‹ Histoire de la maison de Madaillan, 1076-1900Chapitre 316 sur 327 · I. Bataille de Senef, 11 août · texte numérisé non relu

I. Bataille de Senef, 11 août

L A MAISON LE MADAIILAN

diray seulement qu'il m'est arrivé icy que soissante et cinq charriots^ c'est pourquoy on comptera les sacs qui sont sur ces charriots et on retiendra autant de charrêtes qui sont icy depuis quelques jours qu'il en faudra pour faire la quantité des sèse cens sacs que V. A. S. m'a ordonné de tenir en estât de marcher au premier ordre qu'elle en donnera et on renvoyera le surplus des charrêtes à Rocroy pour les faire passer à Charleville et aus lieus qu'il faudra charger.

Philippeville, 27 août 1674.

10 heures soir.

Monseigneur, on m'a donné advis que Ton avoit donné ordre aux milices des terres d'Espagne voisines de Charlemon de ce rendre à Givé et comme aparamant c'est pour pouvoir ce servir de toutte la garnison pour tomber sur les convoys de Rocroy, j'ay cru en devoir donner advis à V. A. S.

Il y a le chasteau de Hierge ou nous avions garnison, mais qui depuis quelque tempz est en neutralité qu'il seroit bon de mettre deux cent bons hommes dedans et de mesme à ccluy de Vierve; ces deux postes tiendroit en bride ceux de Givet, comme ils ont fait tant que nous y avons eu garnison et jamais les ennemis n'oseroit aller sur le chemin de Rocroy crainte d'estre coupés par ces postes qui en effet le pourroit faire et qui de plus donneroient advis incontinent icy de tout ce qui sortiroit de Givet, outre la seureté des convois ces deux postes seroient d'une grande utilité tant que l'on travaillera à la démolition de Mariembourg, comme l'on va faire au premier jour.

J'ay cieu aussy devoir donner advis à V. A. S. que l'on ne peut se servir de l'infanterie qui est icy pour ocuper ces deux postes propozés à cause des grandes et fréquentes escortes qu'il faut tous les jours, joint que les compagnies sont extrêmement affoiblies par le nombre de malades qu'elles ont.

Monsieur de Renel escript à W A. S. sur le sujet de la sûreté des convois ainsy pour ne luy pas dire la mesme chose, j'ay creu lu}- devoir donner advis seulement de ce que j'ay l'honneur de luy escrirc.

Philippeville, 2S août 1674.

Monseigneur, le bruict court qu'il doibt arriver 200 chevaux à Givé cella joint à ce que j'ay eu l'honneur d'escrire cette nuit à V. A. S. marqueroit que les ennemis forment quelque dessaing sur les convoys de Rocroy et affm que Ion n'y soit surpris j'en ay donné advis à M. le chevalier de La Hillère affm qu'il ne fasse rien partir de Rocroy sans en avertir Monsieur de Renel de très bonne heure et sans que la cavallerie qui est icy ne soit arrivée à portée de Rocroy pour esviter le danger qu'il y pourroit avoir au passage de l'Hermitage. J'ai envoyé à Givé pour estre informé s'il y arrive des trouppes et je donneray advis à V. A. S. de ce que j'aprendray et en informeray M. de Renel et M. de La Hillère afin que l'on ce précautionne pour les convovs.

29 août 1674.

Monseigneur, sur le bruit des deus cens chevaux qui devoit arriver à Givè j'envoyay par trois différens endroits sur le lieu pour savoir ce que c'estoit et on vient de me raporter qu'il n'y estoit pas arrivé de cavalerie mais bien qu'il y estoit entré trois cens païsans.

Le château de Vierve n'est pas en neutralité mais bien celuy de Hierge y est; je croy que c'est par Tordre de V. A. S. car c'est par M. de Montai que cela c'est fait.

29 août 1674.

3 heures après midi.

Monseigneur, j'ay eu l'honneur d'escrire ce matin à V. A. S. qu'il n'estoit point A-enue de cavallerie à Givè, mais présantement je luy donne advis qu'un party de dragons que j'avois envoyé de la Meuze sur le bruict qu'il courroit qu'il devoit venir de la cavallerie aud. Givè me rapporte avoir rencontré de la cavallerie qui marchoit venant de Namur et allant du costé de Givè ; outre ça le courrier qui vient de Liège dit avoir rencontré cette cavallerie dans un village appelle Sorines près de Dinan, laquelle marchoit pour Givè au nombre, à ce qu'il a peu juger, de 150 chevaux que l'on dit estre les Crauates. Et à

mesme temps un homme que je tiens à Dinan m'escript et me confirme la mesme chose. J'envoye à Givet pour savoir quand ces troupes y arriveront, qui aparamant sera aujourd'huy. Messieurs de Renel et de La Hillere sont advertis de cccv.

