendants des mêmes ancêtres. Le commerce de Pierre de Madaillan n'éteignit pas chez ses petits-fils la flamme belliqueuse de la race et les fibres du patriotisme ne furent point atrophiées en eux par le sommeil passager de leur noblesse.
Louis de Madaillan irrité contre Armand de Lassay son fils, et qui vendit Montataire par caprice, à une époque correspondant à peu près à celle où les Madaillan du Cauze prirent le nom de ce domaine, n'a-t-il pas pu les y autoriser? Et Armand lui-même qui, malgré ses travers, n'avait ni méchanceté ni rancune, n'a-t-il pas accepté et ratifié le fait accompli ? Comment expliquer sans cela, sans l'existence de rapports affectueux, que des actes tels que le contrat de
I. Nous soiuiu.s au-Jessous de la vérité car, parmi ceux qui vivaient à cette époque, il y en a beaucoup qui avaient certainement embrassé la carritre des armes mais dont nous ne connaissons pjj les états lie seiA'ice.