I. Boneffe
■;()4 I A MAISON DH MADAILLAN
V. A. S. est entièrement informée de ce qui a passé la Meuse et qui est depuis Salsène jusques à Bonge, à ce que vient de me dire un home que j'avois envoyé sur le lieu.
ï8 juillet i('74.
10 heures matin.
Monseigneur, j'envoye à ^'. A. S. la copie d"un billet qui m'a esté envoyé tout présentement d'un homme que je tiens à Namur.
Il arrive à ce moment quatre soldats des troupes de Munster, qui ont resté à Chyney, qui asseurent que hier il est party de Chyney de l'artillerie qui est alée à Namur escortée par quelques troupes qui estoit venues pour cela, et c'est aparamant ce que le courrié de Liège dit avoir vcu marcher hier come j'ay eu l'honeur de l'escrirc à V. A. S.
30 juillet 1674.
Monseigneur, des 460 charriotz que j'avois demandés aus villages il n'en est venu que soixante-dix-neuf. Ils sont sy acoustumés à ne pas obéir qu'on ne pourra jamais s'en servir sy on ne les châtie. M. de Gourville pourra dire à V. A. S. que j'avois fait sortir les farines des magasins pour estre en estât d'estre chargées en diligence sy les charriots ordonnés fussent arrivés. 11 pourra mesme dire à V. A. S. la quantité des farines et des grains qui restent dans nos magazins sy les villages qui ont manqué d'anvoyer les charriotz estoient une fois chastiés, il est assuré qu'on ne tomberoit plus dans le mesme inconvéniant d'aujourd'huy et on pourroit facillcment voiturer les restes de nos farines. Les moulins dont on ce peut servir ne peuvent rendre que 50 cestiers de farine par jour suivant ce que le comis de vivres m'a dit devant M. de Gourville. Je suis, Monseigneur, au désespoir que cette voiture n'aye esté comme V. A. S. l'avoit ordonné. Je la supplie très humblement de me faire l'honneur de croire qu'il n'a pas tenu à mes soingz. Les soixante et dix neuf charriotz que j'ay peu avoir portent 844 sacz.
51 juillet 1674.
7 heures du soir.
Monseigneur, je viens tout présentement d'avoir avis qu'après que les troupes de Muster qui avoit resté à Sivré, ont esté jointes ce matin par un corps de cavallerie, le tout à marché tirant vers Havelange et on dit qu'elles vont du costé de Bonne (i). Cet avis m'a esté donné pour assuré par un homme que je tiens à Dinan ; mais cette nuit ou demain matin j'en aurai d'autres avis par un exprès que j'ay envoyé ce matin.
J'ay envoyé des ordres pour avoir des chariots pour voiturer toutes les farines et les bleds qui sont icy, à la réserve de ce que V. A. S. a donné ordre qui restât icy, ainsy tout partira après demain matin sans faute, car j'espère que les ordres que V. A. S. m'a envoyé fairont tout l'effecs possible sans quoy il est assuré qu'on n'auroit peu rien faire.
i"^"" août 1674.
8 heures du soir.
Monseigneur, je n'eust pas sitost hier l'advis de la marche des Munstériens qui avoit resté à Chiney que je fist partir un courrier pour avecq plus de diligence en donner advis à V. A. S. Cependant je suis au désespoir qu'elle ne l'aye receu hier au soir et avant mesme celle qu'elle m'a fait l'honneur de m'escrire hyer au soir et comme j'ay eu aujourd'huy la confirmation de cette marche j'ay aussy en mesme temps fait partir un courrié pour en donner advis à V. A, S.; ainsy elle aura appris qu'ils ont marché du costé de Havelange, tirant vers Liège. J'ay donné hier et mesmes aujourd'huy les mesmes advis à Monsieur le marquis de Rochefort. Je feray partir d'icy un convoy de farines et de bleds. Pour mieux asseurer V. A. S. de la marche des Munstériens je luy envoyé un homme qui les a veu ce mattin dans leurs logements.
i«' août 1674.
Monseigneur, l'advis qui m'avoit esté donné hier de la marche destroupes de Munster qui avoient restées à Chiney vient de m'estre con-