7 septembre 1674

Monseigneur, je reviens tout présentement de Marienbourg pour voir ce qui s"y pourroit faire et à mon retour j'ay receu celle que V. A. S. m'a fait l'honneur de m'escrire en suite de mon mémoire et j'av envoyé les ordres pour avoir les païsans du pays et on y faira ce que V. A. S. ordone et mesme on rasera le plus de terre qu'on pourra pour oster l'envie aux ennemis de s'y poster et j'auray l'honeur de rendre compte à V. A. S. de ce qui aura esté fait.

Philippeville, 1 1 septembre 1674.

Monseigneur, j'ay receu celle que V. A. S. m'a fait l'honneur de m'escrire sur le service que je dois faire faire aux trois compagnies suisses et à l'escadron qu'elle a laissé icy. Je ne manqueray de faire ce que \'. A. S. m'ordonne sur ça, et par advance... [chiffre]... et n'employeray ses troupes avec pourtant celles de la garnison... [chiffre]... qu'il faut de nécessité... [chiffre]...- qui sont les mesmes... [chiffre]... serviront à deux fins.

Je suis extrêmement obligé à"V. A. S. de l'honneur qu'elle me fait de vouloir escrire à Monsieur de Louvov en ma faveur et la supplie encore très humblement d'avoir cette bonté pour moy.

Philippeville, 12 septembre 1674.

Monseigneur, j'ay receu celle que V. A. S. m'a fait l'honneur de m'escrire avec la coppie de la lettre de Monsieur Damoresan. Et comme il n'est pas icy, j'envoye des ordres dans les villages pour assembler en cette ville les charriotz que "V^. A. S. m'ordonne d'y assembler et je leur marque destre icy le 14'" de ce mois, parce qu'il

faut bien leur donner ce tempz pour s'y rendre et mesmes je crains fort qu'ils n'obéiront pas ponctuellement. Vendredy au soir qui est le jour qui leur est limité je rendray compte à V. A. S. de ceux qui s'y seront rendus. Et comme peut estre il en pourra venir le jour d'après, je ne manqueray aussy de le faire savoir à V. A. S. croyant bien que tous ceux qui y devront venir y seront assemblés pendant le 14 et le 15 de ce mois. Je fairay, Monseigneur touttes les diligences possibles pour que cella soit.

Philippeville, 13 septembre 1674.

Monseigneur, j'ay receu celle que V. A. S. m'a fait l'honneur de m'escrire et j'ay fait partir les trois compagnies de Florensac avec les caissons et comme il y a icy des fours et plusieurs autres choses des vivres qui n'ont pas esté en estât de partir avec les caissons, pour n'en retarder pas la marche, j'ay retenu les quatres compaignies suisses avec la compaignie de cavalerie de Broglia qui escorteront le tout et arriveront ce soir à l'armée. J'avois deux cens hommes tant de ces quatre compaignies suisses que de cette garnison en deux embuscades dans le bois entre icy et Mariembourg que j'ay envoyé incontinent retirer, affm que les quatre compaignies suisses puissent amener tout leur monde ; les capitaines mêmes ayant esté bien aise de les attendre.

Philippeville, 14 septembre 1674.

10 heures du soir.

Monseigneur, je viens de recevoir tout présentement cette lettre de Monsieur de Turenne qui m'est recommandée pour faire tenir en diligence à V. A. S.

Les charriots qu'elle m'a ordonné d'assembler ne sont pas encore venus et s'ils ne sont icy demain à dix heures du matin, j'envoyeray en mesme temps divers partis à la campagne pour contraindre les villages de fournir les charriots que je leur ay demandez et il n'y a point de diligence que je ne fasse pour cella ; tous les villages s'excusent sur l'apréhension qu'ils ont d'estre chastiez par les ennemis s'ils font des voitures pour les français contre les défenses qu'ils en ont faites ; cella

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joint avec leur mauvaise intention fait qu'ils n'obéissent pas ; nous verrons sy aprèz les courses que je feray faire dez demain, ils seront mieux intentionncz.

Philippeville, lo octobre 1O74.

Monseigneur, j"ay creu devoir donner avisa V. A. S. que je suis entré en commerce avec le gouverneur du chasteau de Dinan et suivant toute aparance j'espère quelque succez mais quand cella ne réussiroit pas, il est en si meschant estât et la teste luy a si fort tourné et il est si incapable d'une detTenso que si on fait seulement semblant de Tattaquer c'est un homme perdu. 11 a dit à une personne que j'avais envolée pour luy parler qu'il n'avoit pas de quoy tenir six heures et toute la ville ne demande pas mieux et voudroit que l'on fist sortir du chasteau tous les gens qui v sont. Je suplie très humblement V. A. S. de vouloir cstre persuadée que j'aura}' la dernière aplication pour cette affaire U'-

j. Arch- de Chantilly,

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