‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 30 sur 327 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

titre de curiosité et sans vouloir en déduire une

conséquence quelconque, nous donnons ici les

premières lignes d'un mémoire manuscrit qui

se trouve dans les Archives de la famille de

Madaillan (i).

C'est sans doute pour rabatre l'orgueil de ceux qui en portent l'extravagance assés loin pour vouloir pousser l'ancienneté de leur noblesse jusqu'au tems du déluge qu-'on veut assurer que les noms ne sont devenus fixes et atachés aux familles que depuis Philippe-Auguste, car il est certain que longtems auparavant il s'en trouve dans les histoires, comme par l'exemple, ceux de Montmorancy et de Madaillan dont on voit porter le premier, sous le Roy Clovis par un homme que notre histoire qualifie de premier Baron Chrétien, et l'autre par le procureur ou lieutenant de l'Empire sous l'Empereur Dioclétian, lequel condamna mesme par l'ordre de cet Empereur quelques chrétiens à soufrir le Martire dont la condamnation se voit raportée dans le Martirologe en ces termes : quia tempore Diocletiani condemnati fuerunt a Magdaliano procuraiore.

Il est vray cependant que ny ceux qui portent le nom de Motmorancy ny ceux

I. Ce document existe à la Bibl. Nat. Dossiers Bletis, vol. 414 C'est le mémoire, déjà cité, fourni par le marquis de Lassay en 1724. L'exemplaire que nous avons sous les yeux est, suivant toutes les yraisemblances, le brouillon de ce mémoire venu, on ne sait comment, des papiers du marquis de Lassay dans ceux des Madaillan du Cauze.

qui portent le nom de Madaillan ne sçauroient prouver qu'ils soient descendus de ceux qui le portoient sous Dioclétian et sous Clovis, ceux-cy niesme auroient peine à pousser leurs preuves audela d'un Bouchard qui vivoit longlenis depuis Louis le Gros, et qui dans un teins de révolte s'étoit rendu le maître de Montmorancy don il prit le nom, il épousa l'héritière d'Avaine en Flandre ; et les autres se contentent de vouloir prouver l'ancienneté du leur parle procurateur ou lieutenant de l'Empire, mentionné dans le Martirologe, qui le portoit, sans vouloir dire ny persuader qu'ils en descendent quoiqu'étant originaires d'Aquitaine, où plusieurs colonies Romaines se sont allé habituer ils pussent de cette conjecture en fabriquer la chimère de leur Maison a l'exemple de tant d'autres qui en donnent aux leurs de plus mal fondée encore : mais pour eux ils n'ont la vision ny le vain ridicule de se faire une origine pareille à celle-là, la quelle ne pourroit jamais être prouvée par aucune conjecture ny vraisemblance qui pussent paroître admissibles. C'est pourquoy ils se contentent d'avancer seulement de la leur ce qu'ils en peuvent justifier... etc.

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